Le marquage des vélos démarre avec des freins bien serrés

C’est officiel, le marquage des vélos neufs est obligatoire depuis le 1er janvier. Le problème c’est que tout n’est pas encore prêt … et que c’est pas la faute à pas de chance, ni aux 6 sociétés qui le pratiquent.  

Ce ne sera pas une immatriculation, me jure-t-on, ce sera un service. Ce sera un service, bien qu’obligatoire, comme la sécu ou certaines assurances. Ici le service c’est d’identifier votre vélo afin qu’il puisse vous être restitué.
Ce n’est pas une immatriculation dans le sens où, même en cas d’infraction, c’est le cycliste et lui seul qui est concerné. Vous pouvez prêter ou louer votre vélo sans l’avoir déclaré.  

On revient de loin car au départ le marquage devait être apposé sur les cadres avant la mise en vente, comme vous vous en souviendrez peut-être, et qu’alors l’opacité allait régner puisque plusieurs opérateurs existaient déjà. Finalement on a évité tout monopole, et toute proximité trop visible avec l’Etat, me dit-on avec insistance dans les rangs des entreprises.

La concurrence confortée

Il y aura 4 prestataires professionnels, AuvrayBicycode, Paravol, Recobike, … déjà actifs de toutes façons. Les constructeurs Decathlon et MFC auront également leur propre marquage et livreront donc des vélos déjà marqués. Les types de marquage (gravage, collage, injection de résine etc) sont libres, du moment qu’ils sont éternels et visibles sans manipulation du vélo, et leur forme est également libre. Certains en proposent déjà des personnalisés. Par exemple Paravol vous le fait en rond, triangulaire ou de la forme que vous voulez pour mettre en valeur votre société. D’autres s’arrêteront à un choix de couleurs, à un traceur à prix réduit, une promotion pour votre voisin… Tout est possible.

Les tailles des images n’ont pas de rapport avec la réalité.

On m’assure que si d’autres entreprises veulent s’y mettre, et qu’elles remplissent les conditions, elles pourront être agréées, mais nul ne sait vraiment comment.

La fin espérée des mises en vente de vélos volés 

Le marquage concerne tous les vélos vendus neufs, sauf les vélos d’enfants, et concernera bientôt aussi les vélos vendus d’occasion dans un cadre professionnel, y compris par une association. Ainsi espère-t-on en finir avec les vélos non-identifiés, ou plutôt, si l’on veut, ainsi pourra-t-on détecter au premier coup d’oeil les vélos volés en vente sur les sites spécialisés. Il va falloir 4 ou 5 ans pour y parvenir, m’indique-t-on. A ce compte les anciens vélos non encore enregistrés vont avoir intérêt à se décider, si leur patron tient à eux, et choisiront le prestataire qu’ils voudront, en magasin ou directement. Comme pour les autres, facture et pièce d’identité seront exigés. Une preuve d’achat sera remise au client, comportant l’identifiant unique du cycle ainsi que les informations pour accéder à ses données personnelles. Ce sera à lui de modifier les informations en cas de changement de propriétaire.

Rassurer, rassurer, rassurer

L’alliance de l’Union Sport et Cycles et de la Fub a été rendue inévitable tant cette dernière est devenue incontournable. Le groupement APIC (Association pour la Promotion de l’Identification du Cycle) qu’ils forment tous les deux a été créé à l’initiative des entreprises concernées, pour éviter tout monopole, ainsi que je l’ai déjà dit. Il a aussi pour intérêt de rassurer les cyclistes sur le fait que ce n’est pas l’Etat qui agit sous un faux nez, car la Fub est si proche du Gouvernement que cela peut inquiéter. Signe de cette puissance, justement, son président a été fait chevalier de l’ordre national du mérite sur la liste du ministère de la transition écologique, en décembre dernier (JO du 1er janvier 2021, texte n° 50). 

(image agrandissable)

C’est donc l’APIC qui a été désignée par l’Etat, comme par hasard… pour gérer le Fichier national unique des cycles identifiés, joli nom sans doute arrangé pour que son acronyme (FNUCI) soit prononçable. 

Chaque opérateur ne livrera au fichier national que le strict nécessaire, si j’ai bien compris, et conservera les données correspondant à son offre. A l’APIC revient la responsabilité de gérer et distribuer les nouveaux numéros, et de s’arranger pour faire que les anciens continuent d’exister. 

Alors aujourd’hui qu’en est-il ? 

Le marquage est obligatoire sur les vélos vendus neufs, le choix du prestataire est libre, et les revendeurs sont libres d’en proposer un seul ou plusieurs au choix, mais ne devront pas laisser partir le vélo sans marquage. Chez les vélocistes de quartier c’est souvent le premier qui est passé qui l’a emporté, mais d’autres ont fait leur recherche et comparé prix et conditions. Les prix publics sont très variables, grosso-modo du simple au triple, et les étiquettes payables d’avance par le vélociste. Le moins cher n’était déjà plus disponible la semaine dernière… 

Les prestataires sont libres aussi de profiter du marquage pour proposer des services complémentaires, assurance, tarifs réduits, aide juridique, etc. et les revendeurs sont libres d’offrir le marquage gratuit ou à prix réduit à leur client. Pour les fabricants qui auront marqué les vélos avant qu’ils arrivent en magasin, il ne restera au client qu’à remplir les papiers… avant la sortie du magasin ! 

Le frein ! 

Tout est donc en place du côté des professionnels, mais … l’Etat n’est pas prêt ! Les agréments des professionnels n’arriveront qu’à la mi-février, et c’est bien pour cela qu’un délai de 3 mois a été accordé. Ils croisent les doigts, vous vous en doutez !!! Mais après tout, ils marquaient avant et leurs numéros vont être repris. Si le risque est donc assez faible, ça ira tout de même mieux quand tout sera en place ! 

Arrêté du 29 décembre 2020 relatif à l’identification des cycles. 
Arrêtés d’agrément des entreprises prestataires : du 9 au 11 mars, soit un peu plus tard qu’annoncé. 

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20 réflexions au sujet de “Le marquage des vélos démarre avec des freins bien serrés”

  1. Comment marquer un cadre carbone (un fabricant a déjà dit que cela impactait la structure) ? Idem pour un cadre titane. En plus je possède plusieurs vélos, la plupart montés par mes soins à partir de cadres nus (ou pour l’un acheté d’occasion sans facture) et naturellement je n’ai plus toutes les factures. J’ajoute, vélos haut de gamme.

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    • Surtout Alain : vous n’êtes pas concerné par ce marquage, puisqu’il ne s’applique qu’à la vente (or je comprends que vous possédez déjà ces vélos). Et si vous vendez ces vélos, ou en achetez d’autres d’occasion, de particulier à particulier, vous n’êtes pas concerné non plus, puisque cela ne s’applique qu’à la vente par des professionnels (ou associations).

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      • S’il le vend « de la main à la main » en effet puisque l’obligation ne concerne que les ventes professionnelles. Mais s’il le vend sur « la place publique » son vélo non enregistré sera soupçonné d’avoir été préalablement volé. La lutte contre le vol est un des enjeux de l’affaire, donc la détection des vols; l’autre, à la discrétion de chacun, est d’avoir une chance de récupérer le vélo volé et retrouvé par un tiers.

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      • Merci. Oui, je sais bien que je n’ai aucune obligation de marquage, ni d’intention de vente d’ailleurs.
        Mais celui-ci est supposé être imposé comme outil contre le vol.

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        • Imposé aux vélos neufs du commerce, bientôt imposé aux vélos d’occasion du commerce, et vivement recommandé à tous les vélos susceptibles soit d’être volés soit d’être revendus.

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          • J’ai acheté un vélo électrique neuf chez Décathlon le 5 janvier 2021, et il n’est toujours pas gravé malgré mes nombreuses relances.

  2. Quelle tristesse d’en arriver là, quelle pauvre ambition pour l’être humain : partir du principe que le vol est inéluctable et, de là, renforcer jusque pour le vélo toutes ces petites chaînes administratives qui, dopées par l’électronique et ses connexions, nous ficellent déjà dans nos moindres démarches et actions de la vie quotidienne.
    Et si on essayait plutôt de se tailler un monde où le vol n’aurait pas lieu d’être ? On a du boulot, mais ça a plus d’ambition.
    Quand je pense que le vélo, que l’on peut pratiquer sans casque (et même sans masque), représente a priori la faculté d’aller par soi-même un peu plus loin qu’à pied en toute LIBERTE…

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  3. Je ne vois pas du tout l’intérêt de l’affaire. Pour les vélos « de sport », ils ne sont jamais sans surveillance. Pour les vélos de voyage ou de travail, ça ne garantit rien : le vol se fera de toute façon sauf à ce que le parcage soit sécurisé. J’ai l’impression que ça aura un effet inverse : les vélos ne seront plus volés/revendus, mais « désossés », les pièces valant souvent plus que le cadre, et n’étant pas marquées.
    N’aurait-il pas été plus simple d’utiliser le numéro de série, déjà présent et souvent gravé ? Et, surtout : pourquoi ne pas plutôt proposer plus d’infrastructures permettant d’attacher le vélo correctement (non, pas ces demi-arceaux au sol…). Le frein au vélo, est-ce vraiment le vol ?

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    • Je le croyais, que le vol était le principal frein. Je viens de lire que c’était le sentiment d’insécurité. Rapport Pistes cyclables provisoires en Ile-de-France, Direction régionale de l’Equipement (DRIA) – VII-1 : « L’expérience de ces derniers mois montre que les aménagements cyclables de qualité permettent une hausse significative de la pratique du vélo. » Les deux comptent visiblement, peut-être de façon variable selon le degré d’aménagement des routes et rues ?

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      • Oui vélo = liberté, moins de contrainte et plus de respect des autres, plus de convivialité. Le vélo doit faire envie à un maximum de personnes, tous âges, toutes catégories socio-culturelles, tous les types de vélos, pour le vrai bonheur à vélo !
        Alors pourquoi devoir accepter tant de contraintes et de technologie additionnelle pour rouler à vélo ? Pourquoi tant de qualifications à acquérir pour oser monter sur un vélo, oser apprendre à d’autres à faire du vélo, oser le vélo tout simplement ?
        La FUB avait créé affiches et dépliants « Osez le vélo » pour la promotion du vélo dans les années 2000 !
        Le vélo était dans ma jeunesse (lointaine) le moyen de déplacement idéal et évident pour les petits trajets du quotidien, ceux utilitaires, et pour le plaisir de se balader et rencontrer ses ami-e-s, et le plus simple aussi à utiliser pour grand nombre d’entre nous.
        Des aménagements cyclables sécurisés feront bien plus pour l’utilisation de vélo, ainsi que des places pour garer son vélo en sécurité partout dans nos villes.

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    • 1) Vélo de sport jamais sans surveillance ? J’ai le souvenir d’une enquête portant sur plusieurs centaines de vols de vélos, d’où il ressortait que quasiment la moitié des vols s’étaient produits dans un garage d’immeuble (aussi bien garages individuels que locaux à vélos collectifs). Et je suis sûre que tous les vélos de sport ne dorment pas dans l’appartement de leur propriétaire…
      2) Le numéro de série n’est pas un moyen d’identification valable, car tous les vélos d’un même lot de production portent le même numéro.
      3) Là où je vous rejoins par contre, c’est sur le fait qu’il n’y a pas assez d’infrastructures pour pouvoir attacher correctement les vélos, que ce soit sur voirie, sur les lieux de travail, dans les immeubles, et dans les établissements recevant du public.
      4) Quant à la revente de vélos volés en pièces détachés, il n’y a aucun moyen fiable d’estimer l’évolution. Actuellement, dans le coût de la majorité des vélos volés, le cadre représente moins du 30% du prix, mais ça ne veut pas dire que les pièces font les 70% restant : il y a aussi une part importante de main d’oeuvre. Démonter les vélos pour vendre les pièces demande beaucoup plus de temps que de vendre le vélo entier : ça diminue la rentabilité du vol. Mais il est possible que ça reste plus intéressant que de gagner sa vie comme un honnête mécano…

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      • 1) Oui, jamais sans surveillance en cours d’utilisation : le problème que vous évoquez tient au garage, pas au vélo ou à son emploi
        2) C’est l’argument de Bicycode, pas celui de Paravélo. J’ai dû enregistrer mes vélos avec leur numéro de série, unique. Si tous les constructeurs ne respectent pas un S/N unique, ou si ils n’y sont pas légalement tenus, alors c’est plutôt cette obligation qu’il faut instituer. Et non ajouter un nouveau numéro…
        3) Oui, mais en quoi l’argent dépensé pour le gravage favorise-t-il ces infrastructures ?
        4) Vous vous méprenez lourdement : rien à voir avec les proportions de la composition. Les pièces détachées se volent très facilement (dérailleurs, freins, chaînes) et la « main d’oeuvre » du voleur est rentable. D’autant plus en ces temps de pénuries de pièces, et avec l’incitation accrue à des VAE de bonne gamme (leurs pièces valent le coup).

        Je ne vois aucun argument objectif au gravage, mais je comprends que certains puissent être sensibles aux arguments subjectifs. Pourquoi dès lors instituer une obligation qui ne bénéficie pas à tous?
        A part pour qu’un gouvernement s’en tire à bon compte sur la « facilitation » de la mobilité, et qu’une (autre) fédération d’usagers, non-représentative de tous les usages pour le coup, prenne plus de poids de lobbying ?
        N’aurait-il pas mieux valu instituer une assurance, en ce cas, et compter sur leur propre lobbying pour obtenir des infrastructures sécurisantes, plutôt que d’obliger à engager des fonds complètement perdus : le gravage ne protège le vélo en rien, ne garantit pas de retour, ni d’amélioration de la situtation du stationnement ou du vol.

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  4. Quelle arnaque, encore un truc de cycliste urbain complètement déconnecté. Embêter les cyclistes et les propriétaires plutôt que traiter le mal à la racine. Croyez bien que les vélos seront démontés et les pièces revendues car coûtant souvent plus cher que le vélo lui-même. Je ne parle même pas de l’esthétique horrible de la chose. Les marques et les sportifs se tannent pour travailler l’intégration, la légèreté et le design, et on vient mettre un sticker pourri avec QR code sur leur travail. C’est vraiment ne pas prendre en considération les vrais cyclistes pratiquants pour satisfaire le besoin de sécurité de bobos parisiens ayant peur de se faire voler leur VAE tout neuf.

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      • Alourdir sans doute pas, mais enlaidir, oui. L’argument est recevable selon moi, il touche à l’esthétique, nous pouvons tous ne pas avoir les mêmes goûts et le « design » est une part non négligeable de certains vélos…
        Pourquoi tant de condescendance ? Un sportif n’a pas le droit de rouler à vélo ? Faut-il le réserver aux urbains, aux travailleurs ?
        En somme : si vous voulez un autocollant (à l’utilité incertaine), pourquoi pas. Mais pourquoi l’obliger à tous ? Ou plus exactement : pourquoi à tous les vélos ?

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  5. Nous avons acheté un vélo électrique chez Decathlon le 26/03/2021. Depuis cette date nous avons demandé plusieurs fois d’obtenir le marquage de ce vélo afin de déposer un dossier de demande de la prime offerte par la Mairie de Toulouse.
    Mais maintenant Decathlon nous indique qu’ils ne pourront marquer ce vélo qu’à partir de fin juin, alors que le délai initial était courant mai. Pourrons-nous encore déposer un dossier pour la prime après cette date ?
    D’autre part du fait de l’absence de marquage le vélo n’est toujours pas assuré. Doit-on le laisser au garage en attendant ?

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    • Je n’ai pas la moindre idée des réponses qu’il faut vous apporter. Les interlocuteurs sont peut-être la Fub, à l’origine de ce programme, ou l’APIC, l’organisme créé pour le gérer. Les liens vers ces organismes sont dans le texte.

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  6. La gravure sur le cadre c’est bien mais cela ne sert pas à grand chose.
    J’avais un vélo gravé chez recobike.
    On me l’a volé il y a deux mois dans mon garage d’où signalement sur le site recobike.
    Je l’ai retrouvé en vente sur le bon coin. On peut voir sur les photos de l’annonce que le gravure a été limée.
    Dépôt de plainte à la police en expliquant que mon vélo est en vente sur le bon coin.
    Signalement de l’annonce au bon coin. Rien
    A ce jour je peux toujours voir mon vélo à la vente et je ne peux rien faire.

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