Euphorie du vélo ou fin d’une civilisation ? La presse et les livres de début septembre

La situation aura failli se débloquer …
Mon conseil : Lisez, c’est pressé, lisez jusqu’au bout, et ne vous réjouissez pas trop vite. On ne peut exclure l’hypothèse qu’il soit déjà trop tard.

°/VIVE LE VÉLO !

  • Le vélo, « solution de transport la plus économique pour toute la société ». L’Express, 6 septembre 2017Même si le plan vélo de Paris divise, le développement de ce mode de transport alternatif reste le plus rentable pour les collectivités et leurs administrés. A tout point de vue.
  • Le vélo et la ville, c’est la lutte cyclable. Libération, 2 septembre 2017 
  • Je suis de droite, mais vive le vélo !  Le vélo peut sauver le monde, affirme Peter Walker. Grâce à lui, comprendre pourquoi on peut être de droite et vouloir moins de bagnoles et plus de vélos est à la portée du premier chauffard de SUV venu. pas besoin d’être un zélote de l’environnement pour penser qu’il faut faire de la place au vélo. Johnson souligne qu’en 1904, 20% des trajets dans la capitale britannique étaient faits à vélo : “À quoi ça sert d’être conservateur si vous ne pouvez pas remonter le temps jusqu’en 1904 ?”, sourit-il lui-même. Le livre étant en anglais, lisez au moins sa folle présentation !
  • La Chine prévoit aussi d’exclure des ventes les véhicules thermiques. Bloomberg business. (de certaines ventes)

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°°/ VIVE LE VÉLO À PARIS

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 °°°/C’EST LA FIN ?3 livres

1/3 Gouverner la décroissance, sous la direction d’Agnès Sinaï et Mathilde Szuba, 14 €, presses de Sciences Po. Contribution notamment de Yves Cochet, président du groupe de réflexion qui publie cet ouvrage. Signalé par le Canard enchaîné du 30 août sous le titre « Voyage dans la fin du monde » : Yves Cochet nous prédit un effondrement global, systémique, inévitable en trois étapes déjà écrites. Aucun retour à la normale n’est possible.

2/3 L’homme peut-il s’adapter à lui-même ? Jean-François Toussaint, Bernard Swynghedauw, Gilles Boeuf. Éditions Quæ, 2012, 188 pages
Avec la contribution de : JC. Ameisen, B. Chevassus-au-Louis, P. Cury, J. Delors, H. Domenach, JP. Dupuy, C. Frelin, PH. Gouyon, M. Guillou, E. Heyer, C. Junien, D. Lestel, H. Le Treut, G. Lecointre, J. Ménard, J.-F. Minster, M. Morange, L. Naccache, D. Nahon, P. Picq, L. Quintana-Murci, S. Turck-Chièze, C. Villani, J. Weber. Préface : Robert Barbault

L’espèce humaine va-t-elle pouvoir s’adapter aux changements qu’elle a elle-même suscités ? En a-t-elle encore les moyens physiologiques et biologiques ? Est-il encore temps ? Sur quel secteur scientifique, économique ou social allons-nous pouvoir nous appuyer pour nous aider dans une phase où les changements seront multiples ?
L’homme a rendu le monde nettement plus vivable pour lui-même en y augmentant son espérance de vie, en facilitant ses accès au garde-manger, à la fontaine municipale, au médecin de famille, à la pompe à essence … ou à ses redoutables mails. Ce faisant il a, d’un même geste, multiplié par cent sa facture énergétique comme sa production de carbone et de polluants, épuisé les ressources halieutiques, érodé les terres arables et, peut-être, mangé son pain blanc. Tout n’est pas joué, mais il y a urgence ! Si l’humain touche simultanément tous ses plafonds (physiologiques, environnementaux, économiques ou sociaux) cette situation ne sera pas supportable.
Loin de propos culpabilisants mais à partir de leurs travaux les plus récents, des scientifiques, des politiques et des philosophes de tout bord, tentent de cerner la réalité de nos paradoxes pour apporter de premières esquisses de réponses. Au-delà des idées reçues, leurs textes constituent des liens tissés, entre les sciences de la nature, les sciences fondamentales, les sciences de l’homme et de la société, pour nous dresser un bilan aussi complet que possible de la situation. Car s’il est acquis que l’activité humaine est désormais le principal moteur de l’évolution, il convient de trouver les moyens de protéger notre espèce contre ses propres agissements et de modérer sa soif du « toujours plus ».

Sommaire :

Des capacités d’adaptation limitées ?
S’adapter, s’adapter vite, par tous les moyens. Bernard Swynghedauw
Une limite aux évolutions de l’homme ? Jean-François Toussaint
Les mécanismes de l’adaptation. Michel Morange
Les espaces et le temps de l’adaptation génétique. Lluis Quintana-Murci
L’évolution culturelle est-elle la fin de l’évolution biologique ? Évelyne Heyer
Des limites à la connaissance ? Lionel Naccache
L’épigénétique : les gènes et l’environnement.
pour le pire ou le meilleur. Claudine Junien
Adaptation et normes de réaction. Christian Frelin
L’adaptation et ses alternatives. Guillaume Lecointre
Mathématiques et modèles phylogénétiques. Cédric Villani
Sélection et coopération. Pierre-Henri Gouyon
Notre génome en conflit avec son environnement. Bernard Swynghedauw

Un environnement en mutation
Questions d’aujourd’hui. Marion Guillou
Changement climatique, que peut-on prévoir ? Hervé Le Treut
Systèmes agricoles, les risques de l’optimalité. Bernard Chevassus-au-Louis
L’épuisement de la terre arable et de son eau. Daniel Nahon
Biodiversité marine et continentale. Gilles Boeuf
Une mer sans poissons ? Vers des pêches lentes. Philippe Cury
Entre hominisation et humanisation : une question d’évolution. Pascal Picq
Vieillissement démographique et indicateurs de santé. Joël Ménard
La démographie, enjeu d’une planète viable. Hervé Domenach
Espérance et qualité de vie. Jean-Claude Ameisen

Des esquisses de solutions
Contraintes et agendas politiques. Jacques Delors
L’énergie solaire et ses cycles. Sylvaine Turck-Chièze
L’énergie aujourd’hui, mais demain ? Jean-François Minster
Post-humain et perte de biodiversité. Dominique Lestel
Biodiversité et production de richesse : une érosion inéluctable ? Jacques Weber
Fabriquer de l’auto-organisation ? De l’homme-machine à l’homme-dieu et retour. Jean-Pierre Dupuy

3/3 L’homme peut-il accepter ses limites ? Gilles Boeuf, Bernard Swynghedauw, Jean-François Toussaint. Éditions Quæ, 2017, 200 pages. Avec les contributions de: E. Heyer, L. Naccache, B. Cyrulnik, P. Cury, D. Nahon, V. Masson-Delmotte, B. David, G. Mestrallet, C. Jouanno, A. Chaperon, H. Le Bras, D. Cohen, C. Grison, P. Descola.

Trois ans après la publication du colloque « L’homme peut-il s’adapter à lui-même ? », ses auteurs et d’autres scientifiques, reconnus dans leur domaine, se réunissent à nouveau. Malgré les alertes et quelques améliorations, ils savent que le constat reste alarmant. Le vivant lui-même nous l’indique. Partout, les dates de récolte avancent ; partout, les aires de répartition d’espèces marines et continentales sont spectaculairement modifiées. Les effets du changement climatique se superposent aux dégradations directes de l’environnement, et ceci pour toutes les espèces vivantes, y compris l’espèce humaine. Les questions de santé humaine et environnementales se chevauchent de plus en plus souvent.

Allons-nous être capables de réagir à temps ? Que nous faut-il pour arriver enfin à changer ? Car pour s’adapter, ne faut-il pas, d’abord, accepter de changer ? Ces questions sont désormais centrales dans l’évolution géopolitique des sociétés humaines. Du changement climatique se déclinent déjà de nombreux conflits et souffrances ; or il n’y aura pas de santé durable sans respect des règles du vivant.

Chacun dans leur domaine, les auteurs nous livrent ce que pourraient être les conditions d’une réelle métamorphose : celles qui nous permettraient d’accepter nos limites dans la diversité d’un monde dont nous ne sommes qu’un des éléments nous permettant d’acquérir enfin une véritable conscience humanitaire.

Sommaire :
Les alertes
Les enjeux du changement climatique. Valérie Masson-Delmotte
Agriculture. S’adapter pour préserver les sols. Daniel Nahon
Les multiples conséquences de la mobilité et des transports. Bruno David
L’image écornée d’une mer, à jamais recommencée. Philippe Cury
L’humain dans la biodiversité. Gilles Boeuf

Les options possibles
Eco-mimétisme et solutions bio-inspirées. Claude Grison
L’énergie photovoltaïque, catalyseur de mutation. Arnaud Chaperon
L’entreprise face aux défis de l’adaptation. Gérard Mestrallet
De Malthus à Easterlin, la nécessité pour l’homme de se comprendre et de s’accepter. Daniel Cohen
Les causes d’imprécision des prévisions démographiques. Hervé Le Bras

Et l’Homme dans tout ça ?
Temps court, confiance et espérances : les options du politique. Chantal Jouanno
Le refus des limites. Jean-François Toussaint.
• Interaction entre culture et génétique dans l’évolution de l’homme. Evelyne Heyer
L’homme, malade de lui-même. Bernard Swynghedauw
• La biologie de l’attachement. Boris Cyrulnik
• Mythes et réalités de la plasticité cérébrale. Lionel Naccache

Les perspectives
Le temps long : les critères anthropologiques. Yves Coppens
Les défis conceptuels de l’Anthropocène. Philippe Descola
Les tortues nous donnent des leçons. Hubert Reeves

Gilles Boeuf est professeur à l’université Pierre et Marie Curie Sorbonne Universités, conseiller scientifique auprès du ministère de l‘Environnement, de l‘énergie et de la Mer, président du Muséum national d’histoire naturelle de 2009 à 2015, professeur invité au Collège de France en 2013-2014.
Bernard Swynghedauw est directeur de recherche émérite à l’Inserm, Hôpital Lariboisière ; membre correspondant de l’Académie de médecine ; ancien président de la FEPS (Federation of the European Physiological Societies).
Jean-François Toussaint est président du groupe Adaptation et Prospective du Haut Conseil de la santé publique et du groupe expert HEPA Santé de la Commission européenne ; directeur de l‘IRMES (Institut de recherche biomédicale et d‘épidémiologie du sport) ; professeur de physiologie à l‘université Paris Descartes et CIMS, Hôtel-Dieu de Paris, APHP.

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Merci à : Jean-Marc Jancovici, Christophe Najdovsky, Gabriel Plassat, Jean-Luc Saladin.
Merci aux lecteurs qui ont lu jusqu’au bout. Le vélo nous aidera peut-être à passer le cap. Pas avant 2040, nous prédit Yves Cochet.

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2 thoughts on “Euphorie du vélo ou fin d’une civilisation ? La presse et les livres de début septembre

  1. Un autre livre majeur en matière de « collapsologie », qui, après un rude constat d’alerte, donne lui aussi des pistes pour garder aujourd’hui le moral et demain des issues possibles :
    « Comment tout peut s’effondrer – Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes »
    Co-auteurs : Pablo Servigne, Raphaël Stevens; Postface de… Yves Cochet, lien dans ma signature.

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