Que devient le vélotourisme en France?

70% des véloroutes françaises sont réalisées : le point sur leur avancement et sur les projets dans toute la France.
Des nouvelles des principales associations de vélotourisme.
Des prix et récompenses.
Le vélo-tourisme en France est une affaire rentable !  

Avancement de la réalisation des voies vertes et véloroutes
Au 1er janvier 2018, 80 % du schéma national des eurovélo est réalisé, a calculé l’association des départements cyclables, et 66% du schéma national.
Rien qu’en 2017 ce sont 710 km d’itinéraires nationaux, dont 240 sur des Eurovéloroutes, qui ont été ouverts. 34% reste donc à réaliser, pour lesquels l’aide de l’Etat est réclamée, et l’inscription dans le plan national du vélo et dans la loi des mobilités !
Cela nous vaut sans doute d’avoir reçu le premier prix Eurovelo, remis en mars au Salon international du commerce touristique (ITB).

La FFCT, fédération française du cyclotourisme sportif, a quant à elle décerné ses trophées à deux entités du tourisme à vélo très tranquilles.
Le département de la Manche, qui dispose de nombreuses pistes, et est traversé par 4 grands itinéraires : l’EuroVelo 4, le Tour de Manche et le Petit Tour de Manche, la Véloscénie® de Paris au Mont-Saint-Michel et la Véloroute des plages du débarquement au Mont-Saint-Michel. Ce département n’est pas fichu d’organiser l’accès des vélos au Mont-Saint-Michel (10 ans de bataille toujours pas aboutie), mais organisera le grand rassemblement international annuel de la fédération en 2020.
La vélofrancette, 627 km de Ouistreham (port de Caen) à La Rochelle. Elle avait déjà été élue meilleure Véloroute d’Europe en 2017 au salon néerlandais Fiets en Wanderlbeurs (qui attire tous les ans plus de 25 000 visiteurs). Il existe un guide, aux éditions Ouest-France, et un site.

En bleu : Eurovéloroute. En vert : véloroute nationale. Tiret continu : réalisé. Tiret pointillé : non-encore réalisé.

L’AF3V, association française des véloroutes et voies vertes, se refait une santé. Les subventions sont revenues, les dons ont afflué, les partenariats ont été clarifiés et consolidés. Le succès de ses stands et la fréquentation de son site prouvent son utilité. Aujourd’hui l’AF3V s’attache à nouer de nouveaux partenariats sur le thème de la mobilité en zones périurbaines et diffuses, à simplifier et avancer sur la labélisation, à refaire son site. Les nouveaux découpages administratifs et techniques l’obligent aussi à une remise à plat de son réseau de délégués.

L’association Cyclo-camping-international (Festival international du voyage à vélo, Manuel du voyage à vélo) s’associe à la mobilisation sur l’emport des vélos dans les trains. L’association milite pour le voyage à vélo en autonomie, et ses adhérents utilisent les trains partout dans le monde. Elle est bien placée pour savoir que sans train il n’y a plus de tourisme à bicyclette. L’asso équilibre facilement ses comptes, sans rien demander à personne. 80 bénévoles organisent son Festival, une 15 aine sont sur le Manuel… Elle en a profité pour créer une bourse pour les jeunes, dont le premier lauréat a été félicité lors de son assemblée générale. Il s’agit de Vincent Messia, qui va longer l’EV6 jusqu’à la mer noire puis rentrer par d’autres véloroutes. Il partira de Saumur en mai. Il a déjà beaucoup voyagé à pied, il est adepte de la sobriété, son vélo en témoigne, il lui a coûté 30 €, et surtout son porte-bagages, un habile bricolage d’objets récupérés qui se transforme en bureau et placard ! Ce n’est donc pas l’argent (1000€) de la bourse qui l’intéresse, mais la reconnaissance que cela représente. Il souhaite aider chacun à dépasser sa peur de partir.

Les inscriptions à la randonnée annuelle de Cyclo-TransEurope sont ouvertes. Une vingtaine de bénévoles vous attendent.

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Quelques bonnes et mauvaises nouvelles
dans nos régions


Le Tour de Bourgogne engage enfin les travaux de son bouclage
 

Les travaux d’aménagement du nord du tour de Bourgogne ont repris le 20 mars à Champs-sur-Yonne. L’entrée sud d’Auxerre devrait être prête à la fin de l’année. 
Suivront tous les tronçons au nord d’Auxerre, jusqu’à Bassou (certains existent déjà, mais il faut beaucoup d’habitude pour trouver le chemin) où on arrivera en 2021. 
Il n’est encore rien prévu pour l’arrivée sud à Migennes (ceux qui continuent jusqu’à Sens peuvent l’éviter). Il n’y a d’ailleurs plus beaucoup de commerces dans cette ville cheminote. L’accès en train depuis Paris existe encore. Le train régional se prend à la gare de Paris-Bercy. Profitez-en, c’est très commode.
Le trajet vers l’est depuis la sortie de la gare de Laroche-Migennes, aujourd’hui même pas indiqué, et se faisant dans l’herbe le long d’une route infernale, devrait dans deux ans être enfin la digne porte d’entrée en Bourgogne qu’elle est. Mais la gare reste un gros point noir, elle a pourtant été refaite il y a peu. Tous ses accès sont en escaliers, et aucun, même à l’arrière, n’est donc utilisable.
On attendait les travaux depuis plus de 10 ans. Pour l’instant strictement rien n’est envisagé pour rejoindre Paris à vélo, ou au moins la Seine ou Montargis, sur la véloroute de Saint-Jacques (EV3). C’est vraiment la France très profonde à 200 km de Paris. Et pourtant… c’est très beau !
Chamina a édité un guide pour l’ensemble du tour de la Bourgogne. Il y a aussi un site avec une carte qui va vous couper le souffle.

L’Alsace n’est plus joigniable en train + vélo
C’est pas malin1 car elle a, depuis longtemps, un superbe réseau de pistes cyclables, encore plus beau au nord qu’au sud, doublé de l’autre côté du Rhin par un moins beau mais qui multiplie les parcours. Ce qui est nouveau c’est que l’Alsace commence à vouloir attirer.
Un site est disponible. Il est très pratique, tout est reporté sur une carte. Rien que là vous rêvez de toutes les jonctions à faire : Allemagne, Suisse … Rhin, Moselle…
Plusieurs guides imprimés existent aussi, chez Chamina Eurovélo6 et Alsace à vélo, carte Alsace à vélo gratuite, véloroute du Rhin et EV6 de Bâle à Nevers chez Ouest-France.
La 6ème édition du slow-up aura lieu le 3 juin : La route des vins est fermée aux motorisés et se boucle avec la véloroute du vignoble.
Le premier slow-up des 3 pays (autour de Bâle et Mulhouse) aura lieu le 16 septembre sur 60 km.
Quant à moi je souhaitais me rendre pour l’ascension à Sierck-les-Bains, près du Luxembourg, pour une rencontre nationale. Comme cela n’est plus possible je vais ailleurs. Et M.

La Trans-Ardennes a été prolongée
La superbe voie-verte qui reliait Charleville-Mézières à Givet, et nous laissait en plan à la porte de la Belgique, a été prolongée. La plaquette gratuite donne le plan pour traverser Givet (je ne sais ce qu’il en est sur le terrain) et aborder le pays des voies lentes (Ravel). Au sud, Charleville est dépassée ! Sedan, même, puisqu’on arrive à Mouzon, en limite du département des Ardennes. Et de là … sus à la Meuse à vélo qui vous fait remonter jusqu’à Rotterdam ! Y’a plus malheureux, d’expérience je peux vous le dire : c’est formidable ! Pour y aller en train, je ne sais plus où on en est …

La Gironde a placé des compteurs sur ses voies vertes
En période d’été, la fréquentation, en 2017, sur la Vélodyssée dépasse 300 cyclistes par jour, 380 sur le canal des deux mers, plus de 380 sur la voie verte Roger- Lapébie, et 180 cyclistes par jour sur la voie verte du canal de Garonne, sans différencier les cyclistes randonneurs itinérants de ceux en balade. La comparaison avec 2016 et 2015 montre une progression de 10% en 2 ans sur la Roger-Lapébie et une stabilité sur les tronçons de la Vélodyssée.

Le Gard ne se dépense pas assez
Le Département compte 190 km de véloroutes et voies vertes, dont 93 km pour ces dernières et 97 km correspondent au balisage départemental de la Via Rhôna, effectué sur route en 2017. Les voies vertes sont en général en stabilisé, qui se ravinera vite. Le budget alloué aux VVV sera de 1,650 millions d’euros en 2018, contre 6 millions demandés par l’AF3V (10% du budget routes).

L’ Occitanie ignore le vélo
La région a adopté en 2017 un Schéma régional du développement du tourisme et des loisirs , sans aucun objectif pour le tourisme à vélo, l’itinérance ou les véloroutes et voies vertes. La région a aussi été très mal notée dans le baromètre de la Fub. Tout se tient.

La véloroute Trans-Massif Central avance sauf en Occitanie
La future Véloroute Trans Massif Central (V87) sera orientée nord-sud et ira de Chambon-sur-Voueize (Creuse) à Beaulieu-sur-Dordogne (Corrèze). Au-delà elle traversera le département du Lot pour rejoindre le Canal des Deux Mers à Montauban.
Une fois terminée, cette véloroute du Massif Central reliera deux grandes véloroutes ouest-est très fréquentées : au sud le canal des deux mers; au nord, l’EV6 ou véloroute des fleuves, via la véloroute des Combrailles par Montluçon. Cette véloroute Trans-Massif-Central  fera 600 kilomètres en tout, presque exclusivement sur petites routes. Pour l’instant, la moitié est réalisée.

Le Limousin va passer 40 km en voie verte
Des études sont lancées pour des réalisations dans le secteur de Limoges – Saint-Pardoux, Limoges – Bénévent l’Abbaye, Bujaleuf – Tarnac.
Dans la véloroute de la vallée du Lot, la transformation en Voie Verte de 40 km très dangereux est programmée, de Parnac (en limite de Douelle) à Soturac (limite Fumel). Les travaux commenceront en automne 2018.

La vallée du Lot va démarrer
C’est La Dépêche d’avant-hier qui nous le dit, ce vendredi le comité d’itinéraire s’est réuni. L’itinéraire devrait traverser 5 départements (Lot-et-Garonne, Lot, Aveyron, Cantal, Lozère) et les travaux commencer, dès l’an prochain, par la voie verte entre Cahors et Capdenac, sur l’ancienne voie de chemin de fer. Un article plein d’informations (ça ne se fait pas de le recopier!), je vous signale juste le nom de l’organisme qui a réalisé la pré-étude… c’est France Vélo Tourisme, si je journal ne se trompe pas, qui ainsi enrichit sa palette de services aux adhérents?

La véloroute de la Méditerranée est fermée chaque hiver
En 2015, pour permettre la mise en valeur du cordon dunaire, la voie verte du Lido de Carnon (6 km, à la Grande-Motte) a été reculée jusqu’à la RD 62, à 4 voies.
Depuis, elle est inondée chaque hiver, rendue impraticable sur 2 km pendant plusieurs semaines (trois mois en 2017, tout le mois de mars en 2018). Un arrêté municipal ferme la voie, et aucun itinéraire de déviation n’est proposé.
Cette voie verte est un tronçon de l’Eurovéloroute n°8 (Méditerranée à vélo : Athènes-Cadix) et de l’Eurovéloroute n°17 (Via Rhôna, dont une branche va jusqu’à Sète).
En avril 2018 les associations de cyclistes locales ont demandé au Conseil Départemental de l’Hérault de supprimer ce point noir, soit en surélevant la Voie Verte (construction sur pilotis), soit en ouvrant aux cyclistes le chemin de halage du canal du Rhône à Sète, qui est parallèle, soit en abaissant la vitesse sur la route à 4 voies à 80km/h pour l’autoriser aux vélos. Cela paraît raisonnable, non ?

Le Pays-Basque s’engage dans 3 ans de travaux
Les travaux de la véloroute Bayonne-Came en rive gauche de l’Adour (40km) commenceront en juin 2018 et dureront 3 ans. Il s’agit de la véloroute Pyrénées-Gaves Adour dont il existe un tronçon magnifique dans Bayonne, un tronçon sur l’île de Lahonce avec passerelle, un tronçon en bordure de l’Ardanavy avec une passerelle récente sur cet affluent de l’Adour, et un tronçon dans la plaine d’Urt jusqu’au port. La section entre Came et Labastide-Villefranche sera mise à l’étude en 2018, avec de fortes pentes à prévoir.

La véloroute de Saint-Jacques se distingue dans sa partie sud
Cette véloroute sera inaugurée officiellement les 2 et 3 juin. Le Lot-et-Garonne vient de la flécher sur 74 km (avec des côtes et un chemin de terre sur 8km). Le Département des Landes a annoncé qu’il allait “mettre aux normes” la voie verte existante de Mont-de-Marsan à Gabarret. En fait c’est sa partie entre Villeneuve de Marsan et Gabaret (en passant par deux bastides et par Notre-Dame des cyclistes) qui n’a jamais dépassé le stade de chemin sur ancienne voie ferrée. La véloroute de Saint-Jacques y passe.

Cette dernière partie doit beaucoup à l’association VVV-sudJulien Savary, le correspondant de l’AF3V pour le sud, nous annonce de nombreuses ouvertures pour bientôt.
Autres liens utiles :
ADCDépartements cyclables
AF3V
véloroutes et voies vertes
CCICyclo-camping-international
Cyclo-transEurope
Eurovéloroute n°3
ECF
euro véloroutes
FFCT
cyclo-tourisme sportif
France-vélo tourisme
commercialisation

—Note—

  1. L’Alsace n’est pas joignable en train, disais-je, par les trains classiques en tout cas et après une recherche banale sur les sites de renseignements. Un correspondant me dit que si, en enfilant des TER et en se renseignant sur un site allemand. Grâce à cette remarque j’ai en effet trouvé comment relier Paris à Strasbourg avec un vélo et en train, en 6 heures et deux changements, et même grâce à un site français. Je vous détaille tout ça bientôt. Note du 20 avril 2018
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6 thoughts on “Que devient le vélotourisme en France?

  1. Bonnes nouvelles. Même si je n’ai pas encore franchi le pas au delà de la journée, un itinéraire de plusieurs jours me tente depuis un moment. Seule expérience, le début de l’itinéraire Paris-London jusqu’à Conflans. Si l’itinéraire est sympa et assez simple à partir de Nanterre, c’était vraiment un enfer pour trouver trace de panneaux et d’aménagements entre St Denis et Nanterre. A noter le boycott de Maisons-Laffite, qui semble s’être lancé le défi de ne réaliser aucun équipement pour vélo. La région parisienne étant un cas très particulier, j’espère que les aménagements cités sont mieux fléchés et moins discontinus.

    • Ce n’est pas que je veuille faire la publicité des GPS, mais c’est tout de même des appareils bien pratiques surtout pour traverser des villes où la signalisation fait défaut. De même il existe des outils pour créer son itinéraire qu’on importe dans ces dits GPS.

      • Tout à fait vrai mais ça a aussi ses contraintes en vélo, comme l’autonomie limitée. Et malgré l’existence de GPS dans beaucoup de voitures, on n’imagine pas des routes sans aucun panneaux directionnels alors pourquoi on trouverait ça normal pour des itinéraires cyclables ?

  2. Ces itinéraires cyclistes pèchent souvent sur un point : l’accessibilité depuis les gares et centre-villes.
    En effet, si cela peut paraître cohérent avec la réduction drastique de certaines offres en matière de transport ferroviaire de vélos, il est regrettable que l’accès à ces Voies vertes ou Véloroutes ne soit pas facilité par une signalisation claire et des aménagements ou itinéraires adaptés quel que soit le niveau de pratique.
    Cela donne l’impression soit que les VVV sont “imposées” aux villes, soit que celles-ci sont atteintes d’une forme de dédoublement de la personnalité : certains services ou élus y sont favorables, tandis que d’autres semblent tout en ignorer et ne pas savoir comment faire, quand on se demande s’ils n’y sont pas hostiles car inféodés aux Dieux motorisés.

  3. Non non non non le vélotourisme n’est pas mort. On peut lire sur le site de l’AF3V qu’elle organise cette année 7 randonnées sur les Véloroute et Voies Vertes. Le Limousin sera traversé par une rando militante de Bordeaux à Montluçon en juillet prochain pour faire la promotion d’un itinéraire entre EV6 et EV3 (renseignez vous : http://www.lelimousinavelo.fr). C’est peut être là une vraie TRANS MASSIF CENTRAL au vue des retards pris dans la réalisation de l’itinéraire V87 en Occitanie.

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