Grand débat et petites décisions

Allô vélo ? ça fuite de partout
Des lauréats nationaux et des nouvelles actions, tout sur la place du vélo en ces temps de grandes déclarations annulées. 
Les annonces cachées de Macron, les lauréats des appels à projet, les ZFE, le vélo à l’école, la perte des directeurs sportifs … et une pétition pour les vélos dans les trains. 

  • Les annonces avortées du Président
  • Le vélo à l’école
  • Le ménage des directeurs sportifs
  • France-mobilité, les lauréats
  • Vélo et territoires, lauréats
  • Zones à faible émission
  • La pétition Mon vélo dans le train

Les annonces du président de la République

Ça a fuité avant que l’incendie de Notre-Dame ne soit éteint. Les mesures que le Président de la République comptait annoncer suite à l’embrasement dit des gilets-jaunes ne parlent pas de mobilité, selon Public Sénat. Le Monde du 19 a pourtant aperçu quelques mots sur la mobilité, que j’ai trouvés dans le Lundimatin du 16 avril, sous le titre Exclusif : Le discours qu’Emmanuel Macron n’a pas prononcé le 15 avril : Creux, pompeux et ennuyeux. Rien de neuf, la prime à la mobilité pourrait exister … Le Canard enchaîné, le 17, dit sobrement que le Président avait eu du bol…

Pourtant plus de 25% des participants au Grand-débat ont mentionné le vélo dans leur contribution, soit 70 328 contributions, comme l’a montré Velook, ce qui ouvrait un boulevard. Ce sont très majoritairement des citoyens qui ont parlé de vélo, très peu d’élus ou d’organisations, relèvent les responsables de ce site dédié aux vélos d’occasion. Les régions où il y a eu le plus d’interventions sur le vélo sont  l’Alsace, la côte d’Azur, le Languedoc, la région bordelaise et la région nantaise.

Un tiers des automobilistes disent être prêts à renoncer à l’être, nous dit le journal Le Monde. La moitié des urbains pensent que la réduction de la place de l’automobile est une bonne chose, selon l’IFOP cité dans l’article. Un boulevard, vous dis-je. 
On ne connaît pas encore la date de la nouvelle prise de parole du Président.

Le vélo à l’école

Autre fuite, ou parution avant la date autorisée (le 17 au soir), la présentation, elle aussi annulée, du dispositif d’apprentissage scolaire généralisé du vélo. La Fub le demandait avec grande insistance. C’est un programme qui propose aux enfants de 6 à 11 ans, de suivre une formation encadrée de 10 heures réparties en 3 étapes : 

1 – Savoir pédaler = maîtriser les fondamentaux du vélo.
2 – Savoir circuler = découvrir la mobilité à vélo en milieu sécurisé. 
3 – Savoir rouler à vélo = circuler en autonomie sur la voie publique.

Ce dispositif va évoluer au fil du temps et l’on ne peut encore parler de généralisation car il repose sur les moyens existants, associations, lieux, etc. Ce dont on est sûr c’est que ce sera « dans le cadre scolaire », en primaire, avec remise d’une attestation, à défaut de diplôme. Le nombre d’heures et le programme sont prêts, et le tout est organisé par … le ministère des Sports, pas des Transports ! Ils sont les seuls à avoir l’habitude de faire des formations sur le terrain. Pour commencer, ce sera gratuit ou payant selon les cas, et obligatoire ou non, selon les lieux. La  question que j’aurais posée c’est : Si besoin qui va payer les vélos et les animateurs ? Les communes ?

J’aurais pu aussi m’étonner d’assister à la présentation de quelque chose qu’on est censé trouver, comme la prime à la mobilité du discours non public du président, dans une loi qui n’est pas encore votée (voir : Premier vote pour la Loi des Mobilités).

Article bien informé sur LCI. Site dédié Savoir rouler à vélo.

Le ménage des directeurs techniques sportifs

Une autre fuite a bien été diffusée, c’est celle qui indique que le ministère des Sports allait faire le ménage dans ses directeurs sportifs, fournis gratuitement à de nombreuses fédérations sportives. Parmi elles celle du cyclotourisme risque d’en souffrir plus que d’autres, puisqu’elle n’a de rentrées sûres, après celles issues de divers labels et autres bricoles, que celles de ses adhérents. La FF participe au dispositif Vélo à l’école … 

France mobilité

Consolation instructive, la « french mobility », du ministère des Transports, est devenue France mobilité, quand je l’appellais opiniâtrement Mobilité à la française. L’an dernier il y avait 4 lauréats qui parlaient de vélo, et cela ne m’avait pas enthousiasmée. 
Les lauréats de cette fois-ci parlent peut-être de vélo, peut-être pas, plutôt pas je crois. La liste et les détails sont sur le site.

Vélo et territoires

112 lauréats aussi pour Vélo et territoires, lancé par le ministère de la Transition énergétique sans lien avec l’association du même nom. Les projets retenus comportent pour près de 90% d’entre eux des études de planification des aménagements cyclables. 56% proposent d’expérimenter des services (location, partage, réparation et entretien, apprentissage du vélo à l’école…) et 62% veulent recruter quelqu’un pour s’en occuper. On est sûr d’une chose, c’est que pas grand’chose ne sera fait avant l’arrivée de la prochaine équipe municipale (élections en mars 2020). Il faudrait éplucher les 112 dossiers et enquêter pour être sûr que les projets ne se seraient pas faits de toutes façons, et surtout s’ils ont une chance d’être de qualité.
Cet appel à projets ne concernait que des territoires de moins de 250 000 habitants : « le vélo est dorénavant considéré aussi comme une solution de mobilité en dehors des métropoles, tantôt à part entière, tantôt complémentaire des autres modes (en particulier du train) » se félicite le ministère, selon le magazine Actu-environnement. Le GART se félicite aussi : « un succès qui confirme la progression du vélo comme solution de mobilité dans tous les territoires ». Déjà cela est une belle avancée. C’est l’ADEME qui pilote. 

Zones à faible émission

19 collectivités vont devenir Zones à faible émission (ZFE : zèdefeu !). Elles ont été choisies dans le cadre d’un appel à projet du ministère des Transports. Le principe consiste en la possibilité pour une collectivité de limiter l’accès à une partie de son territoire aux véhicules les plus émetteurs de polluants atmosphériques, pendant une période donnée (jours, heures, etc.) et selon des critères de son choix. Sous un autre nom, nous avons déjà 3 « zones à circulation restreinte », Grenoble, Strasbourg et Paris. Il y en a 231 en Europe.
Les nouvelles, toutes des métropoles ou communautés urbaines, avec le nouveau nom, seront Lille (péage inversé), Plaine commune (agglo autour de Saint-Denis, au nord de Paris), vallée de l’Arve (3 communautés autour de Chamonix), Aix-Marseille, Toulouse, Montpellier, Lyon, Saint-Etienne, Grand-Paris, Toulon, Arras, Clermont-Ferrand, Nancy, Annecy, Valence-Romans, La Rochelle, Fort de France. C’est encore l’ADEME qui pilote l’affaire.

Dans les associations d’usagers

L’AF3V a un nouveau président, le Lillois Julien Dubois, fonctionnaire territorial. L’AF3V a représenté les usagers et les Maîtres d’ouvrage au comité pour la révision du schéma national des véloroutes et voies vertes. Grâce à eux des régions se sont mobilisées et ensemble ils ont évité un bon nombre de suppressions. L’AF3V s’impose comme participant incontournable de l’écosystème véloroutes et voies vertes, et mise de plus en plus sur leur utilité en termes de déplacements et d’inclusion.  

Cyclo-camping international a aussi renouvelé ses instances dirigeantes, mais le plus intéressant pour l’heure c’est qu’ensemble, à l’initiative de CyclotransEurope et avec de nombreuses autres associations, ils vous appellent à signer une pétition pour le transport des vélos dans les trains. Je vous l’avais dit, rien n’est encore gagné, ni à l’Europe ni en France. La position des sénateurs a été en retrait sur ce sujet, il ne faudrait pas que l’histoire nous passe sous le nez avec les députés ! 

Pétition
Mon Vélo Dans Le Train.
Embarquer les vélos dans les trains et dans les cars. 

Pour l’instant nous n’avons pas grand’chose d’autre à nous mettre sous la dent…

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1 réflexion au sujet de “Grand débat et petites décisions”

  1. Les ZFE ne sont pas des zones interdites aux véhicules les plus polluants, mais aux véhicules qui ne respectent pas certaines normes sur la pollution.

    Quelle est la différence ?

    La différence, c’est que la norme autorise un certain niveau d’émissions en fonction de la puissance du véhicule. C’est d’ailleurs normal : on ne peut pas exiger d’un 38 tonnes qu’il émette aussi peu qu’une toute petite voiture.

    Autrement dit :

    Une voiture autorisée dans la ZFE émet moins de polluants qu’un véhicule interdit de même catégorie (puissance, poids…) car la norme à laquelle il répond est plus restrictive que celle du véhicule interdit. Mais une grosse voiture autorisée dans la ZFE peut très bien polluer beaucoup plus qu’une petite voiture interdite, car la norme est plus permissive pour la grosse.

    Or, actuellement, la mode est au remplacement des petites voitures par des grosses. Je l’ai d’ailleurs lu sur ce blog : « la prime a la casse a surtout dopé les ventes de SUV » (ou quelque chose comme ça… je ne sais plus dans quel article c’était).

    Pour les ZFE, l’effet est le même.

    Maintenant, si on prend en compte le coût environnemental de la production de véhicules neufs et de la destruction des anciens véhicules, il est à peu près certain que le bilan global des ZFE est négatif, quand bien même il serait localement positif (ce qui n’est pas prouvé).

    Les ZFE sont surtout de la poudre aux yeux pour faire semblant qu’on avance, et éviter les mesures plus radicales (mais plus efficaces) consistant à réduire fortement l’usage de l’automobile en ville. Pour l’environnement, elles n’ont aucun intérêt (au contraire : elles entretiennent le système automobile de la pire manière qui soit, en provoquant la destruction et la production de véhicules).

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