Razemon se résume : les plus gênants ne sont pas ceux qu’on croit.

Sur la mobilité, l’exposition présentée aux Archives nationales pose les questions. Le dernier livre d’Olivier Razemon nous donne des réponses. Les idées préconçues sont souvent trompeuses … Chronique impatiente de la mobilité quotidienne.

Il le fait avec un petit air guilleret que la jolie mise en page accompagne fort bien. Le livre est composé des meilleures chroniques de son blog, parfois remises dans leur contexte ou actualisées, et, surtout, classées par thèmes. C’est un parfait catalogue, en version vivante, des données qui recadrent, ou des vérités qu’il est bon d’avoir en tête. Il y a aussi pas mal d’anecdotes révélatrices comme sait les conter Olivier. C’est souvent drôle, et souvent important. 

En voici quelques exemples :

Vive le train. 
– Ce que les gens attendent vraiment du train. La rapidité? pas du tout.

Les idées reçues. 
– Qui fraude ? Les loubards ? et bien non ….
– Qui émet le plus de CO2 ? Les ouvriers et leurs vieilles bagnoles ? Non, les plus diplômés
– 30% de la population n’a pas accès à l’internet et encore moins au smartphone. 10% seulement de la population est la cible des concepteurs d’applications et autres « start’up innovantes ».

L’énorme potentiel du guidon
– La bronca des parlementaires contre Ségolène Royal
– Vélib’, l’arnaque de l’année (pour les touristes)
– Les poncifs anti-vélo
– Pourquoi les cyclistes commettent-ils autant d’infractions?
– Les Plans vélos parisiens successifs
– Pourquoi les piétons critiquent tant les cyclistes ? Je vous laisse découvrir …

Les chroniques sont datées mais ne datent jamais. C’est un livre à lire joyeusement, mais c’est aussi une sorte de livre-ressource pour toute personne désireuse de débattre de mobilité en ayant les outils pour démasquer les contre-vérités, et savoir tenir tête. Je ne sais pas si j’y ai appris quelque chose, mais je sais que cela m’a remis en mémoire pas mal de connaissances, et que j’en ai compris de nouvelles. La réalité doit se faire plus forte que les préjugés, nous le savons bien et Olivier y aide. Un livre à avoir sous le coude au moment de rédiger votre contribution au Grand débat. 

Chronique impatiente de la mobilité quotidienne.
Olivier Razemon,
Rue de l’Echiquier, janvier 2019, 18 €

Rencontrer l’auteur

Olivier Razemon s’est beaucoup déplacé depuis deux ans et demi pour propager la notion de centre-ville moribond. Aujourd’hui il aspire à l’immobilité. Pour le rencontrer il ne faudra donc pas reculer. 

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7 réflexions au sujet de “Razemon se résume : les plus gênants ne sont pas ceux qu’on croit.”

  1. « 30% des français n’ont pas accès à Internet ». Les infox ne sont pas toujours là où on les attend!
    Nouvel exemple de choix de statistiques en fonction de ses convictions et de la posture qu’on défend. Quelle source? Quelle année? Nouvel exemple de la toxicité des statistiques qui nous inondent car elles sont la plupart du temps dévoyées.
    Une rapide recherche montre qu’aujourd’hui, près de 90% des français ont accès à internet.
    Pour les 10-15% qui manquent, que sait-on des raisons? Peut-être qu’ils ne sont pas en situation d’être connectés, peut-être qu’ils ne le veulent pas? Cette « erreur » laisse pantois et me fait douter de l’ensemble du contenu, s’il est réalisé avec la même rigueur.
    Tout cela est contre-productif. La preuve, ce blog intéressant, en reprenant l’info sans la vérifier, propage cette « infox », à son corps défendant j’en suis sûr.

    • Et d’abord êtes-vous sûr que je ne me suis pas trompée ? C’est page 91 du livre. Ensuite je n’ai pas écrit « des français » car je n’aurais pas fait la même faute que vous.
      Je viens de vérifier, je ne me suis pas trompée. Je recopie le dernier sous-titre : Les « offlines » (30%). Il y a aussi la source : TNS Sofres, pour Netexplo et Keolis.
      Enfin, je ne « reprend pas une info sans la vérifier », je témoigne du contenu d’un livre à seule fin de vous donner l’idée de le consulter vous-même.

  2. Donc : quelle année, quelle géographie?
    Vous avez raison de distinguer entre rédiger un article et rendre compte. Il n’empêche, extraire une stat d’un livre dans le témoignage concoure à diffuser une information non précisée.

  3. @Vince, ma mère, 93 ans, a une box « internet » qui ne sert qu’au téléphone. Elle a aussi un « smartphone » adapté à son age et son handicap. Vous la comptez probablement dans les personnes connectées.

  4. Je vous invite à relire l’article d’où est issu ce passage du livre. L’expression « offlines » choisie par Keolis et Netexplo ne s’applique pas aux personnes qui ne disposent d’aucun accès à Internet, mais à celles qui sont « peu équipées » et peu utilisatrices d’Internet : Parmi eux, les « isolés » (20%) habitent des villes moyennes ou des territoires ruraux, affichent des revenus modestes et ont peu l’occasion d’emprunter les transports en commun. On notera que 15% d’entre eux ont moins de 24 ans. Les fragiles (10%) « connaissent de vraies difficultés ». Leur équipement se résume au « 1.0 » et ils n’utilisent même pas le GPS.

    • Merci d’avoir mis le lien vers l’article très intéressant et effectivement, beaucoup plus précis, plus informatif qu’une simple stat brute. J’avais cherché sur votre site mais pas trouvé. Sans vouloir polémiquer plus que nécessaire, vous conviendrez que j’ai quand même bien lu:
      « 30% de la population n’a pas accès à l’internet » … et que votre article aussi bien que l’extrait que vous donnez ci-dessus donne une information bien différente.
      In fine il me semble que cet exemple démontre la justesse du propos: des stats sorties de leur contexte, « résumées », non expliquées, sont contre-productives. Soit elles décrédibilisent inutilement, soit elles propagent des infos fausses ou partielles, même non intentionnellement. Je conviens cependant que le ton employé était inutilement agressif et présente mes excuses.
      @Bertrand: je parle de stats produites en masse qui donnent la couverture de foyers connectés (ce qui correspond à la phrase « 30% de la population n’a pas accès à l’internet ») et donc une potentialité d’usage, ce qui est différent d’un usage effectif. L’intérêt de l’étude mentionnée par Olivier Razemon est de comprendre la différence entre potentialité et réalité des usages. Avec cette précision, tout le monde peut comprendre et tout va bien ;-).

  5. [Note de lecture] par O. Razemon : « Les chroniques sont datées mais ne datent jamais. C’est un livre à lire joyeusement, mais c’est aussi une sorte de livre-ressource pour toute personne désireuse de débattre de mobilité en ayant les outils pour démasquer les contre-vérités, et savoir tenir tête. » C’est exactement ce que j’ai voulu faire. Merci Isabelle Lesens!

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