Confidences cubaines, 3 mois à vélo

Le livre Confidences cubaines de Claude Marthaler peut déranger certains. Il m’a beaucoup intéressé.
Il raconte son tour à vélo de l’île de Cuba.

Un tour de l’île de Cuba à vélo nous enseigne au moins trois choses  :

  • Seul le vélo permet de découvrir un pays en profondeur;
  • Les Cubains sont presque tous dans la misère;
  • L’argent des touristes ne profite qu’au Gouvernement et à quelques fidèles.

La quatrième ce sera que « gouvernement » est un mot poli pour « junte militaire » ou « dictature ». 
Ce récit est très intéressant car nous vivons tranquillement ce voyage au plus près de la réalité de cette île coupée du monde et donc hors du temps, qui fut satellite de l’URSS. Les habitants y ont développé des tas de stratagèmes de survie et de double-jeu, tout en rêvant de fuir. Tout est faux à Cuba, nous montre l’auteur, la révolution, les salaires, la monnaie, même. Les touristes doivent payer dans une monnaie et à des prix qui n’ont cours que pour eux et le gouvernement.

Ce récit au plus près de la population devrait vous dissuader d’appauvrir encore un peuple et d’enrichir le clan Castro. Depuis l’ouverture au tourisme les prix des denrées de base comme l’huile, le sucre et le savon ont été multipliés par trois-cent, nous dit encore Claude Marthaller, qui n’a rien vu de la Samba ou de la Rumba. Cuba est une île communiste qui nous trompe par la faconde latine de ses habitants.

Je vous recommande vivement la lecture de ce livre subtil et attentif, malgré l’avis de l’association France-Cuba : « discours anti-cubain et anti-castriste digne des meilleurs, tel un concentré de vomissures de Zoé Valdes ou Jacobo Machover ». On se croirait encore au temps de l’Union soviétique. Le petit récit d’un voyage organisé par vélo-Québec est plus nuancé ! Le Devoir, 1er avril 2017.

Les « confidences cubaines » de Claude Marthaler

 

 

Confidences cubaines
Claude Marthaler,
avril 2016.
éd. transboréal, 12€

Ouvrage encore plus récent de Claude Marthaller : Zen ou l’art de pédaler

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6 thoughts on “Confidences cubaines, 3 mois à vélo

  1. En ce qui me concerne ce n’est pas trois mois c’est trois jours…
    Je voulais simplement te remercier, Isabelle, c’est en te lisant et en lisant des gens comme toi que j’ai eu envie de faire (un peu) de vélo, merci. Bleck

  2. « Ce récit au plus près de la population devrait vous dissuader d’appauvrir encore un peuple et d’enrichir le clan Castro. » Affirmation bien péremptoire à la seule lecture d’un livre.
    Pour ce qui nous concernent ce n’est pas 3 mois mais 5 semaines. 1300 km à vélo, en toute autonomie, qui nous a quand même permis de découvrir la moitié de l’ile (de Sancti Spiritus à Vinâlès) et surtout les Cubains. Car si le livre de Claude Marthaler rapporte beaucoup de choses exactes et il est globalement sombre et pessimiste. Et il ne restitue pas grand chose de l’énergie et la gentillesse de ce peuple.
    Je précise qu’on parle couramment l’espagnol et qu’on a eu de nombreuses conversations avec le Cubain de la rue ou du champs.
    Donc un livre à lire. Mais surtout ne pas se faire une idée de Cuba uniquement à la lecture de ce livre.

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