(4) « Développer le vélo » ne signifie rien tout seul

Le groupe de réflexion Schift project a mis la décarbonnisation de la société au coeur de ses ambitions. La mobilité y joue un rôle important, et dedans… un sous-groupe s’intéresse aux moyens de donner de l’envergure au vélo. Comment faire pour que le vélo occupe toute sa place ? Penser global … 

Le vélo ne peut pas être isolé des autres modes, nous dit Frédéric Héran. C’est en termes de « systèmes » qu’il faut raisonner. Contrairement à l’automobile, ni le vélo ni les transports en commun ne se suffisent à eux-même. Ils ont en commun de ne pouvoir trouver leur efficacité que par l’encadrement du système automobile.
Pour autant le vélo n’est pas un complément du transport public, comme les transporteurs ont parfois tendance à le penser. Le transport en commun ne doit pas non plus être considéré comme un complément au vélo. Si le vélo alimente le TC, le TC facilite l’usage du vélo et en renforce la puissance. Mais chacun existe aussi tout seul. 
Les deux systèmes ont pourtant en commun un deuxième point, c’est qu’ils ne doivent être considérés qu’à l’échelle de l’agglomération.

Le système vélo
Parler de distance, énoncer de sérieux « je suis bien obligé », relèvent de problématiques inexistantes. Le mode de déplacement conditionne le mode de vie, et vice-et-versa. Le non-motorisé préfèrera souvent habiter en centre-ville et même à distance cyclable de la gare. Il fera son mode de vie de ne pas courir de super marché en hyper, ni d’aller à la plage à 70 km. S’il a des enfants ainsi qu’une mamie, il s’équipera d’un vélo-cargo sans se demander s’il a le droit de l’utiliser. C’est le motorisé qui part habiter au calme !

La localisation des lieux d’habitat, de travail ou d’achat est une partie du système vélo, même si une bonne partie des distances dans le péri-urbain sont objectivement cyclables, comme montré dans l’article Les « exclus du transport » doivent découvrir le vélo.

Parmi les mesures à mettre en oeuvre, le Shift project pense à la création de services de coordination d’agglomération, de postes de « manager vélo péri-urbain », et d’accompagnement au changement. Il suggère aussi des campagnes nationales de promotion, s’insurge contre l’adjectif « doux » collé au vélo, et attire l’attention sur l’intérêt des petits véhicules électriques. Enfin il invite à revoir toutes les questions réglementaires, niveaux d’assistance, autorisations d’accès, etc., ce qui est un peu plus compliqué que d’ergoter sur la taille des marquages.

–> Le système vélo. Le Shift project, séance du 3 mars 2017.
Présentation des travaux du groupe de travail sur la mobilité, animé par Francisco Luciano.

Sont issus des travaux coordonnés par F. Luciano les articles suivants sur ce blog :
Les exclus du transport doivent découvrir le vélo : la mobilité en banlieue ou en zone rurale pour ceux qui n’ont pas les moyens de se déplacer.
– Décarbonner la mobilité dans les zones de moyenne densité.

Sur la question de la réglementation à revoir de fond en comble, on peut revenir à : 
–  Impossible réglementation
– Qui connaît encore le code de la route? Formation de la Fub.
– Vélo et Droit, un couple mal assorti. Un colloque à l’université du Havre.
– Les amendes amères. Le tableau des amendes infilgées aux cyclistes nous en apprend de belles sur leur absurdité et leur injustice.

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1 thought on “(4) « Développer le vélo » ne signifie rien tout seul

  1. Merci pour cet article !
    Il est vrai que lorsqu’il n’y aura plus (ou presque plus) de moteurs à explosion dans les villes, celles-ci seront beaucoup plus agréables à vivre, mais cela ne résoudra pas le problème du coût du logement…
    En ce qui concerne les véhicules légers (électriques ou même à combustion pour la transition…), c’est tout un écosystème de mobilité qui reste à développer !
    Dans les déplacements, l’ennemi c’est le poids, tous cycliste le sait bien : si on veut économiser l’énergie, il faut faire léger, très léger !
    Les normes vont devoir évoluer très fortement pour permettre ce développement, cela va représenter beaucoup de travail mais les perspectives sont extrêmement excitantes !
    Les industriels français sauront-ils surfer la vague avant les autres plutôt que de pratiquer un lobbying d’arrière-garde pour faire perdurer le status-quo ?
    Le pouvoir politique va-t-il saisir cette opportunité historique ?
    Espérons !

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