Assises de la mobilité : que doit contenir la Loi ? Is. Lesens

S’assurer de l’adéquation des règles et aménagements
aux besoins des cyclistes 
Isabelle Lesens 

Récrire le code de la route
Le code de la route est un code d’organisation de la circulation motorisée ; son application en renforce souvent le caractère auto-centré. Il est régulièrement retouché, sans débat démocratique, et plus personne ne s’y retrouve.
Il est de la première importance de le remettre à plat en s’interrogeant sur ses fondements et en le recentrant dessus. Les règles d’usage, notamment de ce que l’on nomme trottoir ou chaussée, doivent être ré-examinées au regard des besoins et pratiques du 21ème siècle. La signalisation devra être clarifiée.
Le code devra être court, clair, intuitif et mémorisable. Sa nouvelle édition devra bénéficier de la plus large diffusion et promotion.

Redéfinir le système des pénalités
Il est urgent de redéfinir l’ensemble des pénalités financières au regard de la mise en danger d’autrui et, peut-être, de la valeur vénale du véhicule utilisé. La question de l’efficacité des sanctions doit être posée avec sincérité. La notion de pédagogie devrait être revisitée.

 La Loi de Mobilités engagera une refonte des règles de circulation et d’affectation des espaces. Ce nouveau code sera étudié par une commission indépendante de haut niveau, sous l’autorité d’une personnalité incontestée. Il sera soumis au Parlement avant deux ans. 

S’assurer de l’accessibilité de tout lieu
Aucun permis de construire, aucune réception de travaux ni aucune inauguration ne doit se faire sans la considération de son accessibilité réelle, à pied d’abord, à vélo évidemment, puis en transports publics. Il y aura aussi, toujours, une accessibilité par taxis, ambulance et automobiles pour ceux qui ne peuvent vraiment pas faire autrement.

S’assurer de la qualité des espaces publics
Les détails changeant tout, et la réalité se fichant des théories, aucun aménagement ne doit être accepté et encore moins inauguré tant qu’il n’aura pas été testé, en vrai et en public, par son concepteur puis par les usagers. Cela s’applique naturellement d’abord aux piétons et aux cyclistes.

S’assurer de la compétence des aménageurs

Les membres des bureaux d’étude et les fonctionnaires qui s’occupent du vélo devront réaliser un tour d’Europe de plusieurs mois et à vélo avant leur prise de fonction, et devront renouveler les voyages d’étude régulièrement. En outre il n’est pas concevable qu’ils n’utilisent pas un vélo au quotidien, notamment dans leurs déplacements de travail. 
Aucun bureau d’étude ne pourra travailler sur le vélo sans justifier de son expertise réelle. Le prix ne doit pas être un critère par défaut lors des appels d’offres, ni l’énoncé d’une méthode appliquée sans discernement ni adaptation.
La présence aux congrès internationaux n’est nullement facultative.

 La Loi de Mobilités décidera d’une série de mesures propres à garantir la qualité des aménagements. 

 

Isabelle Lesens
Journaliste et consultante en politiques cyclables.
Rédactrice en chef du blog dans lequel vous êtes, et élue locale.
Choix d’articles en rapport avec celui-ci :

  • Le tableau des amendes infilgées aux cyclistes nous en apprend de belles sur leur absurdité et leur injustice. Mars 2015.
  • Code de la route, ou Réglementation, à ne rien y comprendre ? Octobre 2016.
  • Impossible réglementation, avril 2017
  • Vélo et Droit, un couple mal assorti. Décembre 2015  (avec des liens vers des articles antérieurs).
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3 thoughts on “Assises de la mobilité : que doit contenir la Loi ? Is. Lesens

  1. S’assurer de la compétence des aménageurs ? je n’en demanderais pas autant, s’ils voulaient juste écouter les usagers ou pratiquants ce serait déjà pas mal.
    De même pour les élus ou décideurs, car lorsqu’on glisse son bulletin dans l’urne on ne peut s’assurer de toutes les compétences du futur dirigeant.

  2. Oui 100% d’accord avec Isabelle sur ses propositions, car on (= chacun, valable tout le temps sur tous les sujets) ne fait bien que ce à quoi on croit vraiment et qu’on connait vraiment !
    Donc Oui dans le cas de la mobilité (c’est valable en toute chose), aller sur le terrain avec le moyen de déplacement (à vélo par ex) étudié, ne pas se contenter d’études depuis son bureau par des personnes ayant certes des “connaissances” (et peut-être même de bonnes intentions ?), mais pas l’expérience sur l’application de leurs projets. Il faut connaitre et avoir expérimenté soi-même ce que l’on préconise pour les autres.

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