Dans les « nouvelles mobilités » le vélo sauve sa peau

Même quand on parle d’expérimentation en pensant « digital », on trouve du vélo.
Mercredi 26 septembre, présentation au ministère des transports des lauréats du programme « Territoires d’expérimentation des nouvelles mobilités durables » piloté par l’ADEME.
Par la même occasion, présentation du programme « Mobilité à la française » et d’un nouvel appel à projets.

C’est suite à l’atelier Innovations dans les mobilités des Assises de la Mobilité qu’a été créé le programme Mobilité à la française. Il encadre un certain nombre d’initiatives visant à expérimenter, c’est-à-dire sortir s’il le faut des règles, à titre expérimental, et donc avancer. 

Ce premier Appel à manifestation d’intérêt s’est clôturé le 15 janvier 2018 et avait reçu 50 propositions. Elles devaient associer territoires et entreprises situés dans des zones peu denses, de plaine ou de montagne, et être innovantes sur le plan technique, sociétal ou de gouvernance, donc avoir besoin de sortir du déjà connu et éventuellement ne pas être bloqué par des règles. 

Lire : Les « exclus du transport » doivent découvrir le véloUnanimité non prévue des intervenants à ce colloque !!!

 

30 projets sans rupture—-

Parmi les 30 projets lauréats, beaucoup ont tourné autour du covoiturage, de l’autopartage ou de l’autostop. Plusieurs ont parlé de multimodalité et y ont mis du VAE, des autobus ou des pôles de mobilité, ou encore des véhicules à hydrogène ou autonomes, des transports à la demande aussi, en les enrichissant de services autour de l’emploi par exemple. Un projet parle de logistique du dernier kilomètre, un autre de plan de déplacement. Finalement rien qui puisse faire peur. 

dont 4 sont dédiés au vélo

  • Saint-Dié des Vosges veut créer une voie verte structurante assortie de services (application, bornes de recharge, parcs de stationnement, etc) et la relier aux pistes existantes.
  • Le Pays Portes de Gascogne veut proposer toute une gamme de solutions de mobilité, ainsi qu’un outil pour identifier le meilleur moyen en fonction du trajet envisagé. La sécurisation des routes et la création de voies dédiées font partie du projet.
  • La communauté du Mont des Avaloires, en Mayenne, a un projet appellé « Tous à bicyclette » qui  entend créer itinéraires et zones d’accueil, poser des radars qui détectent les vélos pour en informer les automobilistes, louer des vélos électriques en moyenne ou longue durée.
  • A Guérande le projet porte sur des triporteurs faisant taxis à vélo pour les seniors, dits « vélos avec chauffeur », mis en oeuvre par la SARL Com à vélo. 

Les résultats en détail.

Les lauréats avec Elisabeth Borne dans les locaux du boulevard Saint-Germain (photo du ministère)

Le modèle des mobilités est à bout de souffle, l’autosolisme ne rend pas heureux et en plus il ne fonctionne pas, tout en ponctionnant les ressources à outrance et foutant en l’air le climat, a dit à peu près Fabrice Boissier, le directeur général de l’ADEME, lui-même venu à vélo. La révolution des mobilités est indispensable et doit inclure les actuels abandonnés de la mobilité, habitants sans transports publics, sans auto, sans vélo. Pour cela il faut jouer sur tous les leviers, dont l’un est la baisse de la mobilité, naturelle par l’augmentation de la part des gens âgés dans la population, et par le télétravail, mais contre-carré par l’étalement urbain.

 

Lire : Décarboner la mobilité dans les zones de moyenne densité
Les solutions auxquelles vous pensez ne sont sûrement pas les plus efficaces.
Un programme du Gouvernement français, à l’intention des entreprises et territoires français, au service des citoyens de France.

Un Plan d’action en 6 axes——-

Au-delà des projets techniques et industriels il y a les territoires, et un plan d’actions bien engagé selon 6 axes.

-1- Un facilitateur. Il doit vous aider dans le labyrinthe des administrations. Sera en place dès la semaine prochaine.

Julie Gozlan. tel 01 40 81 87 79

Elisabeth Borne a évoqué une entreprise de remorques électriques pour vélo qui avait mis plusieurs mois avant de savoir si elle avait le droit de les mettre sur la route… 

-2- Projet de décret relevant le seuil des marchés sans appel d’offre pour les PME, jusqu’à 100 000 € au lieu de 25 000 €.

Une étude sur les « partenariats gratuits » entre collectivités et entreprises sera menée, afin d’en faciliter la valorisation.

-3- Des financements. Par exemple il y a 2 millions d’euros sur Vélo et territoire (nous en avions parlé en avril dernier) et 40 millions pour les véhicules autonomes.

-4- Une plateforme collaborative pour recenser les idées déjà mises en oeuvre et éviter à tous de réinventer l’eau chaude. Pilotée par l’ATEC et le CEREMA. Ouverture prévue en janvier 2019.

-5- De la formation, notamment par l’IHEDATE (Institut des hautes études en développement et aménagement du territoire européen), créé il y a une dizaine d’années par Michel Savy, un ancien de la DATAR, dont le conseil scientifique est présidé par Pierre Veltz.

-6- Ingéniérie territoriale. Ce n’est peut-être pas réinventer les 5 ou 6 CETE d’antan (les agences du CETUR), mais c’est quand même créer un réseau d’experts capables d’identifier les besoins et évaluer les innovations. 

Enfin, Thomas Cazenave, délégué interministériel à la transformation publique, a présenté le dispositif France expérimentation, qui avait été créé par le ministre de l’Economie du précédent gouvernement. Ce dispositif doit faciliter les dérogations pour expérimentation grâce à des appels à projet si ça bloque au niveau législatif, ou plus directement si le problème est d’ordre réglementaire. 

 

 

Un nouvel appel à projets sur les nouvelles mobilités a été lancé mercredi. Il s’agit toujours de projets qui ont besoin de dérogations législatives ou réglementaires, ou qui posent des problèmes liés à leur application. Clôture le 14 décembre. Encore une chance pour le vélo !!! 

 

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1 thought on “Dans les « nouvelles mobilités » le vélo sauve sa peau

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