Elisabeth Borne veut entendre la voix de la mobilité quotidienne

La ministre des Transports ce matin : Porter une attention prioritaire aux besoins du quotidien, utiliser le moyen le plus approprié, dépenser l’argent avec prudence …

Les cyclistes sont extraordinaires. Ils se pressent dans des congrès et colloques où ils ne rencontrent que leurs semblables, ils se félicitent et manifestent entre eux, mais quand l’occasion de rencontrer leur nouvelle ministre se présente, alors là, plus personne.

Elisabeth Borne, ministre des Transports, était l’invitée ce matin du journal La Tribune pour un petit-déjeuner pas du tout clandestin. C’était je crois sa première apparition publique. Ce qu’elle a dit (peut-être fallait-il tendre l’oreille, précisément) ressemblait à des « ouvertures ».

  • Elle n’a pas dit « subsidiarité », mais a bien dit qu’il fallait utiliser toute la palette des solutions, proportionnellement aux besoins.
  • Elle n’a pas dit que le vélo allait s’imposer, mais elle a amplement dit qu’il fallait s’intéresser à la vie quotidienne et s’occuper d’intermodalité; elle a même parlé de rabattement.
  • Elle n’a pas dit que le vélo était une solution économique, mais la question des coûts et des modèles économiques est revenue presque tout le temps.

Elle a aussi parlé des gens des territoires loin de tout, qui se trouvent « assignés à résidence » fors par l’automobile ; enfin elle a dit plusieurs fois qu’elle croyait à « l’intelligence collective ».

Sur la création d’emplois aussi on pouvait entendre « local » (par les chantiers locaux, de rénovation et d’entretien des infrastructures existantes) plutôt que gros (les gros chantiers attribués aux entreprises de main-d’oeuvre étrangère). Nous étions au siège de la Fédération nationale des travaux publics.


C’est lors des questions de la salle
que le mot « vélo » fut prononcé. Pas par l’un ou l’une des deux seuls représentants du lobby (???) cycliste présents, mais par un homme parlant en son nom propre. Il a interpellé la ministre sur le respect du code de la route, sur l’absurdité des règles d’interdiction de certains véhicules, et sur l’anarchie provoquée par les deux-roues, motos et vélos. L’explosion des vélos et des 2-roues-motorisés pose problème, a-t-il quasiment vociféré, ils sont intrusifs, ils roulent à tombeau ouvert, il suffit de voir à Amsterdam.

Ce à quoi madame Borne a répondu calmement que le vélo devait être encouragé, que chaque mode devait trouver sa place, et que le vélo c’était idéal (surtout les VAE..) pour … et là l’animateur lui a coupé la parole !

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Chers amis cyclistes, ce n’est pas par l’entre-soi que la cause va décoincer. Les Assises de la mobilité, en septembre, donneront la parole aux « nouvelles mobilités », connectées, autonomes, ferrées, aquatiques, partagées, que sais-je ? Le Gouvernement ne pourra guère porter une parole qui ne serait pas comprise. Cyclistes, nous faisons partie de l’avenir ! Réservez votre date !

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La page d’accueil du compte twitter de notre ministre des Transports n’est-elle pas claire ?
Pont de  Bir-Hakeim, Paris. Au-dessus, le métro.

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Pour en savoir un peu plus : 

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4 thoughts on “Elisabeth Borne veut entendre la voix de la mobilité quotidienne

  1. au delà de la photo, comment les acteurs du vélo quotidien, vélo taf, s’organisent pour les assises de la mobilité ?
    Je partage le point de vue d’Isabelle, il faut s’organiser par département pour y être et essayer d’avoir une parole cohérente.
    Mais peut être qu’Isabelle peut fédérer des choses? La FUB aussi, non?

    • C’est trop me demander !
      Par contre, j’en rajoute une petite couche. Le 1er août, Elisabeth Borne s’exprimait sur Europe 1 suite à l’avarie de la gare Montparnasse. Extrait :
      « Je pense qu’il faut effectivement organiser les choses, avoir des meilleurs transports en commun, favoriser les mobilités actives. Les mobilités actives, c’est quoi ? C’est la marche, c’est le vélo. Vous savez que l’on soutient l’achat de vélos à assistance électrique. Et tout ça permet qu’effectivement on puisse réduire la place de la voiture, sans tomber dans la thrombose au quotidien. »

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