Vélo et petite entreprise, le tandem du siècle !

Pour le commerce quotidien c’est la marche qui  est le champion toutes catégories, pas le vélo. Mais pour les artisans et indépendants, alors-là le vélo est vraiment l’avenir ! C’est ce qu’on a pu voir lors de la réunion organisée par l’association Paris en Selle, le 23 mars 2017.

La soirée-table ronde  portait sur le fait de savoir si la clientèle des commerces était plus cycliste qu’automobiliste. On voulait savoir si les commerçants avaient intérêt à ce que le vélo se développe. Finalement on a compris que ce n’était pas si évident, mais on a découvert les bonnes raisons pour les professionnels de recourir au vélo. Elisabeth Collin nous montre tout dans son sketchnote. J’y ajouterai juste quelques points.

Le même en pdf : nobikenobusinessElisabeth

Vélo et commerce, de l’utopie au rêve
Dans Paris intra-périph, 8 acheteurs sur 10 sont Parisiens; sur les 2 restants, seuls 2 /10 sont venus en auto, et 1/10 fait un achat. Pas de quoi s’obstiner, les acheteurs parisiens sont des piétons.
Mais presque partout ailleurs les riches ont quitté les centre-villes pour un rêve d’espace et de calme, abandonnant le centre-ville aux pauvres. Commerce et habitat vont de pair, insiste Olivier Razemon. On l’avait déjà dit, pour attirer le centre-ville doit être un lieu de vie et il faut qu’il soit facile et agréable de s’y rendre à pied. En revanche les commerces de « boutiques » semblent être un doux rêve passéiste. L’explosion des supérettes de proximité à Paris le montre, et toutes sont des émanations de grands groupes.
En province, hors métropoles, c’est le règne de l’hypermarché de périphérie, pour lequel le vélo n’a pas trouvé sa pertinence, au moins aux yeux des deux intervenants qui représentaient ce secteur professionnel.

Vélo et entreprise, le sens de l’économie
La seconde partie de la soirée a amené à parler des professions qui utilisent un vélo, et notamment des coursiers et livreurs. L’usage de ce véhicule invite à repenser la question, taille des paquets, notion d’urgence et d’immédiateté… La livraison par vélo a de beaux jours devant elle, tant sont nombreux ses avantages, sauf pour les courses alimentaires. La nouvelle proposition de Monoprix de livraison à pied rencontre un succès fulgurant là où la livraison à vélo-cargo végétait. 
Les professionnels aussi gagnent à utiliser un vélo-cargo, ne serait-ce que pour le stationnement (qui peut prendre de nombreuses formes, y compris celle de rentrer sur le lieu d’intervention). A condition qu’ils acceptent de changer leur mode de travail, utiliser du matériel plus léger, moins de grosses machines, à condition de renoncer aux visites éclairs, le vélo est très économique. En outre il réapprend la lenteur et nous fait nous éloigner du « tout et tout de suite ».

Le vélo se développe mieux là où il y a de la vie, des habitants, des chalands. Ailleurs il relève de l’utopie, ce lieu qui n’existe pas. Vélo et piétons riment avec humanité et densité.

Pour aller plus loin:

Intervenants

  • Christophe Najdovski, Adjoint à la Maire de Paris en charge des transports, des déplacements, de la voirie et de l’espace public.
  • Olivier Razemon, journaliste et auteur spécialisé des transports, il tient le blog “L’interconnexion n’est plus assurée” sur lemonde.fr et a récemment publié “Comment la France a tué ses villes”
  • Mathieu Eymin, paysagiste et jardinier à vélo, il est le trésorier de l’association Les Boîtes à vélo (Paris-IDF), le collectif de ceux qui utilisent un vélo pour leur travail.
  • Laetitia Dablanc, urbaniste, directrice de recherche à l’IFSTTAR-Université Paris-Est, spécialiste du transport de marchandises.
  • Pascal Madry, Directeur de l’Institut pour la ville et le commerce, et ancien directeur de Procos, fédération du commerce spécialisé.
  • Nathalie Lemarchand, géographe, spécialiste de l’aménagement commercial. Professeure à Paris 8 et directrice-adjointe du Ladyss (Laboratoire Dynamiques sociales et recomposition des espaces), elle travaille sur la place du commerce dans la ville et la société.
  • Guillaume Simonin, responsable du pôle économie et social de l’Alliance du Commerce, un regroupement de commerçants qui représente environ 200 000 salariés et 25 000 magasins.

Soirée animée par Mickaël Tardu, radio-journaliste et créateur de l’émission ToutUnRayon.com

Paris en Selle
La vidéo de la soirée, en entier sans coupures (2 heures 30)

#LT #NoBikeNoBusiness « Aux États-Unis, les jeunes rejettent le modèle de consommation du centre commercial ringard de papa » Pascal Madry
#LT #NoBikeNoBusiness « e-commerce: pas Internet qui livre, mais 1 chauffeur sous-payé avec sa camionnette sur les pistes » @OlivierRazemon

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