La Wallonie à vélo par les voies vertes


La Wallonie à vélo par les voies vertes
, un guide génial et scandaleux tout à la fois.

Génial est ce guide car il invite les Nordistes à toutes les folies. Partir de Roubaix et se retrouver à Aix-la-Chapelle, arriver à Maubeuge et rencontrer des pèlerins de Saint-Jacques, descendre jusqu’à Bastogne, s’encanailler à Givet, s’écrouler à Charleville après avoir passé Charleroi et repartir pour Karlsrhue … toutes les combinaisons sont possibles grâce aux RAVel, réseau de voies lentes de Wallonie.
Génial encore est ce guide qui donne plein d’informations sur des lieux qui avaient échappé à ma sagacité,

mais scandaleux car il ne donne aucune adresse de logement. AUCUNE. D’accord, certains hébergements et campings sont repérés sur les cartes, ce qui est un moindre mal… mais c’est ici fait de façon très insuffisante. Un seul camping est repéré, sur deux cartes identiques, pages 86 et 92, puis 5 page 126 et 2 page 140 !!! Quant aux hôtels il manque la plupart sur les cartes, par exemple tous ceux que j’ai vus ou utilisés … Les logements sont traités de façon très inégale selon les régions, ce qui semblerait vouloir dire que l’on s’est contenté de recopier des données pré-existantes, et toujours aucune adresse ni téléphone.
Un guide qui ne donne pas d’adresses pour se loger perd une grande part de son intérêt, et une part grandissante de sa clientèle. En effet, celui qui utilise un smartphone pour se loger aura vite fait d’y suivre aussi son chemin. Le guide ne lui servira à rien et ne sera pas acheté.

Valse chez les hôteliers
Les auteurs pouvaient s’attendre à ma réaction, et l’un d’eux m’avait d’ailleurs dit il y a plusieurs mois qu’il se refusait à relever les hébergements car « ils changent tout le temps ». Ceci est faux, et les changements en Wallonie ne sont ni plus ni moins fréquents que dans n’importe quelle contrée décrite par n’importe quel guide de vélo. Il est évident que certains établissements n’apparaissent pas encore dans les pages lorsqu’ils ont été créés après le bouclage, et que d’autres y figurent encore alors qu’ils ont fermé il y a peu, n’empêche que les adresses des guides donnent de précieuses indications, ne serait-ce que sur la densité de lits d’hôtel, de lits chez l’habitant, d’auberges de jeunesses et de campings à laquelle on peut s’attendre.

Un guide fait trop vite?
Alors le relevé des logements ayant épargné un gros travail, on pouvait espérer trouver la perfection sur le reste. Ce n’est pas non plus le cas, en voici un petit échantillon. Huldange, page 101, est-il le Huldande de la carte ? où se trouve ce « Hautbellain, en direction de Bastogne » que je ne vois pas sur la carte ? Les numéros changent de couleur mais pas de signification, certains ne sont rattachés à rien (p. 78), les trois Bornes sont-elles le Drei Länder Eck ? …
Outre que le nord se retrouve souvent en bas de la page (ça complique un peu la compréhension), ce guide n’est utilisable que dans un sens et que par de parfaits francophones. Nombre d’informations se trouvent dans le texte, noyées dans des considérations variées. Sortir de Aix-la-Chapelle pour rentrer en Belgique vous sera impossible, et pour le sens inverse vous trouverez les deux numéros de Points-noeuds dans un encadré intitulé « échappée vers les trois bornes »…
Par ailleurs ne vous fiez pas au titre du guide, certains morceaux de ces itinéraires se font sur route et peuvent être très mal indiqués sur le terrain, comme je l’ai constaté avant et après Liège par exemple … au moins ceci est-il clair sur les cartes du guide à défaut d’être devinable sur la carte d’ensemble.
J’ai évoqué ces problèmes dans la dernière partie de mon article La Vennbahn au coeur de l’Europe en septembre dernier.

J’ai déjà dit qu’il m’arrivait de déconseiller un guide. Je n’irais pas jusque là, parce que les cartes peuvent être utiles, et que ce guide a la réelle vertu de nous faire prendre conscience des liaisons qu’offre la Wallonie1, et des excellentes raisons que l’on peut avoir d’y aller faire un tour. Mais je trouve quand même que ce guide a beaucoup de faiblesses, et est radicalement insuffisant pour le service essentiel qu’est la recherche d’un hébergement.

La Wallonie à vélo par les voies vertes,
Gilbert Perrin et Michel Bonduelle
Editions Ouest-France, janvier 2017. 15 €

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  1. Une carte avec les liaisons aurait apporté beaucoup à l’intérêt du guide, comme on en trouve dans le guide de la Velo-francette par exemple.
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6 thoughts on “La Wallonie à vélo par les voies vertes


  1. Une solution de contournement pour trouver des campings:
    1. Interroger OSM avec le tag « tourism=camp_site » et récupérer les données dans son smartphone ou les marquer sur la carte papier:
    http://overpass-turbo.eu/s/ocD
    2. Récupérer la liste des campings compilée par Archie, et à nouveau, importer dans smartphone ou les noter sur la carte après avoir affiché le contenu du fichier via http://www.visugpx.com:
    http://www.archiescampings.eu/

  2. Merci à Vincent pour ses astuces, qui confirment que s’il faut se transformer en geek pour compléter un guide…. autant se passer du guide et préparer puis suivre son voyage sur la Toile.
    Je n’ai pas souvenir que les guides touristiques automobiles demandent autant à leurs utilisateurs ?

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