Velo-city 2017 : 3/4 – Porter attention aux plus faibles

Dans ce troisième volet Hans Kremers nous rapporte le fruit de plusieurs communications sur les enfants ainsi que sur Rio de Janeiro, la ville de riches, pleine de pauvres, où se tiendra le prochain Velo-city.

Porter attention aux enfants
Les enfants font l’objet de beaucoup d’attentions dans de nombreux pays et c’est tant mieux. Par exemple :

  • Le programme scolaire d’une école primaire au Brésil bâti autour du thème du vélo ;
  • Un guide de la ville de Toronto destiné aux habitants pour les aider à obtenir des rues plus sûres aux abords des écoles ;
  • L’organisation régulière d’un trajet agréable à vélo pour toute la famille et notamment pour les enfants. Ce projet, appelé Kidical Mass, qui a démarré à Eugene (Oregon, USA) en 2008, existe aujourd’hui dans des nombreuses villes en Amérique et ailleurs ;
  • L’ONG « World Bicycle Relief », présente dans différents pays, distribue des vélos dans des pays en voie de développement. De nombreux enfants ont reçu l’un des 350000 vélos déjà distribués.

Pourtant le chemin est encore long……… lors d’un débat, un participant serbe a déclaré que dans son pays les enfants n’ont pas le droit de pédaler seuls jusqu’à l’âge de 12 ans.

On peut voyager côte à côte en voiture, dans le bus, …. et pourquoi l’on ne pourrait pas faire cela à vélo ? (Robert Hulshof, Pays-Bas)

Il y a Brésil et Brésil, Rio riche et Rio pauvre, hommes et femmes, et bientôt Velo-city …
Clarisse Cunha Linke (Institute for Transportation and Development Policy, Brazil) a dressé pendant une session plénière un constat très dur au sujet des démunis et particulièrement les femmes dans l’espace public.
En montrant sur une carte le tout petit périmètre que représente la partie de la ville de Rio de Janeiro que connaissent les touristes elle a surtout mis en évidence l’immense territoire de la mégalopole où :

  • Les lignes de transport en commun desservent surtout les quartiers favorisés
  • La propriété compte plus que l’espace public
  • L’on a peur la nuit, où l’on craint une agression
  • Les voitures particulières sont surtout conduites par des hommes, généralement avec une moyenne de 70 km/h
  • Les cyclistes ne représentent que 1% de part modale et les femmes cyclistes ne concernent que 10% de cette part modale
  • Les femmes travaillent en moyenne 5 heures de plus que les hommes, sans pouvoir bénéficier d’une mobilité accessible.

Là où d’autres intervenants ont été applaudis, Clarisse Cunha Linke a été ovationnée, longuement.

« The Freedom of Cycling » était le titre choisi pour Vélo-city 2017. Cette liberté est loin d’être acquise à Rio où aura lieu le prochain Velo-city. Le maire de Rio était présent pour assurer ce relais, il n’est pas certain du tout que la séance de clôture avec sa musique et sa samba pratiquée par danseurs et danseuses dénudés, surtout les femmes, ait atténué les propos de Clarisse Cunha Linke.

Une ville qui est bien pour les femmes est une ville qui est bien pour tout le monde (Clarisse Cunha Linke, Brésil)

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