Les motos, faux atout pour les villes.

St motos : véloA priori performants pour se déplacer dans la ville congestionnée, les deux-roues motorisés sont cependant sources de nuisances et présentent un lourd bilan d’accidents. L’institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France se demande si, après un regain d’intérêt dans la région, leur place parmi les modes de transport se serait pas plus limitée qu’il n’y paraît.

Les deux-roues motorisés : quelle approche pour les politiques de mobilité ?
Note rapide Mobilité, n° 721
29 juin 2016

Dominique Riou, Jeremy Courel, Frédérique Prédali.

Ils ne représentent que 1,38 % en Ile-de-France, et 2,26 à Paris. Ils sont masculins à 87%, et 60 % d’entre eux a entre 30 et 50 ans. Ils sont 50% des victimes de la route, mais la moto ne concerne qu’une frange très particulière de la population !

Leur part dans la mobilité reste marginale, comparable à celle des vélos, même sur les territoires aux accès difficiles comme celui de la Défense où 3 % des salariés l’utilisent pour s’y rendre. Leur usage est en baisse.
Les cyclistes, très proches dans la mobilité parisienne en nombre et en durée des déplacements, ne comptent que pour 8 % des victimes et 7 % des tués et blessés hospitalisés. Pourtant leur exposition au risque est équivalente. (Pour rappel, le vélo peut être pratiqué par toutes les catégories de population.)

St motos : vélo

Cette note ne nie pas les avantages des motos pour leurs usagers, mais elle les relativise, et en souligne les inconvénients pour la collectivité. C’est un mode de transport peu vertueux en matière de pollution atmosphérique et de bruit. Dans le cœur de l’agglomération, les performances moyennes des deux-roues motorisés restent proches de celles des voitures : portées de 4,9 km contre 5,4 km et durées de 21 min contre 26 min. Ça n’a donc rien d’un mode à encourager pour régler les problèmes de circulation !

L’utilisation des couloirs de bus, des pistes ou bandes cyclables, et des trottoirs, est fort répandue chez les conducteurs de 2-roues motorisés. Leur stationnement est très largement en infraction. Ainsi leurs performances, toute relatives, ne s’obtiennent que grâce aux libertés prises avec le code de la route.

motos ds pisteNote entière ici en pdf (4 pages), juin 2016 : IAU-721-2RM/juin 2016

motos stationnées

 

 

 

On peut lire aussi :

Véhicules polluants interdits à Paris : les automobilistes demandent des indemnités. Actu-Environnement, 1er août 2016. Les motards (“en colère”) en demandent aussi.
Emissions diesel : l’Inra démontre des effets sur les fœtus. Actu-environnement, Actu-environnement, 1er août 2016.

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4 thoughts on “Les motos, faux atout pour les villes.

  1. Habituellement friand de vos articles, ma fibre de motard passionné (cycliste 4 à 5 jours par semaine, automobiliste/motard pour le reste) vivant dans une petite ville bretonne me pousse à commenter ce post.
    Il serait judicieux d’utiliser le terme 2 roues motorisé dans le post et le titre. Les motos ne représentent que 50% des 2 roues motorisés, l’autre moitié sont des scooters. C’est d’autant plus flagrant que les photos montrent uniquement des scooters (sauf un cyclo 50cm3). Cela peut traduire une volonté d’amalgamer différentes catégories n’ayant pas des comportements et utilisations similaires.
    J’ai l’impression que votre post ne concerne que la région Ile-de-France, cas particulier non représentatif d’autres villes ou régions. A part peut-être en région PACA ou sur l’agglo de Lyon, le marché français ce sont 2/3 de motos et 1/3 de scooters et pour une utilisation loisir. Dans le monde motard on parlera souvent de ce qui se fait en Ile-de-France comme d’un épiphénomène.
    Enfin, tout comme les cyclistes bien élevés pâtissent d’une minorité au comportement irrespectueux, la majorité des motards respectueux du code et des autres utilisateurs de la route souffrent du comportement d’une minorité bruyante envahissante.
    Je n’ai pas l’intention de défendre les franciliens, mais tout n’est pas tout noir ou tout blanc et le cas de l’Ile-de-France ne doit pas représenter le reste de la France. Je retire de cet article un sentiment de subjectivité francilienne, avec une façon de traiter le cas des 2 roues motorisés comme des piétons traiteraient le cas des cyclistes. A ce rythme là on ne s’en sortira jamais.

    • Il s’agit d’une note de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme – Ile-de-France : rien d’étonnant donc à ce qu’elle parle de l’Ile-de-France. Et elle traite de la question de la mobilité des 2RM : rien d’étonnant donc à ce qu’elle ne traite pas le sujet des loisirs.
      Quand à la différence de comportement entre utilisateurs de motos et de scooters (les preux chevaliers et les vils manants), elle n’est qu’imaginaire : rien ne permet de la vérifier sur le terrain. Et les observations de la note de l’IAU-IdF, résumées dans ce post, les concernent malheureusement autant les uns que les autres.

  2. En tant que Parisien cycliste traversant quotidiennement différents quartiers de la capitale, je constate que la différence de comportement entre motards et scootéristes n’a absolument rien d’imaginaire. Au contraire, « Y a pas photo ! ». Ne pratiquant ni la moto ni le scooter, je ne peux vraiment savoir si le moyen utilisé influe sur le comportement de l’utilisateur ou si certains traits de caractères (hors considérations financières) prédisposent à choisir davantage l’une ou l’autre. Sans doute plus lourde, plus couteuse, plus valorisante, souvent moins bruyante, mieux entretenue, la moto semble attirer des conducteurs plus raisonnables, conscients et corrects. Evidemment, plus respectueux du code de la route (par. ex. feux rouges, couloirs bus/vélo). Le scooter, plus léger, semble avoir une reprise (de vitesse) plus forte, en mettant tous les gaz, d’où une agression sonore, brutale, assourdissante, sans compter une prise de risque fréquente pour griller les feux; la souplesse de l’engin offre une liberté de manœuvres en tous sens, d’une file à l’autre (y compris jusqu’au couloir de bus/vélo), dont il est usé et abusé. Bien sûr, je ne voudrais pas généraliser abusivement, et je reconnais qu’il y a certains motards incivils et aussi des scootéristes civils, mais ils me paraissent bien minoritaires. Je ne vois jamais de motard sans casque et s’engageant dans un sens interdit. En revanche, deux jeunes sur un scooter, sans casque, roulant de préférence en sens interdit ou sur les trottoirs… j’en vois toutes les semaines. Sans la moindre intervention de la police de proximité (puisqu’il n’y en a plus). Allez, roulez jeunesse ! Jacques (70 ans).

  3. Comme le souligne Abel plus haut, on ne peut pas reprocher à un article qui parle d’une note de l’IAU-IdF de ne traiter que de la question de l’Île de France.
    Néanmoins, étant cycliste et automobiliste mais pas du tout motard, et circulant principalement en province (ville et campagne), je suis d’accord avec les remarques de Baptiste et Jacques. Il vaudrait mieux parler des deux-roues motorisés que des motos. Je trouve aussi que les scooters ont un comportement bien moins respectueux du code de la route que les motards. J’ai pu le constater (un peu) en circulant à Paris et au quotidien en circulant dans ma région, au volant comme à vélo.

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