Barbara Pompili est nommée ministre de la transition écologique

Barbara avait été candidate écologiste à Paris, à la mairie du 15ème, en 2008. C’était une fille de conviction, et sérieuse. Elle était toujours habillée avec tact et n’élevait jamais le ton. Elle ne fut pas élue, elle a continué son métier d’attachée parlementaire, puis fut élue députée de la Somme. On l’a revue pendant la discussion de la Loi sur les Mobilités, présidente de la Commission de l’aménagement durable. Parfaite de précision et de patience, d’une autorité discrète, ses convictions affleurant sans cesse sans diminuer son professionnalisme. Son entente avec Elisabeth Borne, à qui elle succède ce matin, semblait totale. 

Elisabeth Borne, nommée en mai 2017 ministre des Transports, n’a clairement pas démérité. Elle a patiemment tenu les rênes d’un énorme navire, a eu un emploi du temps démentiel, a failli oublier le vélo qui pourtant figurait jusqu’à l’en-tête de son compte tweeter de ministre des Transports, et l’a retrouvé pleinement au moment du confinement au point de se voir baptisée du sobriquet de « ministre du vélo » alors qu’elle était devenue ministre de la transition écologique (septembre 2019).

Le boulot va être rude pour Barbara Pompili, et va être dans un style différent. Elisabeth Borne est une grande technicienne, les qualifications de Barbara Pompili devraient être plus juridiques. Elles ont toutes deux la discrétion et l’autorité de la chose sûre, et la foi en le vélo. Et moi je suis très contente de la retrouver comme ministre de la Transition écologique, avec les Transports dans son « escarcelle ».

Elle garde Jean-Baptiste Djebarri (aux transports) et Emmanuelle Wargon dans son équipe, et il vaut mieux car le temps est compté ! Au-delà des aménagements tactiques et des divers financements dédiés au vélo, sauront-ils obtenir enfin cette alliance du train et du vélo, gage de toute évolution favorable dans le domaine des « transports du quotidien » selon l’expression d’Elisabeth Borne, mais aussi dans celui du tourisme ? 

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5 réflexions au sujet de “Barbara Pompili est nommée ministre de la transition écologique”

  1. je suis votre blog depuis près d’un an et j’apprécie beaucoup le sérieux des positions que vous défendez. Néanmoins, je ne peux pas m’empêcher de réagir à la troisième phrase de cet article : que signifie « Elle était toujours habillée avec tact et n’élevait jamais le ton » ? C’est bien la première fois que je vous vois commenter la tenue d’un ministre : rien de tel pour François de Rugy ou Jean-Baptiste Djebbari. Heureusement, les tenues vestimentaires de Brune Poirson et Elisabeth Borne n’ont pas été non plus commentées. Par ailleurs, j’espère qu’elle ne restera pas dans une attitude de jeune fille sage et bien éduquée, et saura vous donner tort et hausser le ton quand cela sera nécessaire, ce qui ne manquera pas d’arriver au vu de la composition du nouveau gouvernement.

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    • Eh bien, au risque de paraître totalement réac et probablement machiste, selon l’air du temps, je ne suis pas d’accord avec vous. Isabelle fait un portrait de quelqu’un qu’elle connaît et grâce à son article, elle nous permet de mieux connaître Mme Pompili.
      Ce qui me choque c’est votre réaction. Une sorte de réflexe devenu pavlovien. Encore heureux qu’Isabelle soit une femme et clairement progressiste. Vous le savez puisque vous êtes lecteur du blog. Isabelle aurait été un homme, vous auriez pu utiliser ce mot devenu omniprésent dans les médias : sexisme.
      Je vous invite à réfléchir sur cet épisode. Pensez-vous utile pour cette cause qui semble vous être chère (et tout à fait utile, je suis d’accord) de réagir en distillant le soupçon et d’ainsi accréditer l’idée que le sexisme se cache partout ?
      Permettez-moi d’être en total désaccord avec cette vue. Je pense au contraire que vous participez à la banalisation du combat contre le sexisme et ce faisant, vous l’affaiblissez. Vous êtes une caricature de ce que les citoyens « normaux (non militants) appellent le politiquement correct. Vous êtes selon moi contre productif.
      Bien que parfois en désaccord avec Isabelle, je la soutiens à 100% et l’admire pour sa décision de publier tant son portrait que votre commentaire.

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  2. Il faut qu’elle rende obligatoire les plans de déplacements d’entreprise interentreprise etc sur tout le territoire pour casser l’addiction à l’automobile pour les déplacements inférieurs à 10 ou 20 km, surtout maintenant avec l’avènement des VAE efficaces. Le vélo doit passer un cap, celui de fois 10 dans l’usage. Les PDE, PDA, etc sont le bon outil participatif. Voir le cas STMICROELECTRONICS à Grenoble qui date déjà de 2000.

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  3. Bien habillé ou pas, élevant le ton ou pas, gentil ou pas, compétent ou pas … ceci ne changera pas grand-chose. Cela fait des décennies que des gens plus ou moins « compétents », au joli passé écolo (et souvent ambitieux pour leur carrière) se succèdent dans des gouvernements qui font passer l’argent et l’emploi bien au-dessus de l’environnement. Les résultats sont prévisibles: les équipements vélo avancent à un train de sénateur handicapé, et la voiture dispose toujours de budgets démesurément grands par rapport aux modes doux. Quand on collabore avec un chef de l’Etat productiviste qui place sa réelection et le « pouvoir d’achat » au-dessus de tout, il faut s’attendre à ne pas faire grand-chose au final. Tout est arbitré en haut, par des gens qui se fichent pas mal de la pollution.

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