Bercy, Bercy !

Le baromètre des villes et villages cyclables, c’est une chose. L’urgence, c’est les « arbitrages » sur le projet de loi sur la mobilité. Tout se décide cette semaine … Voici pourquoi vous devez vous mobiliser. 20 h 45

C’est dans la semaine qui vient que le Premier ministre devrait « arbitrer », c’est-à-dire trancher dans le texte du projet de loi sur les mobilités. Lui, ou le président.

Plus personne ne doute des convictions de notre ministre, Elisabeth Borne, qui a compris que le vélo était un outil de mobilité au potentiel ravageur.

Le Premier ministre, 7 ans maire du Havre, a été biberonné par son conseiller municipal Jean-Luc Saladin, et ne peut ignorer la modernité et le rôle essentiel du vélo dans les questions de santé. Ce n’est pas de ma faute s’il a annulé la prime à l’achat des VAE, mais, ancien collaborateur d’Alain Juppé, il devrait pourtant avoir de qui tenir.
Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, féru de neuro-sciences, ne peut non plus ignorer les vertus de la mobilité sur la formation du cerveau et l’élaboration de la pensée.


Laura Flessel, ministre des Sports, a elle aussi été associée aux réflexions en vue de la loi. Elle sait combien l’activité physique est indispensable à tous.
Pour Nicolas Hulot c’est l’environnement qui fonde son action. Il sait que si nous ne diminuons pas radicalement la pollution, l’Europe nous infligera une amende mémorable. La France compte 500 000 morts prématurées par an à cause de la pollution.
Pollution plus accidents, on a la solution ! a déclaré Karima Delli, députée européenne, lors de la séance d’ouverture du congrès de la Fub.

La ministre des Transports sait bien aussi que la somme demandée par la Fub, 200 millions d’euros par an, correspond à … 2 jours d’entretien de ses trains.

Quant au ministre du Tourisme… il n’y en a pas en ce moment. Mais le ministre de la Cohésion des Territoires, Jacques Mézard, ne peut ignorer que le tourisme lent est l’avenir, et que ces touristes font leurs courses sur place. L’opérateur national Atout France, n’avait-il pas publié dès 2009 une étude sur l’économie du vélo qui concluait que la santé était la priorité économique n°1, que la mobilité à vélo avait un impact économique majeur, et que la France avait tous les atouts pour réussir dans le tourisme à vélo? A l’occasion du lancement du Plan tourisme, en janvier, il a été déclaré « Le tourisme est un outil massif d’aménagement du territoire. C’est un levier majeur de création de richesses dans les campagnes, à la montagne, sur les littoraux. ».

 

Malheureusement ce n’est pas eux qui décident, mais … le président de la République. Il fut ministre à Bercy, il fut banquier, tout peut capoter sur des arguments comptables, sous des contraintes à courte vue.

Pourtant il a un quadruple coup à jouer :

  • Les voies vertes, c’est du tourisme, et de la liaison ville – périurbain, de la mobilité du quotidien, de la mobilité accessible à tous.
  • Le vélo c’est la santé et c’est la remise en route des neurones, et la fin du trou de la sécu.
  • Le vélo c’est de l’économie locale. Les maires ruraux étaient d’ailleurs présents au congrès de la Fub.
  • 
Les transports publics ne peuvent fonctionner correctement qu’avec le vélo et vice et versa, et hop, finie la pollution.

Le message de la Fub est clair, son baromètre n’est qu’un outil de propagande. Il dit que les Français sont prêts au vélo. Il manque juste un meilleur accueil, une reconnaissance, des aménagements. Le vélo c’est la jeunesse d’aujourd’hui. Le vélo doit renverser les comptes d’apothicaires à courte vue, et en plus c’est pas cher.

L’analyse des résultats du baromètre seront dans un prochain article. Vous en connaissez déjà l’essentiel, presse locale et réseaux sociaux s’en sont emparés (sinon, vous pouvez déjà aller les voir en entier). Ce que vous ne savez pas, par contre, c’est ce que contiendra la proposition de loi sur les Mobilités. Plus vous serez nombreux à vous manifester mieux ce sera. Le baromètre peut être votre outil.

Print Friendly, PDF & Email

4 thoughts on “Bercy, Bercy !

  1. Le vélo, ça peut rapporter? La Loire à vélo a prouvé son, ses, intérêt(s), pas seulement par les 50 millions d’Euros investis en 20 ans et les quelques 20 à 25 millions de retombées économiques estimées par an. Encore plus, indirectement, pour le moral et la santé !

  2. En tout cas, on aimerait surtout pouvoir dire “Merci Merci” dans quelques jours !!!
    Ce qui certain, c’est que si mon pays ne “vire pas sa cuti” maintenant, alors que tous les voyants balisent la voie à suivre, je pars en voyage (à vélo) et je le laisse à son ignorance !

  3. Hélas, de plan vélo en plan vélo (Sœur Anne, que vois-tu venir ?), de promesse d’IKV en réalité de son application, de TGV et Lyria n’acceptant plus les vélos en trains de nuit supprimés, de prime VAE en aumone VAE, je doute plus de ce gouvernement que des précédents.
    Je vais donc continuer de vélotaffer, vélo-cruiser, VTTiser et cyclorandonner sans rien en attendre.

  4. Le développement du vélo semble connaitre un frémissement, mais il existe déjà 2 plans vélo (ou un seul, le 2ème ayant intégré le 1er, de janvier 2012). Il y a aussi le schéma national des véloroutes et voies vertes de 2010, décliné en schémas régionaux et enrichi par des itinéraires plus locaux.
    Leur mise en œuvre implique une gouvernance réunissant tout le monde. La participation financière de l’Etat constituerait un signal fort. Le gouvernement fédéral allemand apporte depuis de nombreuses années une enveloppe financière annuelle significative (actuellement de l’ordre de 50 millions d’euros). Il faudra juste une bonne coordination avec les financements des collectivités territoriales qui assurent les réalisations de voies cyclables.
    Si la volonté politique pour développer le vélo se confirme, beaucoup d’obstacles pourront être surmontés, notamment ceux de nature juridique comme le projet de décret qui redéfinit les voies vertes, toujours en souffrance.

Laisser un commentaire