10 000 vélos électriques d’un coup, bientôt en location en Ile-de-France

10 000 vélos électriques seront bientôt disponibles d’un coup à la location en Ile-de-France. Nous vous l’annoncions dès la proclamation du lauréat de cet appel à projet d’Ile-de-France Mobilité, la société Fluow. On en sait davantage aujourd’hui. 

Ce vendredi 21 décembre 2018 a été signé en public l’acte officialisant la création de la société Fluow, créée par le groupement retenu pour opérer cette location de vélos dans le cadre d’une délégation de service public de 6 ans.

Le service a pour nom Veligo-location, ce qui souligne bien son appartenance à Ile-de-France mobilité (Veligo étant le nom des garages à vélos en cours de déploiement dans les gares). Ce sera le plus grand service de location de VAE d’Europe.

Fluow a été créé par 4 entreprises de tailles très différentes, qui vont soit changer d’échelle, soit élargir fortement leur domaine d’activité.

Il s’agit de :

Cyclez, une toute petite entreprise francilienne, dont le patron, Charles Poretz, a fait la proposition du montage qui s’est révélé gagnant. Il est spécialiste de la création et de la gestion des flottes de vélos d’entreprise, et a développé un fort intéressant arsenal de solutions d’accompagnement et de formation. Il nous l’a expliqué dans l’émission Rayons Libres du 23 décembre. 

Velogik, une PME lyonnaise, spécialiste de la gestion et de l’entretien des vélos en location. Nous l’avons souvent rencontrée sur les sites de vélos en libre-service.

Transdev, opérateur français de lignes de transports publics dans 20 pays, filiale de la Caisse des Dépôts et de Veolia. Il a l’habitude des DSP et des aspects financiers, et dispose de nombreux parkings. 

La Poste, qu’on ne présente plus mais qu’on devrait. Depuis que la distribution du courrier a fondu comme neige au soleil et que la téléphonie lui a échappé, le groupe La Poste passe son temps à chercher des nouvelles activités. Elle est devenue une banque, un service d’assistance aux personnes isolées, un délégué de la pharmacie, un supplétif de Gares et Connexion pour la surveillance des gares pas fermées mais néanmoins abandonnées, etc comme nous l’indique fort à propos un article du Parisien du 24 décembre. La Poste a l’habitude de l’entretien des vélos à assistance électrique puisqu’avec ses 23 000 VAE elle a déjà la première flotte d’entreprise du monde. Elle dispose aussi d’un tas d’entrepôts désormais sous-utilisés, connaît bien les questions d’assurance ainsi que les systèmes d’information. C’est son département Bemobi, dédié à la mobilité, qui intervient ici.


En pratique la nouvelle société commence tout juste à prendre ses marques, mais elle a déjà recruté son directeur, M. Raffin, ce qui pourrait lui éviter de patiner comme l’a fait Smovengo, la société constituée pour opérer le marché des vélos en libre-service grand-parisiens. 

Elle fonctionnera avec des sous-traitants, dont pourront faire partie les entreprises des 4 associés. Elle commencera par une phase de test, avec 100 personnes, ce que n’avait pu faire Smovengo.

L’idée est que tout démarre en septembre 2019, avec 10 000 vélos d’abord, et le double plus tard si tout va bien.

Rendez-vous en septembre prochain

La présidente du Conseil régional et d’Ile-de-France mobilité, Valérie Pécresse, veut donner un nouveau souffle au vélo, et lui faire atteindre 15% des déplacements à l’échelle de sa région. Elle voulait un vélo adapté aux territoires très divers de sa région, qui vont de la campagne de fermes et châteaux jusqu’aux banlieues lacérées d’autoroutes, ou des plaines aux coteaux. 

Le prototype du vélo est prêt. Il est construit à Romilly-sur-Seine par CyclEurope et a une selle au réglage facile, une boîte devant pour mettre l’ordinateur de poche, un très solide porte-bagages arrière pour le siège enfant et des sacoches, un panier devant, 3 vitesses, 3 niveaux d’assistance, des pneus gros pour le confort et costauds pour limiter les crevaisons. La batterie est semi-intégrée dans le cadre pour diminuer les risques de vandalisme. L’autonomie théorique est de 75 km. La seule faiblesse que j’ai vue est que le moteur est dans la roue avant, ce qui déséquilibre l’engin (c’est pour ça qu’on n’en met plus dans les bons vélos). Mais il s’agit de location, et les citoyens ne seront pas pris en traîtres : les vélos seront géo-localisables grâce à une puce et l’assistance pourra être coupée à distance. 


Les vélos seront loués -pour 6 mois maximum- aux particuliers, qui devront donc en prendre soin, au prix de 40€ par mois. 200 points de location et plus 50 vélocistes devraient être mobilisés.
Le pari que fait Ile-de-France mobilité c’est qu’après 6 mois vous soyiez convaincu et deveniez propriétaire de votre propre vélo. C’est ce qu’avait fait Bordeaux en son temps. Il sera alors intéressant de comparer les achats de vélos aux achats de vélos électriques.

Je suggère aussi un suivi des locataires : qui loue, qu’en font-ils, que se passe-t-il après ? 

J’ai trouvé ce vélo très agréable
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3 réflexions au sujet de “10 000 vélos électriques d’un coup, bientôt en location en Ile-de-France”

  1. Ayant trempé par dans cette affaire, par le biais de mes relations au Conseil Régional d’IdF, j’avais défendu -et on m’avait assuré que ce serait le cas- 6 mois renouvelables une fois, afin de pouvoir cibler le public des lycéens et étudiants. Je m’étonne et suis inquiet de ne pas retrouver ce point important dans ton article.

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