La révolution du VAE par l’intelligence artificielle

Et si le vélo électrique était déjà vieux jeu ? Celui que nous connaissons est simpliste aux yeux de Maël Bosson, fondateur de la société eBikeLabs. Avec l’intelligence artificielle tout change ! (+ Webinaire le 29 octobre)

Un détecteur de vol qui immobilise le vélo, un détecteur de panne qui annonce le diagnostic et permet une économie sur le nombre de pièces, un modulateur de puissance qui ajuste la puissance de l’aide à fournir… voici un faible échantillon de ce que va permettre l’intelligence artificielle, et qui sera précieux aux gestionnaires de flottes de vélos, pour commencer. 

Pour certains le vélo électrique partagé et ainsi équipé est la solution idéale pour le citoyen, qui n’aura plus à sortir le gros chèque ni à s’occuper de l’entretien ou à craindre le vol. Pour l’entrepreneur, savoir où est la panne et si elle est simple ou compliquée à réparer est un gain énorme, en temps et en erreurs de décision. Pour le constructeur, avoir moins de pièces à assembler est un atout très important. Pour tous, voir augmenter la longueur de vie des batteries est un atout écologique, mais aussi de confort.

L’entreprise a déjà équipé 500 vélos en Europe pour des particuliers, des flottes d’entreprises et des centres de santé. 

La jeune pousse grenobloise eBikeLabs, fondée en 2015, veut rendre les vélos électriques moins chers à la fabrication, moins chers au kilomètre et plus durables. Cela contribuera à convaincre les automobilistes, estime Maël Bosson, le fondateur, qui vient de procéder à sa deuxième levée de fonds. La première, en juin de cette année, avait motivé 400 investisseurs. Celle-ci vise 1000 nouveaux actionnaires, des particuliers qui pourront entrer au conseil d’administration à partir de 100 €, auxquels s’ajouteront des investisseurs professionnels. Soutenue par l’ADEME et InnoEnergy, et travaillant avec les groupes Toyota Tsusho et Allianz, la société eBikeLabs a confié ses levées de fonds à la plateforme WiSEED. La levée en cours est ouverte jusqu’à la fin de l’année. 

L’enjeu est maintenant pour eBikeLabs d’industrialiser les solutions développées, de préparer un développement dès 2023 en France et en Europe, et de renforcer son portefeuille de brevets afin de garantir une différentiation à long terme. « 100 000 vélos équipés de nos solutions pourront être mis en circulation en 2024. ” précise Maël Bosson. 

Aujourd’hui eBikeLabs compte 15 salariés et prévoit 30 nouveaux postes ces prochaines années. Maël Bosson est docteur en mathématiques et informatique. C’est en construisant son propre vélo électrique qu’il s’est rendu compte du manque de maturité technologique de ce qu’il trouvait sur le marché. Je l’ai rencontré au pied des studios de l’ancien bâtiment de Canal+ grâce à Jérome Sorrel, le successeur d’Abel Guggenheim à l’émission Rayons Libres du lundi à 13 h 30. C’est la drôle d’allure de son brompton équipé d’un gros moyeux avant qui m’avait fait m’arrêter…

eBikeLabs

 Pour infléchir le dérèglement climatique et transformer les villes, nous devons changer nos habitudes de mobilité dès aujourd’hui. Les vélos électriques partagés sont un moyen formidable, mais nous devons les rendre plus intelligents et durables. ”

Dans l’électrique les innovations sont fascinantes et multiples, comme le montre un article récent de Capital : Vélo électrique, ces start up tricolores visent le podium. On en parlait il y a deux ans dans Isabelle et le vélo : Des nouveautés au royaume du vélo électrique. A l’approche du salon Autonomy cela pourrait s’accélérer. Les vélos électriques sont-ils encore des vélos, c’est une autre question. 

Webinaire :

Venez rencontrer toute l’équipe, découvrir ou approfondir votre connaissance de notre technologie, ainsi que nos projets d’avenir 🌳💪 à l’occasion d’un webinaire, jeudi prochain, 29 octobre 2020, à 18h.
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7 réflexions au sujet de “La révolution du VAE par l’intelligence artificielle”

  1. La progression est indéniable. Je vais quand même continuer à utiliser mes vieux moteurs chinois rustiques, peu coûteux, faciles à installer et réparer où je choisis tout, y compris le paramétrage du contrôleur. Les systèmes propriétaires coûteux, à obsolescence rapide et qui prétendent réfléchir à ma place sans me convenir à l’usage, je reste dubitatif. Ils conviennent très bien… à leur concepteur. Je n’ai pas besoin d’un vélo 5G, mais d’un engin sûr et durable pour me déplacer, me promener et voyager.

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    • Après avoir assisté physiquement le cycliste avec une prothèse électrique les constructeurs (et l’économie qui tourne autour) vont l’assister intellectuellement pour lui éviter de réfléchir et de voir suivant son parcours, et sa façon de pédaler, si l’autonomie de la batterie est suffisante. Cela n’a plus rien à voir avec le vélo et cette démarche se rapproche davantage … de la gestion informatique des ascenseurs dans les buildings des centres d’affaires.

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  2. Je partage l’avis des autres commentateurs, Ivan Illich doit rigoler lui qui prônait le vélo en tant qu’outil simple à utiliser et à réparer.
    Je devine l’avis du jeune startuper, il a le même argumentaire que pour les automobiles : plus il y a de technologie, plus ça brille. Sauf que l’on sait tous que l’électronique embarquée à démultiplié les pannes dans l’automobile.
    Ou comment mettre de la complexité dans ce qui est simple à la base.
    Bravo pour vos articles dans tous les cas.

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  3. Je suis de l’avis des commentateurs. Mais nous roulons déjà à vélo. Nous ne sommes pas dans la cible.
    Le gros enjeu est de procurer les solutions aux non-utilisateurs.
    Que ça nous plaise à nous ou pas, la question de l’assistance la plus simple possible et la possibilité de se lancer sans rien y connaitre est déterminante dans l’adoption du vélo par le plus grand nombre.
    Avec le temps, les non-utilisateurs seront de plus en plus instruits sur ces questions donc ils sauront, comme nous maintenant, se poser des questions plus pointues et faire des choix différents voire abandonner l’électrique pour revenir à la simplicité des vélos traditionnels (je ne crois pas du tout que le vélo simple et pas cher est et sera dépassé). La demande évoluera.
    Donc je souhaite bon vent à ces start-ups qui doivent se focaliser sur les besoins des non-utilisateurs en fuyant les avis des gens informés comme nous qui ne sommes représentatifs que d’une (petite) partie du marché.

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  4. Je ne partage pas tous les avis ci-dessus. Je pense qu’il y a plusieurs profils de cyclistes, surtout depuis les crises de transport et sanitaire. En voiture : il y a les passionnés qui font leur vidange, changent leurs bougies, plaquettes, filtres… et ceux qui font une confiance aveugle en leur garagiste. C’est pareil pour les cyclistes.
    Je comprends tout à fait l’intérêt de disposer d’un vélo simple, facile à entretenir… Perso je suis très content de mon VTT à 3 plateaux, 9 vitesses indexées, freins à disques hydrauliques, fourche suspendue et réglable, bref très loin du vélo sur lequel mon grand-père a fait la traversée de la France en 40 et sur lequel je roulais toujours dans les années 80. Ne crachons donc pas sur le progrès, nous sommes contents d’en profiter.
    En 2018 j’ai fait partie des béta-testeur Zoov (service de location de vélos à assistance électrique). J’ai été bien content de disposer de cette fonction pour monter de Massy au plateau de Saclay, mais je suppose que Zoov serait également très content de bénéficier d’un système qui l’informe des défauts du vélo, autre que le signalement par l’utilisateur qui commence par cracher sa déception sur les RS avant de prendre contact avec le fournisseur de service. Il en est de même pour tous les gestionnaires de flottes de vélos.
    Je n’ai pas l’IA sur mon nouveau VAE qui me permet d’aller au travail tous les jours et je n’en vois pas l’utilité, du moins pour le moment, car je sais être à l’écoute de mon vélo et je sais l’entretenir moi-même, mais quand je vois à quelle vitesse les pièces se dérèglent et s’usent sur un VAE, je peux comprendre que des conseils puissent être les bienvenus car tous les cyclistes ne sont pas des bricoleurs, bien au contraire.
    Bref, il y a de la place pour tout types de cyclistes et à l’heure où ce mode de déplacement se démocratise enfin, si l’IA peut convaincre ou rassurer certaines personnes, pourquoi pas et tant mieux si l’innovation vient de France plutôt que d’ailleurs.

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