Assises de la mobilité : Que doit contenir la Loi ? Introduction

Lorsqu’Edouard Philippe, à la télévision le 28 septembre dernier, justifie l’annulation de la prime à l’achat d’un VAE par le fait que la filière n’en aurait plus besoin, on comprend que pour lui la mobilité ne s’entend que par le prisme de l’industrie.
Lorsqu’on voit que finalement cette prime serait rétablie sous un autre nom, lorsqu’on apprend que la préférence à la mobilité du quotidien n’aura vécu que le temps d’une “pause” de 3 mois dans la construction d’infrastructures lourdes, on comprend que le Gouvernement français agit à l’aveugle et que par “mobilité” il entend “industrie des transports”.
Lorsqu’on voit que ce qui a occupé la ministre des transports hier, c’est la signature d’accords commerciaux entre la SNCF et la société Alstom afin d’assurer son maintien à Belfort et en assurer la compétitivité, on voit bien que je n’avais pas tort en titrant récemment “La « révolution des mobilités » pourrait finir en modernisation des transports“.

Le salon Autonomy en aura été un indice, tout comme la vire-volte des subventions aux associations. Plus ça brille plus ça plaît, et plus c’est gros plus ça craint, mais, désolée, on va dans le mur, et de “révolution des mobilités” nous n’aurons à ce compte que gadgets. La divine surprise que j’exprimais début juillet, peu après la nomination d’Elisabeth Borne (dans Elisabeth Borne veut entendre la voix de la mobilité quotidienne), a-t-elle déjà perdu tout fondement ?  Dire que l’on veut une mobilité propre peut se comprendre, dire qu’on la veut “connectée” n’a, d’emblée, aucun sens. Depuis quand serait-ce une garantie de sobriété et de facilité pour tous? Quant à la solidarité et à l’équité, je les cherche, comme vous sans doute. Lors du lancement des Assises Elisabeth Borne n’avait-elle aussi énoncé qu’il fallait “tirer parti des forces de chaque mode” ??? Les mots, aussi ambitieux soient-ils, ne vont pas suffire à créer la réalité, heureusement mais aussi malheureusement.

J’ai donc demandé à quelques personnalités, à l’aveugle, de nous dire en quelques mots ce qu’il fallait à leurs yeux mettre absolument dans la Loi de la Mobilité pour laquelle des “Assises” sont en cours. Le résultat, c’est ce que vous allez lire bientôt. Vous verrez alors que plusieurs de ces personnalités disent la même chose, et qu’aucune ne parle d’objets. Toutes parlent de la loi, pas de ses à-côtés. Et comme, moi seule le sachant, aucune ne parle de ce que j’aurais répondu, j’ai aussi répondu.

Vous trouverez donc dans les deux semaines qui viennent les résultats de cette interrogation. Puissent-ils vous aider à poser les paroles efficaces qu’on attend de vous pendant les Assises de la mobilité.

La question que je pose est la suivante : veut-on une société de l’objet, de la pacotille et de l’épuisement des ressources, ou veut-on une société de l’équité, de la fraternité et de la liberté ? Veut-on une société joyeuse et des citoyens éclairés, ou veut-on une société de zombies? Veut-on du “toujours plus vite et loin”, ou de la vie heureuse et responsable ? Mais à nos auteurs je n’ai demandé que : “A votre avis, que doit absolument contenir la Loi ?”.

Ce mois de novembre va être dur chez Isabelle et le vélo, mais indispensable, je le crains.

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Pour savoir comment participer aux Assises de la mobilité :

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2 thoughts on “Assises de la mobilité : Que doit contenir la Loi ? Introduction

  1. Première réponse intéressante. Serait-il possible (est-il pertinent) d’avoir le nom de la personne répondant à la question en chapeau plutôt qu’en signature ? Merci pour tous ces articles et ces regards.

    • J’ai mis le nom des auteurs exprès en bas, afin que cela n’influence pas l’appréciation sur le texte. Je reconnais que deux lecteurs s’en sont déjà ému !

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