Pollution de l’air : la route est coupable et les progrès n’y changent rien

L’agence nationale de sécurité sanitaire le confirme, les particules ultra-fines, le carbone suie et le carbone organique sont causes très importantes d’atteintes respiratoires et cardiovasculaires et de décès anticipés. En outre les progrès sur les véhicules ne suffiront pas : « Seule la réduction du trafic et la promotion d’autres formes de mobilité permettront de progresser ». 

L’agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail publiait le 16 juillet une revue méthodique de la littérature scientifique concernant la pollution de l’air, ses sources et ses conséquences.

Comme nous l’avions vu pour le casque avec l’Institut national de santé publique du Québec, l’organisme public tente une revue de tout ce qui est paru et tente d’en tirer des conclusions. Ici l’Anses considère que se dégagent de bons « niveaux de preuves » permettant d’avancer des certitudes. 

Des effets importants sur la santé (atteintes respiratoires et cardiovasculaires et décès anticipés) sont liés à certaines composantes des particules de l’air ambiant dont les particules ultrafines, le carbone suie et le carbone organique.
Les sources d’émission sont en particulier le trafic routier, la combustion de charbon, de produits pétroliers et de biomasse.   

Concernant les émissions de polluants issues du trafic routier, l’Agence conclut que les évolutions de technologies du parc de véhicules permettront une diminution plus ou moins marquée de la pollution de l’air ambiant selon les scénarios, mais qu’elles seront insuffisantes pour améliorer, à elles seules, la qualité de l’air ambiant dans les agglomérations. 

Je ne vous résume pas tout, les lecteurs les plus scientifiques iront voir par eux-même : Pollution de l’air : nouvelles connaissances sur les particules de l’air ambiant et l’impact du trafic routier.

Pour les autres, voici quelques éléments presque recopiés mot à mot dans le résumé proposé par l’anses.

Les preuves d’effets néfastes sur la santé liés à l’exposition aux émissions issues du trafic routier sont fortes. Les données recueillies depuis 2013 sur le carbone suie, les particules PM2,5 et poussières de route ou encore les particules d’échappement Diesel, confirment ou renforcent le lien avec des atteintes respiratoires et cardiovasculaires et les décès anticipés. 

Les nouvelles données confirment l’effet sanitaire des poussières de désert, notamment sur la santé respiratoire de l’enfant.

L’Anses recommande de cibler en priorité, dans les politiques publiques concernant l’air, trois indicateurs particulaires actuellement non règlementés : les particules ultrafines, le carbone suie et le carbone organique, en complément des indicateurs de particules PM2,5 et PM10 actuellement en vigueur.

L’Agence recommande également de poursuivre les efforts nationaux et internationaux de réduction de la pollution de l’air ambiant en agissant sur les principales sources maîtrisables d’émission: le trafic routier, la combustion de charbon, de produits pétroliers et de biomasse, ainsi qu’en réduisant l’exposition aux poussières de désert.

L’anses ne nie pas que les nouveaux véhicules polluent moins que les anciens, elle dit seulement que cela ne suffit pas. Au-delà de l’émission de particules à l’échappement, il existe aussi un enjeu de réduction des émissions de certains gaz organiques et inorganiques par le trafic (et les autres secteurs émetteurs), car ceux-ci contribuent à la formation de particules secondaires dans l’atmosphère.

Les émissions hors-échappement (abrasion des systèmes de freinage, des pneumatiques…) et la remise en suspension sont à considérer étant donnée notamment leur contribution croissante à la masse de particules dans l’air.

Seule la réduction du trafic et la promotion d’autres formes de mobilité permettront de progresser. 

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1 réflexion au sujet de “Pollution de l’air : la route est coupable et les progrès n’y changent rien”

  1. Le progrès ne suffit pas… et il est de toute façon incapable d’améliorer les choses.
    Ci -dessous un lien vers une étude de l’ICCT (ONG internationale à l’origine de la découverte du Diesel gate) sur les résultats obtenus à Paris par les outils de mesures de pollution en route :
    https://theicct.org/publications/on-road-emissions-paris-201909
    En résumé :
    – même les véhicules Euro6 émettent presque 6 fois plus de NOX qu’autorisé (et près de 5 fois plus que les essences), ces émissions augmentent fortement par forte chaleur (sachant que les NOX sont des précurseurs de l’ozone)
    – les deux-roues motorisés polluent énormément, significativement plus que les véhicules essence Euro6 pour le CO, les PM et les NOX

    Bref, on retombe toujours sur la même conclusion, la seule solution c’est de limiter la circulation des véhicules motorisés

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