Au Québec le casque reçoit un avis mitigé de l’autorité de santé publique

La ministre des Transports l’a dit, elle ne veut pas rajouter des obligations. La pression sociale pour le port du casque est pourtant très forte, à l’intérieur des organisations mais aussi de la part du grand public. Un rapport officiel sur les effets de l’obligation du port du casque vient d’être rendu public. Il laissera les pros et anti casque sur leurs positions. Voyez pourquoi. 

La ministre française des transports, Elisabeth Borne, l’a pourtant dit clairement, on n’obligera pas les … adultes à porter un casque (elle n’aurait pas pu désavouer en public le délégué à la Sécurité routière !). C’était pendant la discussion à l’Assemblée Nationale sur la règlementation concernant les EDP : « Si on devait imposer le port du casque, ce serait [d’abord] pour les piétons. »

« Aucune étude ne permet de conclure s’il sauve plus de vies qu’il n’en coûte« 

Malgré ma synthèse qui apparaissait comme définitive, publiée dans Elles font du vélo à l’occasion de la décision de rendre le port du casque obligatoire aux gamins, et sous forme de liste d’articles dans Isabelle et le vélo, re-publiée un an plus tard sous le titre de Un an de casque et toujours pas de preuves (24 mars 2018), il y a toujours autant de pression sociale pour le port du casque. 

A la fin de l’article de mars 2018, je faisais état d’un avis alors tout récent de l’Institut national de santé publique du Canada. Le rapport définitif (de mars 2018) venant d’être rendu public, c’est l’occasion de reparler de notre cher casque. 

Il s’agit d’un rapport de littérature scientifique. Les auteurs se montrent donc d’une prudence de Sioux, quitte à n’être pas loin d’affirmer tout et son contraire. Ils disent surtout qu’il faudrait pouvoir faire de vraies études … mais suggèrent quand même que le casque est loin d’être miraculeux, autrement dit « s’il était miraculeux cela se saurait« .

La sécurité des cyclistes : importance du casque de vélo et pertinence de le rendre obligatoire au Québec.

Avis scientifique de l’Institut national de santé publique du Québec
Mars 2018 

Extraits
Les passages entre crochets et les mises en gras ou en couleur autres que l’orange sont de la rédaction du blog.

[Les faits vous donnent tort]

Messages clés

Au Québec, les blessures à la tête sont une cause importante de décès et d’hospitalisations chez les cyclistes. 

Le casque de vélo est très efficace pour prévenir les blessures à la tête chez tous les cyclistes, que ce soit lors d’une chute à vélo ou lors d’une collision avec un véhicule motorisé. 

Les campagnes de promotion ciblant les moins de 18 ans sont efficaces pour augmenter le port du casque de vélo surtout si elles sont implantées à l’échelle d’une communauté et si elles sont accompagnées d’un programme de distribution de casques gratuits. 

Au Québec, le port du casque de vélo a considérablement augmenté depuis 2010 pour atteindre une moyenne de 53 % en 2014. Dans certaines régions, cette proportion était d’environ 70 %, ce qui se rapproche du maximum de 80 % atteignable avec une loi rendant le port du casque de vélo obligatoire. Chez les 5 à 9 ans, le port du casque atteignait 78 %. 

[Et pourtant …]

Les études ayant évalué l’effet des lois rendant le port du casque de vélo obligatoire suggèrent que ce type de loi peut contribuer à réduire le nombre de décès et d’hospitalisations chez les cyclistes, mais il est difficile de conclure avec certitude sur un tel effet protecteur compte tenu des limites de ces études et des résultats parfois contradictoires. 

La possibilité que ce type de loi ait pour effet de réduire la pratique du vélo ne peut pas être exclue, en particulier chez les jeunes, ce qui est préoccupant parce que : 

 la pratique du vélo est difficilement remplaçable par une autre activité physique; 

 une diminution de l’activité physique, notamment le vélo, a un impact négatif sur la santé; 

 la pratique de l’activité physique en bas âge est un bon prédicteur de l’activité physique à l’âge adulte. 

D’autres mesures que le casque de vélo sont disponibles pour promouvoir la sécurité des cyclistes dont le développement d’infrastructures cyclables sécuritaires qui permettent non seulement de prévenir l’ensemble des blessures pouvant survenir à vélo, mais aussi de promouvoir la pratique du vélo. 

3.3 Faits saillants 

  • Au Québec, entre 2001 et 2011, 24 décès liés à la pratique du vélo ont été dénombrés annuellement.
  • La majorité (92 %) des décès liés à la pratique du vélo sont survenus sur la voie publique lors d’une collision avec un véhicule motorisé (82 %) ou sans véhicule motorisé (18 %). 
  • Les blessures à la tête ont contribué à 60 % des cas de décès chez les cyclistes québécois [soit 14 décès par an, 60% des décès à vélo].

4.4 Discussion sur l’efficacité du casque de vélo

Le casque permettrait d’éviter 82 % des blessures sérieuses ou sévères au crâne, 72 % des blessures intracrâniennes sévères et 80 % des plaies ouvertes. Finalement, il permettrait de sauver des vies en évitant au moins 2 décès sur 3 chez les cyclistes [les 60% ci-dessus]. 

5-4

Les effets négatifs associés au port du casque de vélo souvent mentionnés dans la littérature n’ont pas été démontrés scientifiquement. Les effets étudiés sont les suivants : une prise de risques plus importante chez les cyclistes casqués, le dépassement plus rapproché par les automobilistes des cyclistes casqués et un risque plus grand de blessures au cou.
[ces résultats ont été obtenus expérimentalement, mais pour qu’ils le soient « scientifiquement » il faut des « cohortes » bien plus importantes et que toute l’étude soit bien organisée.]

7.2 Impact du port du casque de vélo au Québec

 Il s’avère que le niveau de port du casque estimé en 2014 a permis d’éviter 6,2 décès en moyenne, chaque année (sans le casque, il y aurait eu 20,6 décès au lieu de 14,4 décès en lien avec une blessure à la tête chez les cyclistes, [soit 6 morts de plus si le casque n’était pas porté] ).
Fait à noter, les décès évités et les décès évitables se retrouvent en très grande majorité chez les hommes ainsi que chez les 18 ans et plus. [c’est-à-dire chez … les adultes masculins ! suivez donc mon regard !]

8.1 Efficacité des campagnes de promotion du casque

[cette promotion est surtout efficace si elle s’exerce dans les « communautés (de cyclistes)» et si elle s’adresse aux moins de 18 ans (ou même moins de 12 ans)]

8.2 Effets d’une loi rendant le port du casque de vélo obligatoire sur la proportion des personnes qui le portent

[Cette proportion augmente.]

8.4 Effet d’une loi rendant le port du casque de vélo obligatoire sur la diminution des blessures à la tête chez les cyclistes 

À la lumière des études recensées, il est impossible de conclure à l’efficacité des lois obligeant le port du casque pour réduire le risque de blessures à la tête.
Plusieurs études ne rapportaient aucune baisse après l’adoption d’une loi et plusieurs de celles qui en rapportaient l’attribuaient en partie à d’autres facteurs que son effet protecteur.
Mentionnons en particulier la diminution de la pratique du vélo possiblement à la faveur d’autres activités non assujetties à l’obligation de porter un casque, telles que la planche à roulettes, la trottinette, le patin à roues alignées, etc.

En d’autres termes, comme les études contrôlent rarement pour la pratique du vélo, il est impossible d’écarter l’hypothèse que la baisse des blessures à la tête observée soit due à une diminution dans la pratique du vélo, spécialement chez ceux qui ne portaient pas le casque avant l’introduction de la loi. De plus, les limites rapportées (…) sur le peu d’information de ces études quant aux effets à long terme et le processus d’implantation s’appliquent également aux études qui évaluent l’effet de la loi sur les blessures à la tête. Ainsi, bien que la loi augmente le port du casque de vélo, ce phénomène ne semble pas toujours se traduire par une diminution significative des blessures à la tête chez les cyclistes. 

8-4-3 Les résultats observés montrent qu’une loi obligeant tous les cyclistes à porter un casque de vélo au Québec permettrait de prévenir 2,5 décès et 33,2 hospitalisations par année en supposant qu’une telle loi ait pour effet d’augmenter de 20 points de pourcentage le niveau actuel de port du casque avec un maximum de 85 % pour chaque groupe d’âge.
Ces résultats suggèrent que le fait d’obliger tous les cyclistes à porter un casque de vélo au Québec permettrait d’éviter, chaque année, entre 2,5 et 4,5 décès et entre 33 et 57 hospitalisations associées aux blessures à la tête chez les cyclistes.

Une loi s’appliquant uniquement aux moins de 18 ans permettrait d’éviter un maximum d’UN décès et 16 hospitalisations, par année. 

8.5 Effets potentiels de la loi sur la pratique du vélo

Australie : Les études australiennes ont été menées dans l’état de Victoria  et dans celui de la Nouvelle-Galles-du-Sud. Dans ces deux états, la loi oblige tous les cyclistes à porter un casque de vélo depuis 1990 ou 1991.
Dans l’état de Victoria, au cours de la première année suivant l’introduction de la loi, il y a eu une diminution de 36 % du nombre de cyclistes âgés de 5 ans et plus par rapport au nombre de cyclistes observés un mois avant l’introduction de cette loi.
Il s’avère que l’ampleur de cette diminution variait selon l’âge :
-24 % chez les 5-11 ans; -46 % chez les 12-17 ans et -29 % chez les 18 ans et plus.

Deux ans après la loi, la diminution du nombre de cyclistes était beaucoup moins importante chez ceux âgés de 5 à 11 ans (-9 %) et chez les adultes (-5 %), mais [cette diminution de la pratique] était toujours aussi importante chez ceux âgés de 12 à 17 ans (-43 %). 

On ignore si le nombre de cyclistes a commencé à diminuer avant la loi et si la diminution du nombre de cyclistes peut être due à d’autres facteurs que la loi. De plus, ces études ne permettent pas de suivre l’évolution de la pratique du vélo au-delà d’une période de 2 ans après l’introduction de la loi. 

Nouvelle-Zélande : Une seule étude a été menée en Nouvelle-Zélande. Dans ce pays, une loi oblige tous les cyclistes à porter un casque de vélo depuis 1994. Les résultats de cette étude montrent que le nombre d’heures à vélo par année-personne a diminué de 40 % dans ce pays entre 1989-1990 et 1997-1998. Il est impossible de savoir si le nombre d’heures à vélo a commencé à diminuer avant la loi ni si d’autres facteurs que la loi ont contribué à la diminution du nombre d’heures à vélo.  

Canada 

Alberta : Le port du casque de vélo est obligatoire pour les cyclistes âgés de moins de 18 ans depuis mai 2002.
De 2000 à 2006, le taux de cyclistes par heure a diminué de 56 % et 27 % […] chez ceux âgés de 12 ans et moins et de 13 à 17 ans, alors que ce taux a augmenté de 21 % chez les cyclistes âgés de 18 ans et plus.

Ontario : la loi oblige les cyclistes âgés de 15 ans et moins à porter un casque de vélo depuis octobre 1995. Etudes insuffisantes pour tirer des conclusions.

Québec : pas de baisse, mais en même temps ils ont fait beaucoup de promotion pour le vélo.

USA
[Baisse assez forte.]

Conclusion intermédiaire

[Globalement, les résultats de cette revue de littérature scientifique suggèrent que le port obligatoire du casque de vélo pourrait être associé à une diminution de la pratique du vélo, en particulier chez les jeunes… mais ce n’est pas certain.] 

Guide pour interpréter une nouvelle étude sur le casque vélo
Illustration du commentaire d’Alexandre.
Explications dans le commentaire.

9 Conclusion

Au Québec, de 2001 à 2011, il y a eu en moyenne 24 décès et 887 hospitalisations par année chez les cyclistes. Des blessures à la tête sont diagnostiquées dans 60 % des cas de décès et dans 30 % des cas d’hospitalisations.
Les évidences scientifiques indiquent que le port du casque de vélo peut prévenir entre 50 et 69 % des blessures à la tête. L’utilisation de cet équipement de protection est donc primordiale. 

Bien que la loi augmente le port du casque lors de la pratique du vélo, ce phénomène ne semble pas toujours se traduire par une diminution significative des blessures à la tête chez les cyclistes. 

Bien qu’une loi rendant obligatoire le port du casque de vélo contribuerait probablement à réduire le nombre de décès et d’hospitalisations chez les cyclistes, il est difficile de conclure avec certitude sur un tel effet protecteur compte tenu des limites méthodologiques des études disponibles et des résultats parfois contradictoires. 

On ne peut pas exclure la possibilité qu’une telle loi ait un effet négatif sur la pratique du vélo, en particulier chez les jeunes. Dans le contexte actuel d’épidémie d’obésité et des niveaux élevés de sédentarité dans la population, il importe de s’assurer de ne pas nuire à la promotion de l’activité physique. 

Le casque ne prévient pas toutes les blessures à la tête et, plus important encore, il ne permet pas d’agir en amont pour éviter que ne se produisent des événements provoquant des traumatismes. D’où l’importance d’investir dans la mise en place d’infrastructures cyclables sécuritaires. lesquelles préviennent tous types d’accidents.

Contrairement à l’adoption d’une loi qui divise l’opinion publique et scientifique, le développement d’environnements cyclables sécuritaires fait consensus entre les acteurs qui désirent voir une diminution des traumatismes chez les cyclistes.

L’ensemble des arguments présentés ci-dessus incite à appliquer le principe de précaution, ce qui amène l’INSPQ à recommander de ne pas rendre obligatoire le port du casque de vélo au Québec.
Par ailleurs, l’INSPQ recommande de mettre l’emphase sur le développement d’infrastructures sécuritaires pour les cyclistes partout au Québec.

Ce type d’infrastructure permet d’agir sur tous les cyclistes indépendamment de leur statut socio-économique, ce qui est d’autant plus important sachant que les campagnes de promotion du casque de vélo sont moins efficaces dans les milieux défavorisés et que le pourcentage de port du casque est moins élevé dans ces milieux que dans les milieux plus favorisés.

Même si une loi rendant obligatoire le port du casque de vélo ne paraît pas désirable dans le contexte actuel, il apparaît essentiel d’encourager les Québécois à porter un casque de vélo sur une base volontaire, compte tenu de son effet protecteur, de l’efficacité des activités de promotion chez les jeunes, du nombre croissant de cyclistes au Québec et du fait que les infrastructures sécuritaires ne pourront pas éviter tous les traumatismes à la tête chez les cyclistes.

En conclusion pour la France

Aucun port du casque ne remplacera la sécurisation des routes… mais même après il y aura encore des accidents.
L’obligation du port du casque chez les jeunes risque surtout de leur faire oublier le vélo (Australie, Alberta). Cette obligation, au Québec, aurait pour bénéfice UN mort de moins par an.
Les gains en vies et hospitalisations sont dans tous les cas très faibles

Maintenant que vous avez lu tout ça, probablement en diagonales, vous réfléchissez. « Mais moi je … » . Pensez que les statistiques sont des objets pleins de trous, et que votre propre expérience ou réflexion (ce qui est pire) passe très bien à travers les trous. Le casque ne fait aucun miracle. Il ne provoque que culpabilisation des parents, crainte des cyclistes « si jamais j’avais un accident », et tout bénéfice pour les marchands de casque. C’est donc un objet diabolique qui a provoqué des tonnes d’études à cause de la pression sociale, tout ça pour conclure que … aucune étude ne permet de conclure s’il sauve plus de vies qu’il n’en coûte. Ni ne vous prouve que l’essentiel c’est d’aller à vélo ! Pourtant vous le savez.

Plus qu’un casque, c’est de la sécurité qu’il faut.

Le rapport en entier se trouve ici.

Vous persistez ?
Ce n’est pas faute de ma part d’en avoir parlé !

Un choix. 

Et d’ailleurs, chers lecteurs …

Le choc a fait tomber le jeune cycliste. Ce dernier roulait sans casque. Il a été immédiatement pris en charge par des riverains et ses parents, qui se trouvaient non loin de lui. Souffrant d’un léger traumatisme crânien etc… ses jours ne sont pas en danger

C’était dans : Un enfant de 6 ans en vélo renversé par une voiture, près de Rouen. actu.fr, 25 juin.

Par contre au Havre, selon France3 le 24 juin, Le garçonnet ne survit pas à son accident de vélo. Il faisait du vélo au pied de son immeuble et s’est loupé dans une butte. Il avait 13 ans, l’âge où on ne parle plus de casque, qui n’aurait peut-être pas changé les choses, mais je n’en sais rien, et vous non plus.  » On ne sait pas si ce jeune cycliste portait un casque. » En tous cas pour lui c’est un accident sans auto, sur l’espace privé, un accident domestique, finalement. Comme les chutes d’escabeau ou les brûlures à la cuisinière. 

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10 réflexions au sujet de “Au Québec le casque reçoit un avis mitigé de l’autorité de santé publique”

  1. Personnellement, je n’ai jamais trouvé d’image plus parlante que celle que vous trouverez ici.
    Traduction (de haut en bas et de gauche à droite) :
    « Guide pour interpréter une nouvelle étude sur le casque vélo »
    (pour les pointillés) :
    « Preuve scientifique concluante »
    « ça commence à devenir intéressant »
    « on commence à s’y intéresser »
    les pavés sur les côtés :
    « la dernière étude sur laquelle vous avez lu un article hystérique »
    « un paquet d’études disant que le casque à vélo est efficace »
    « un paquet d’études disant que le casque vélo ne change rien »
    et enfin, pour la partie droite à côté de la grande pile :
    « un paquet d’étude montrant les apports du vélo pour la santé, l’environnement, la vie sociale, etc. »

    Tout ça pour dire : Scientifiquement parlant on sait qu’il est très bon pour plein de raisons de faire du vélo et aucun élément ne permet de dire que faire du vélo avec un casque est statistiquement meilleur que faire du vélo sans casque.
    Conclusion : toute mesure ne favorisant pas la pratique du vélo, avec ou sans casque, est mauvaise pour la santé et pour plein d’autres choses.

    Et sinon, en complément, je suis encore tombé, il y a quelques semaines, dans Ouest-France sur un article relatant un accident entre un cycliste et un automobiliste avec un choc à 80 km/h. Il était précisé que le cycliste ne portait pas de casque. Ce qui est étonnant, c’est qu’il ne me semble pas avoir lu, sur d’autres accidents de la route, des précisions du genre « le passager n’avait pas sa ceinture » ou « le conducteur ne respectait pas les distances de sécurité ». D’autant que ce n’est pas comme si un casque avait pu faire quoi que soit pour limiter les dégâts d’un choc contre un véhicule d’1 tonne lancé à 80 km/h

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  2. Cette synthèse porte-t-elle sur les effets d’une obligation ou sur les effets du port du casque en lui-même ? Au détour de certaines phrases c’est pas bien clair.
    « conclure s’il sauve plus de vies qu’il n’en coute »… « Il », c’est le casque, non ?
    OK, je me suis déjà fait la réflexion que j’ai tendance à dévaler la rue de Menilmontant plus vite casqué que non casqué. Enfin dans mon cas « dévaler » est exagéré.. Je vais aussi un peu plus vite depuis que j’ai découvert les freins de DH (adoptés pour soulager un TMS : freiner fort sans effort, ça change la vie).
    Quoi qu’il en soit, après avoir vu chez mes deux parents, à deux ans d’intervalle, les effets d’un hématome cérébral, je ne m’aventurerai plus à soutenir que le casque mette intrinsèquement les gens en danger (de démence profonde, de handicap, de décès). J’entends les arguments en défaveur du port obligatoire et j’y adhère plutôt (aux arguments), mais j’aimerais lire ici de façon plus explicite que, quand on tombe sur la tête, ça se passe mieux casqué que tête nue… Ne nous interdisons pas de tabler sur une progression du port du casque par adhésion. Par ailleurs, je propose (sans rire) qu’on éradique les bordures de trottoir…

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    • C’est plutôt l’obligation qui est en cause ici, mais avec tellement de précautions que ça donne aussi « obligation, parce que le casque »… En gros ils disent qu’ils pensent que le casque est sans doute utile, mais extrêmement pas souvent. Et que nous manquons de preuves dans un sens et dans l’autre. Donc qu’on n’a pas de bases. Mais que quand même les fois où ça serait utile sont très peu nombreux… et qu’en plus l’obligation ferait sans doute fuir les jeunes, ceux qui, s’ils sont cyclistes en jeune, le resteront encore en adulte et en vieux.

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      • J’ajouterai que je n’ai pas d’avis sur une plus grande vulnérabilité des enfants… Par contre c’est assez évident que quand on tombe, on se fait plus mal à 50 piges qu’à 15 (mon expérience subjective) et, surtout, je recommande vivement le port du casque à tout cycliste qui prend des anticoagulants. Il n’y a pas que les sédentaires qui en prennent. Portez-vous bien!

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  3. Je ne comprends pas que les parlementaires ne se soient pas emparé des nombreux décès dûs aux chutes dans les escaliers, notamment suite au décès de Nicole Bricq. Notre représentation nationale aurait pu proposer :
    – la présence obligatoire d’autocollants sur tous les accès aux cages d’escaliers,
    – le port obligatoire du casque pour les enfants de moins de 12 ans et les adultes de plus de 65 ans,
    – une formation des journalistes, afin que ceux-ci précisent, dans leurs articles relatant des tragiques faits divers, si les victimes portaient un casque.
    Je suis une fois de plus déçu par la frilosité des parlementaires, probablement influencés par le lobby des constructeurs d’escaliers!

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  4. Tout est dit quand tu écris qu’il y a toujours autant de pression sociale sur le port du casque.
    La quasi-totalité des Français n’a pas d’avis motivé sur le sujet. Les quelques dizaines qui parlent de façon rationnelle, sans défendre leur siège d’élu ni des intérêts économiques, savent que le casque réduirait la gravité de quelques dizaines d’accidents et transformerait une dizaine de morts en tétraplégiques, mais qu’il en sauverait beaucoup plus s’il était imposé aux automobilistes et à leurs passagers, aux skieurs, aux patineurs en tout genre …
    Sans oublier que l’obligation dirigerait des cyclistes vers les 2RM et, in fine, induirait plus de victimes dans cette catégorie.
    C’est ce qui explique les conclusions très circonspectes des rares études sérieuses sur le sujet.
    Qu’est-ce donc que cette pression exprimée par exemple par les parlementaires pro-casque ? De la jalousie d’être coincé dans les bouchons tandis que le cycliste s’en joue, de la jalousie de ce cycliste adroit quand je sais à peine tenir en équilibre sur mon vélo, en un mot, de la jalousie de la liberté qu’il a et que je n’ai pas. Rien à voir donc avec la pression sociale pour qu’on rétablisse le « 90 », pour qu’on baisse la CSG, … mais c’est la même que la pression sociale des années 60 pour que le jeune se coiffe et se vêtisse « comme il faut ». Irrationnelle, stupide.

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  5. Il y a une zone d’ombre dans le débat sur le port du casque à vélo : les scénarios d’accident dans lequel le cycliste ne peut empêcher un choc à la tête. Qui sait que l’homologation des casques de vélo ne prend en compte que des chutes à l’arrêt ou à faible vitesse horizontale ?
    En utilisation normale, y a deux configurations principales dans lesquelles le casque est vraiment protecteur : les accidents au freinage (« soleil », perte d’adhérence) et les accidents de « fauche » (un mMotorisé percute le vélo et le cycliste est projeté tête la première sur le capot et le pare-brise).
    Les accidents au freinage sont liés à l’indisponibilité des bras en cas de chute pendant qu’ils actionnent les manettes de freins, voire, pour le soleil, au fait que le corps bascule vers l’avant tête la première.
    Les accidents de fauche sont liés à des chocs à vitesse relative importante – frontal, de rattrapage ou latéral, dans lequel le cycliste n’a pas le temps de parer. Le cas frontal est rare ; le rattrapage peut survenir hors agglomération en l’absence de visibilité et en cas d’allure inadaptée du conducteur rattrapant. Le cas latéral peut survenir en agglomération lorsque un véhicule lancé à plus de 20 ou 30 km/h percute le vélo sur le côté (ex. priorité grillée).
    En définitive, le port du casque à vélo est davantage souhaitable pour des trajets hors agglomération sur des itinéraires non protégés ainsi que pour des trajets en agglomération comprenant des descentes dangereuses (ex. la rue du 4-Septembre à Paris) ou lorsque les chaussées sont mouillées. Il est indispensable lorsque le freinage d’urgence n’est pas maîtrisé, à moins que la progression soit très prudente.

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    • Je me permets de rajouter un scénario à votre « indisponibilité des bras en cas de chute », que j’ai expérimenté (sans le programmer) : la glissade latérale et le choc sur le côté.
      J’ai dérapé dans un rond-point à cause d’une chaussée enduite d’une mince couche de glaise invisible, déposée par les roues des camions sortant d’un chantier voisin et lubrifiée par une petite bruine qui venait de commencer à tomber.
      J’ai chuté sur le côté, à vitesse assez faible. La soudaineté de l’accident m’a empêché de réagir et donc d’atténuer la chute en « mettant la main ». Ma tête a tapé la chaussée de côté et j’entends encore le bruit du casque sur ma tempe. Dire que je me réjouissais (malgré les autres douleurs à l’épaule notamment) d’avoir porté un casque est un euphémisme.

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