2ème salon Autonomy : autonome ou connecté ?

Le salon Autonomy a sans doute trouvé sa voie. Après une première édition aux objectifs peu clairs avec notamment des exposants évidemment hors-sujet, cette seconde édition, en fin de semaine dernière, a présenté énormément de nouveautés pour les mobilités actives et un foisonnement d’innovations dans l’économie numérique.

Les exposants, environ 200, se sont montré contents des contacts entre eux (entreprises, sources d’éventuels contrats ou collaborations) mais regrettent d’avoir vu peu de visiteurs de collectivités territoriales ou d’institutions. Les deux premiers jours étaient réservés aux professionnels, le 3° jour, un samedi, était ouvert au grand public. Peu de visiteurs ont été vus le samedi, malgré l’abondante distribution d’entrées gratuites (dès quelques jours avant sur internet, la veille au métro, le jour-même sur place).

Je ne doute pas d’un meilleur succès l’an prochain. La date est déjà fixée, ce sera du 18 au 20 octobre 2018, pour s’en tenir à la 3° semaine d’octobre. Les représentants des collectivités locales viendront, c’est sûr !

Voici un aperçu de ce que j’ai vu d’intéressant cette année.

 

 * Stationnement et services——————–


wheelskeep. Une application qui aura pour but de recenser les arceaux à vélo, avec notamment l’aide des citoyens, en recenser l’occupation grâce à des algorithmes et le faire savoir, en organiser le gardiennage aux lieux et heures pertinents, et le faire savoir, se financer par les commerçants ou établissements qui en tireront un bénéfice.
D’autres services seront possibles tels que cartographie des trajets effectués (utile pour les aménageurs), signalement de problèmes, repérage des stationnements sauvages, assurance contre le vol pour les vélos enregistrés et utilisant un parking surveillé, petit entretien, etc. Le contrôle sera assuré par l’enregistrement, une photo à la dépose du vélo et un QR code. Première installation prévue à Bordeaux, Lyon et Paris ensuite.

i bombo, ensemble de gonflage et réparation en libre-service, diffusé par 2mbikes. A la carte et personnalisé, certains y ajoutent même un panneau pour de la publicité, semblent faits de tôles épaisses, pleins d’astuces, pratiques et sécurisés. Exemple, l’ouverture du placard dans lequel sont les outils pendus à des fils ne se fait qu’avec une pièce de monnaie. Pour la récupérer il faut fermer. Site.

Bik’Box, boîte de stationnement, mobile et connectée. Première expérimentation mi 2018.
 Site

Ixow, antivols de selle et de roues. Stempark, potence qui intègre un mécanisme breveté faisant s’aligner le guidon au cadre en deux secondes, avec l’objectif de mieux passer dans les portes et réduire l’encombrement du guidon de 50 cm. 
Site.

Cyclofix, créée en 2015. Réparateurs mobiles très rapides, commande des interventions par une application. Sont à Paris et petite couronne depuis fin 2015, seront à Strasbourg, Bordeaux en février 2017, à Grenoble, Lille, Lyon en septembre. Des sauveurs de l’humanité pédalante. Site.

Birdy (nom provisoire), optimisation inter-entreprise de trajets, livraison d’objets volumineux.

Mon chaperon, créé en janvier 2017, invente le copiétonnage. 97% des harcèlements concernent des femmes seules. Outil de mise en relation déjà adopté par 8000 personnes. L’application est gratuite et peut être proposée par les entreprises avec des outils spécifiques. Elle permet aussi la “surveillance” à distance (savoir qu’on est bien arrivé) et comporte un bouton d’alerte. Site.

 * Créer les entreprises, promouvoir et tester leurs innovations————

Paris mobility lab, à la gare de l’est à partir d’avril 2018. Tests en vrai de bornes de bornes de recharges, boîtes de réception de produits frais, application d’analyse des flux de voyageurs afin de positionner les objets au bon endroit (VLS, taxis etc) etc etc

Via ID, créé en 2009 par Mobivia, groupe européen du secteur automobile. Pépinière et financement pour les « mobilités de demain ». Par exemple :

  • Altermove (magasins de véhicules pour les mobilités électriques)
  • Drivy, location d’automobiles entre particuliers,
  • Green on, fourniture et gestion de flottes de vélos à assistance électrique
  • Cyclofix, réparations mobiles pour vélos
  • Smoove, Consortium Smovengo, avec Indigo et Movencia pour la fabrication des vélos. Laurent Mercat, fondateur et pdg de Smoove : « l’investisseur idéal, apportant certes du capital mais aussi un puissant réseau d’entreprises et d’expertises au sein de Mobivia. »

Site.

 * Vélos en libre-service ————————-

Des GoBeeBike étaient disposés proprement en face de l’entrée et ofo avait un stand.
* Les vélos en libre-service, surtout ceux qui sont bas-de-gamme, pourraient tirer le vélo vers le jetable, le pas cher, le sans valeur. Cela n’est sûrement pas bon pour l’avenir de la planète, bien qu’ils puissent jouer un rôle dans le changement de comportement.
* Les travers des énormes sociétés dont nous avons parlé il y a peu1 (désordre, envahissement…) seront évités par deux sociétés françaises.

Cycleo (ex-Efia transports) présentait sa propre offre, des vélos en libre-service sans borne adaptés aux villes moyennes ou à des ensembles d’affaires ou d’habitat, et même des co-propriétés, sans limite inférieure de nombre. Ils seront à Caen en 2018, ensuite à Orléans, qui est un peu leur berceau pour les VLS. Rien pour le coup ne se fera sans vrai dialogue avec les autorités locales, ils sont aussi opérateurs de transports publics ! L’offre n’est pas encore très visible sur le site.

Indigo, l’opérateur de parkings, a aussi compris où se trouvait l’avenir. Il opère indogo-weel, des vélos en libre-service que l’on doit rapporter dans des emplacements définis avec les autorités locales. Les vélos ne se perdront pas, la zone est délimitée par un système électronique. Ils paieront une redevance aux villes. Première implantation à Metz le 4 décembre, nombreuses villes intéressées. Ils ne revendront pas les données. Site.

Human concept, société de recherche-développement de Nantes créée il y a trois ans propose les Titibike, vélos avec ou sans borne et électronique embarquée. Tous les vélos peuvent devenir à assistance, il suffit de passer chercher une batterie (à l’office de tourisme, à la mairie ou chez un commerçant ou autre). L’équilibre économique semble résider dans la régie publicitaire sur les pare-jupes. Leurs premières villes sont en Bretagne, Bouygues est dans leur capital et ils seront présents au salon des maires. Site.

Des trottinettes en libre-service
développées par la start’up Knot. Premières implantations avec Gares & Connexions à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), aux gares de St-Denis Porte de Paris et de La Plaine – Stade de France. 1 € pour 2 heures, fortement dégressif ensuite. Succès relatif pour le fameux dernier kilomètre, chaque trottinette est utilisée en moyenne une fois par jour. Autre implantation à Montrouge, banlieue sud. Voir journal Les échos, 10 août 2017 : Des trottinettes en libre-service testées en région parisienne.

 * Location de vélos——————–

Velocomotion, que nous avons déjà présenté lorsque nous avons parlé de la Green tech verte2, enrichit sa plateforme de location de vélos partout avec des tours à vélo. Il fournira aussi à la location, notamment là où la location n’est pas le coeur de métier (hôtels par exemple), des vélos à lui, avec cadenas connecté. Premier test l’an prochain au Mont-Saint-Michel avec la puissante société La mère Poulard. Site.

 * Motorisation
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C’est un sujet qui ne me passionne pas, mais la motorisation proposée par Novengine, créée fin 2015 à la Rochelle, mérite d’être présentée. Venu du monde de l’automobile, Laurent Gicquel développe des moteurs inspirés de la NASA pour tout, scooters, trottinettes, drones … Leur particularité est leur très grande efficacité énergétique due à leur fonctionnement par champs magnétiques. Aucun frottement, récupération d’énergie au freinage, donc autonomie doublée et alimentation devenant possible avec des énergies renouvelables. Il y aura un logiciel de détection des pannes facilitant le service après-ventes. La commercialisation commencera en 2018 et concernera les professionnels. Un vélo léger pourra ne pas peser beaucoup plus que 14 kg.
Des moteurs innovants éco-responsables à très haute efficacité énergétique, développés par une société qui a adopté pleinement les enjeux actuels : Développer exclusivement des innovations répondant à un besoin exprimé et apportant un plus sur le plan environnemental et sociétal. Site.

 * Autres
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Benur, le vélo pour les gens en fauteuil. 2% des handicapés ont des chances d’être en tricycle à médale. 80% des gens en fauteuil ne peuvent pas en sortir seuls. Le Benur embarque directement le fauteuil. Dès l’été prochain début de la commercialisation (marchands de vélos etc) et équipement de la via rhona en benurs. Site.

Galuchon, un sac à dos très astucieux. Ouverture bloquée par les bretelles, électrodes dans les bretelles détectant les changements de vitesse : elles s’allument au freinage, un geste de la main et elles indiquent la direction, etc !

 

Elisabeth Borne a visité le salon le vendredi après-midi. Elle s’intéresse beaucoup à « l’innovation » , dont elle a fait une priorité de la politique des mobilités. Elle veut des mobilités plus connectées, plus propres etc. Les nombreuses « applications » peuvent optimiser, mettre en relation de façon efficace.
* Ce serait quand même dommage d’oublier le fier marcheur et le beau cycliste, le bien vieux et le tout gamin, et les aménagements de voirie qui vont avec. Ce serait dommage que les machines occultent l’humain, et bien bête de prendre les moyens pour des objectifs.
* Dans ce salon il y avait pas mal de moyens fort intéressants, et des objectifs pas toujours très clairs. Mon choix évite sans doute pas trop mal cet écueil, mais, faut-il encore le rappeler, la terre brûle !

 

Salon Autonomy.

—Notes—

  1.  Invasion de VLS sans station aujourd’hui à Paris. 9 octobre 2017.
  2. Velocomotion est présenté 3 fois dans ce blog : dans l’article Le vélo au conseil des ministres d’hier, du 3 novembre 2016 ; dans Lauréats de l’appel à projets « Jeunes pousses, technologies vertes » du 7 janvier 2017 ; dans Pas de Talent pour Isabelle et le vélo, du 16 juin 2016.
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