500 candidats députés parlent du vélo

La Fub se démène pour faire parler du vélo. Après les réponses des candidats à la présidentielle elle publie celles des candidats députés. Sans surprise ceux qui répondent sont favorables au vélo. Mais que représente cet échantillon et que disent-ils du vélo ?


Les militants ont récolté les réponses principalement en sollicitant directement les candidats. Tous n’ont pas répondu. Finalement la Fub a publié pas loin de 500 réponses, sur 7882 candidats1, soit moins de 7 % d’entre eux.

98% disent oui pour un plan vélo
98 % des répondants, dont seuls 8 % ne font pas du tout de vélo, se prononcent en faveur d’un plan vélo (mais celui qui aurait répondu « non » dès la première question n’aurait sans doute pas continué !), 96 % en faveur de la création d’un fonds national pour le vélo, 94 % souhaitent lancer un appel à projet «Territoire Cyclable», tandis que 92 % reconnaissent comme pertinent de rendre systématique l’apprentissage de la mobilité à vélo à l’école primaire. La généralisation de la vitesse limitée à 30 (avec axes principaux qui resteraient à 50 km/h) en ville, proposition la moins plébiscitée, obtient encore le score important de 69 % des votes.
Si tous les répondants étaient élus, cela ferait 90% de l’Assemblée (qui comptera 577 députés).

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Les réponses, classées par département, sont disponibles sous « Résultats ».
C’est un peu long à lire, mais vous pouvez au moins voir qui roule à vélo régulièrement. Voici un échantillon de ceux qui roulent à vélo « quotidiennement ou presque »:
A Paris : Paul Vannier (France Insoumise), Danièle Obono (France Insoumise), Jacques Baudrier (PCF)2.
Dans le Gard : Dominique Andrieu-Bonnet (Europe Ecologie – Les Verts; il ne connaît pas l’IKV), Marie-Pierre Mercier (Europe Ecologie – Les Verts).
En Gironde, Antoine Courjaud, de Nouvelle Donne, n’avait pas entendu parler du questionnaire lors de sa réunion publique du 7 juin. Il a répondu le lendemain de notre rencontre !!! Sa réponse nuancée sur l’IKV montre qu’il ne découvre pas le vélo, bien qu’il ignorait jusqu’à l’existence de la Fub et avait écrit dans sa profession de foi qu’il fallait « continuer de développer des transports doux et subventionner le développement du tramtrain. »
Dans les Landes : Fanette Billard (Europe Ecologie – Les Verts).
En Moselle : Mathias Boquet (Europe Ecologie – Les Verts) et Martine Jung (Europe Ecologie – Les Verts).
Dans le Puy-de-Dôme : Nicolas Bonnet (Europe Ecologie – Les Verts).

Ceux qui roulent « régulièrement » sont plus nombreux, mais la qualité des réponses n’a pas grand-chose à voir avec la pratique. Ainsi, dans le Gard, Dirk Offringa (Europe Ecologie – Les Verts), qui ne roule à vélo que de temps en temps, sait pourquoi il ne s’intéresse pas vraiment à l’IKV :
« La fiscalité est un levier trop souvent utilisé en France, alors qu’il faut investir prioritairement dans les infrastructures et l’éducation civile routière. »

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Si tous les répondants étaient élus cela ferait beaucoup de députés écologistes (ils sont 163 à avoir répondu, contre 2 Modem et 47 seulement pour La République en marche), mais justement ce ne sont pas forcément les futurs élus qui ont répondu.

Qu’en pensent vraiment les candidats députés ?
J’avais espéré en trouver une synthèse dans « Mon bulletin, mon assistant citoyen », une initiative très « réseaux sociaux » en faveur de l’engagement politique des jeunes. L’idée y est de faire connaitre à chacun son député, de lui permettre de l’interpeller, de s’informer sur la vie démocratique. La liste des sujets est dans le blog, les programmes et les adresses des pages des candidats sur Facebook, avec accès par Messenger. Eparpillé, donc, mais très clair. Pour le vélo (ou les moyens de se déplacer, disons), c’est trop tôt, le comparatif de programme n’est pas encore en ligne. Peut-être alors pour le second tour ?

En 2012 j’avais fait un recensement non scientifique de l’appartenance politique des « élus du vélo » : 40 parlementaires français se déclaraient cyclophiles3, ils étaient de tous les bords.

Quelles sont les villes les plus écologiques ?
« Une grande partie des défis écologiques actuels doit se résoudre dans les villes. En effet, ce sont les villes et leur urbanisme incontrôlé qui entraîne la péri-urbanisation et la dépendance à la voiture. Ce sont les villes qui sont responsables de près de 70% des gaz à effet de serre dans le monde. C’est dans les villes que l’on ressent le plus les problèmes liés à la pollution de l’air. » nous rappelle le site E-RSE4.

La première du monde serait Zurich, et Genève la troisième, grâce à leurs espaces verts et leurs politiques d’efficacité énergétique dans les bâtiments ou grâce à son origine hydraulique. La seconde ville serait Stockholm, grâce à tout, capitale des cyclistes, péage urbain etc.
Paris est classée 32°, « derrière Prague, Sao Paulo, ou encore Munich, Madrid ou Hong-Kong. La capitale française est pénalisée par son faible score en matière d’espaces verts, sa politique urbaine encore basée sur l’usage de la voiture en centre ville et son score relativement faible en matière de qualité de l’air. Bien que des progrès aient eu lieu ces dernières années, notamment avec une mise en avant du vélo et un recul de l’usage de la voiture. »
« Il reste encore des progrès à accomplir» conclue Clément Fournier, le rédacteur en chef.

A quel niveau se décide l’avenir du vélo ?
Certes « le vélo relève d’une politique locale » pensent nombre de personnalités politiques. Pourtant nous avons des règles nationales, code de la route, fiscalité, règles de marquage et de signalisation, règles pour l’occupation de l’espace public … Si le code échappe à la représentation nationale, comme l’obligation du casque ou la définition des panneaux et la largeur des marquage sur le sol, ce n’est le cas ni de la fiscalité, ni des schémas nationaux de véloroutes et voies vertes, ni de la création ou non d’une mission de développement du vélo, ni de tout ce dont voudrait se saisir le Gouvernement.

La fondation Nicolas Hulot n’avait-elle pas indiqué, avant les élections, qu’une politique nationale des mobilités actives était une partie intégrante de toute politique de report modal ? La Fub ne demandait-elle pas qu’il y ait des villes aidées à devenir des « vitrines », une politique de résorption des coupures des itinéraires, une stratégie de communication ?
Le Gouvernement va devoir s’activer pour faire de la France un pays où le vélo remplace l’automobile, où la quiétude remplace la tension et la violence, et où les REV remplacent les voies express… ces routes dangereuses pour lesquelles une manifestation se prépare !

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DERNIERE HEURE, la collecte d’Avranches. L’association Vélocité a sollicité les candidat(e)s de la deuxième circonscription du département de la Manche pour prendre connaissance des mesures qu’ils s’engagent à prendre en faveur du développement de la pratique du vélo comme un moyen de locomotion doux et actif.  Ils ont invité à se prononcer les candidat(e)s dont la liste est la suivante: Bertrand Amélia (Divers), Derrey Laurence (Extrême Gauche), Ferreira Nicolas (Parti Socialiste), Grimbert Patrick (France Insoumise), Huet Guenhaël (Les Républicains), Kurdziel Marie-Françoise (Front National), Mansour Miloud (PCF), Panier Gilles (Europe Ecologie – Les Verts), Sorre Bertrand (République en Marche).
Pour l’heure, seuls les questionnaires adressés à Mmes Derrey et Kurdziel n’ont pas été renvoyés. Toutes les réponses se trouvent sur le site de Parlons vélo.

—Notes—

  1. Source : Statista
  2. C’est certainement à Jacques Baudrier que l’on doit la décision du nouvel exécutif de la région d’Ile-de-France de se doter d’un Plan vélo. Voir l’article Une deuxième chance pour le vélo en Ile-de-France.
  3. 40 parlementaires se déclarent cyclophiles.
  4. RSE : Les villes les plus écolos.
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2 thoughts on “500 candidats députés parlent du vélo

  1. J’attend donc maintenant les actes correspondant à ces paroles, afin que soit défini un cadre (pourquoi pas contraignant ?) qui poussera enfin les collectivités territoriales encore réticentes à mettre en place des aménagements cyclables, pourquoi pas sur le principe du % de logements sociaux ? Car vu la façon dont est appliquée la loi LAURE qui contient déjà des dispositions intéressantes, mais uniquement sur la base du volontariat (vous aurez deviné que la municipalité de ma commune est réfractaire à toute innovation cycliste)…

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