Pour l’AF3V les voies vertes doivent devenir des voies de déplacement

L’AF3V prend sa part dans la l’effort national en faveur du vélo. Sur la base des voies vertes elle mène campagne pour que les élections départementales et régionales de 2021 se soldent par une compréhension réelle des enjeux et des engagements clairs de la part des nouvelles équipes.  Elle a créé un slogan : Voies vertes, en route pour le vélotaf ! 

Les dates des élections départementales et régionales étant en principe connues désormais, et fixées aux 20 et 27 juin 2021, après un report de mars, il est temps pour l’association des véloroutes et voies vertes -AF3V- d’accélérer sa campagne commencée en mars, et rendre inoubliables ses messages. Et le premier, c’est que les voies vertes sont un excellent support à déplacements routiniers à vélo, à condition qu’elles soient bien faites.

L’AF3V s’intéressera donc spécifiquement à des infrastructures qui ont souvent été construites avec pour ambition initiale la promenade ou les loisirs. 

Ces ambitions de détente, de sport ou de tourisme restent évidemment d’actualité, mais élargir le propos offre au moins trois gros avantages directs aux promoteurs des voies vertes. Celui d’insister sur la qualité, celui de souligner le besoin de liaisons avec la ville et entre elles, sans passer forcément par la case parking, et enfin, tant qu’à faire, celui d’élargir les plages horaires de fréquentation, comme les publics intéressés. Ce dernier avantage ne peut échapper aux responsables politiques…

 

Développer le vélo pour aller au travail.

« Avec presque 18 000 km de voies vertes (voies réservées aux modes actifs) et véloroutes (itinéraires conçus pour les cyclistes) en France, nous disposons d’un réseau qui, si on l’aménage correctement, peut devenir une infrastructure efficace pour les déplacements quotidiens.

Surtout quand on sait que trois quarts des déplacements domicile-travail en France de moins de 15 km sont encore effectués en voiture » indique Pierre Hémon, vice-président de l’AF3V, «le vélo a toute sa place dans nos mobilités, c’est pourquoi nous proposons aux candidats des prochaines élections départementales et régionales de nous rejoindre autour de 10 engagements qui permettront de développer le vélotaf, c’est-à-dire l’usage du vélo pour aller au travail. »  

L’objectif que se fixe l’association c’est ni plus ni moins que 1/3 des déplacements liés au travail se fassent à bicyclette. Il le faut parce que le secteur des transports représente la première source d’émissions de gaz à effet de serre au niveau national, et que plus de la moitié provient des voitures particulières. 30% des Français parcourent moins de 5km et 50% moins de 9 km pour aller à leur travail. Il y a donc du potentiel et cela n’est pas très compliqué. Il suffit de faire envie et de rendre possible. 

L’AF3V a donc lancé une campagne de promotion auprès des candidats et engage des partenariats avec associations d’environnement ou de mobilité. France Nature Environnement est la première à avoir rejoint le mouvement avec ses 950 000 adhérents. La Fédération Française de Roller & Skateboard et ses 3 millions de pratiquants en est aussi. Il y en aura d’autres.

Cette campagne se décline en visuels diffusés semaine après semaine, et en rencontres avec les candidats. 

Pour qui, pour quoi les voies vertes ?

Cela fait longtemps que l’on a remarqué que les voies vertes sont du pain béni pour les personnes en fauteuil. A condition d’une qualité suivie, consistant en l’absence d’intersections dangereuses (Attention carrefour dangereux …) non franchissables, un revêtement lisse et dur, et des accès au plus proche des lieux d’habitation.
Ces qualités sont les mêmes pour tout ce qui roule, trottinettes, patins à roulettes ou ski d’été par exemple.
Il en est de même si l’on souhaite que les enfants puissent y vivre un peu en dehors de la surveillance des adultes, et, enfin, il est trop bête que l’on ne puisse les utiliser pour les allers-et-retours réguliers du type boulot-dodo, en lien le cas échéant avec les transports publics en site propre, notamment les trains.

Comment, les voies vertes pour le vélo comme mode de déplacement?

  • Employer des revêtements lisses et solides, donc en enrobé plutôt qu’en stabilisé, qui coûtent plus cher mais qui résistent aux inondations et aux tracteurs, tout en assurant un roulement de qualité pour les cyclistes, les fauteuils, les rollers … Avez-vous remarqué que les communes ou Départements les moins riches font tout en enrobé ? Il n’y a que les riches pour se plaire au fragile et jetable, les pauvres n’en ont pas les moyens. De plus lorsque les revêtements sont améliorés, la fréquentation est multipliée de 5 à 10. On passe alors à un usage fréquent et renouvelé, sur des plages horaires élargies, ce qui est bon pour la population comme pour l’autorité qui a moins de mal à justifier cet investissement ! Enfin, contrairement à certaines idées, l’eau qui ruisselle dessus n’est pas plus polluée qu’ailleurs, ce qui calmera les opposants de bonne foi. 
  • Supprimer les barrières inadaptées et les potelets dangereux. Certes autos et motocyclettes sont dangereuses et nuisibles (bruit notamment) mais l’obsession qu’elles provoquent ne doit pas conduire à obliger les cyclistes à poser pied à terre à chaque carrefour et empêcher les personnes en fauteuil, les tricycles, les vélo-cargos et autres de passer. 
  • Dans la plupart des intersections c’est la voie verte qui doit avoir la priorité. Si les abords sont bien dégagés tout se passera bien, sans que le cycliste n’ait à redémarrer. Il est d’ailleurs  ridicule de mettre un stop pour un chemin rural où ne passe un tracteur que de temps en temps. de même les panneaux « carrefours dangereux »ne devraient même pas exister. Si un carrefour est dangereux il faut le sécuriser. La timidité ne doit plus être de mise, la voie verte doit être considérée comme une voie à part entière, avec des usagers respectables et fragiles.
  • Les voies vertes ne doivent pas s’arrêter n’importe où, ou sur une grand route. Elles doivent au minimum donner accès aux gares et aux stations de transports collectifs. 
  • Pour l’AF3V la largeur des voies vertes doit être portée à 5 mètres, de façon à faciliter la cohabitation avec les piétons, surtout aux abords des zones habitées. 5 mètres c’est moins qu’une petite route vicinale, qui habituellement à 6 mètres de large.
  • L’entretien régulier et la maintenance hivernale des voies vertes doivent absolument être réalisés, faute de quoi leur usure sera précoce, les marquages disparaîtront, les plantes les re-coloniseront rapidement et les glissades de cyclistes seront fréquentes. Il faut y penser au moment de la construction, car ensuite personne ne voudra ou ne pourra le faire. 
  • Enfin il faut résister à la tentation de faire porter aux voies vertes la responsabilité du désastre écologique en cours. Pour sauvegarder la biodiversité il y a d’autres moyens que d’empêcher les gens de bouger. On peut d’ailleurs créer des corridors biologiques distincts, par exemple le long des voies.
  • Finalement l’aspect économique n’est pas en reste, car par les voies vertes les territoires développent leur attractivité et leur accessibilité pour les salariés, fait remarquer l’association. C’est notamment pour eux que l’on doit poursuivre le développement des projets de routes cyclistes rapides, ou du moins de routes sans obstacles, à l’image des routes express.
  • Pour s’assurer que les concepteurs des voies vertes ont bien pensé à tout, rien de mieux que de créer des comités d’itinéraire avec les usagers, conclue l’AF3V. 

Quand les voies vertes ?

69% du schéma national des véloroutes et voies vertes est aujourd’hui réalisé. Souvent par petits morceaux, ce qui leur enlève une grosse part de leur intérêt, et souvent se délabrant tranquillement. Une prise de conscience est urgente. Les citoyens adorent rouler à vélo, si cela se fait dans un cadre agréable et sans danger majeur. Pourquoi se priver ? 

Une campagne de communication

Soutenue par ses adhérents un peu partout en France, l’AF3V a lancé sa campagne ce mardi 16 mars 2021. Plus que jamais, elle souhaite rappeler que la mobilité est essentielle pour tous les citoyens, pour les acteurs économiques, associatifs, culturels et que le vélo peut apporter une réponse aux enjeux économiques, environnementaux, sanitaires, sociaux… auxquels font face les Français.  

Où trouver l’AF3V ?

https://voiesvertesvelotaf.af3v.org
@AF3V_officiel
https://www.facebook.com/af3v.org/

A noter que le Collectif Vélo Ile-de-France a lancé lui aussi une campagne pour les élections régionales, sous le nom étrange de … Yes we bike. Le collectif ne mise pas spécialement sur les voies vertes mais plutôt sur des pistes cyclables, avec pour axe la création d’un réseau calé sur celui des transports en commun, et nommé RER-V. RER c’est le nom local pour TER.

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9 réflexions au sujet de “Pour l’AF3V les voies vertes doivent devenir des voies de déplacement”

  1. C’est un vieux combat pour lequel je me suis fait régulièrement rembarrer par instance départementale, maires et député, sur mon secteur du Sud de l’Essonne et principalement concernant le tronçon de voie verte, entre Maisse et Milly-la-Forêt qui n’est envisageable qu’en VTT et n’a jamais ou peu été entretenu. Bon courage ! L’autre combat, similaire, concerne toutes les voies et aménagements qu’on nous rabâche être cyclables et ne sont que des moqueries inutilisables pour rouler comme il se devrait. Mes encouragements à ceux qui espèrent. Il faudra des gants de boxe.

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  2. #24ansChrono de l’AF3V – Défauts de méthodes : Les délégations régionales FFV, FUB, FFC, FNE ou FFRS (au moins Grand-Ouest après contacts) n’ont pas été informés de cette campagne confuse et personnifiée sur un vice-président très « urbano-centré » (du jamais vu et en désaccord avec l’engagement 1 prôné?). L’AF3V, sans agrément ministériel, n’a hélas pas un fonctionnement légal et démocratique, depuis au moins 01/2019 (date de mes adhésions Af3v et FfrsPdLoire). Notre administrateur régional et national FFRS, élu début mars au bureau de l’AF3V, n’a pas été associé aux travaux, idem pour notre président FFRS. Cette campagne reprend -en biaisant les constats ou études techniques (confidentielles!)- la majorité des exigences de qualité et de suivi pour principalement les usages utilitaires (travail, école, commerces..) imposées aux Préfets de région (Datar 1998/2001 Véloménagement du territoire). Je ne soutiens pas aussi pour des raisons éthiques, scientifiques et stratégiques des engagements quasi-« obligatoires » et illégaux pour des candidats des « territoires » (exple engagement 4 étrange : un corridor biologique (une forêt, rivière, espèces, jardins/parc..) ne se « déplace » pas comme un choix de voirie). Une refonte avec les usagers/les salariés ou dissolution de l’Af3v sous influence marquée est urgente. Je suis concepteur indépendant de vélovoies, inventeur de la démarche de concertation et d’évaluation environnementale de projets de voies vertes (Ademe, Alter/Caue/Cdt/Ffc/Ufolep/Esa/Ddaf/Préfecture49 1994)

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    • merci d’expliciter votre propos de manière précise et détaillée, sans abuser des sigles, si vous voulez être compris.
      À la lecture de votre pavé, je suis bien en peine de comprendre ce qui vous chagrine.

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  3. Bien qu’adhérent actif de l’AF3V, je découvre ce sujet et ne peux que manifester ma surprise et mon désaccord sur la volonté de recouvrir les voies vertes en enrobé.
    Certes elles seraient alors plus roulantes et cela faciliterait les trajets vélotaf, mais :
    – Le différentiel de vitesse avec les piétons rendrait la cohabitation encore plus délicate, voire dangereuse
    – Les randonneurs se retrouveraient exclus (quand on prépare une randonnée, le pourcentage d’enrobé doit être le plus bas possible, sinon on doit passer ailleurs)
    – Avec le temps les racines déforment souvent l’enrobé, rendant celui-ci très inconfortable, et la réparation est autrement plus improbable qu’avec un stabilisé.
    Avons nous vraiment envie de transformer nos chemins de halage et autres voies vertes en routes express pour faire de la vitesse ?
    Pour le reste (priorités, barrières, largeur, accès) je suis d’accord avec vous.

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    • Vous êtes d’accord, avec l’AF3V je suppose? Pour « la vitesse », vous roulez en vélo couché et vous êtes retraité, cela ne vous porte pas spécialement à parler du velotaf…

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    • D’accord avec Joël : je constate en roulant que les pistes en enrobé vieillissent plus vite et sont pour la plupart moins bien entretenues que les voies en stabilisé. Pour qu’un enrobé tienne, il faut un soubassement de qualité, couteux et pas toujours possible.

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  4. A lire articles et commentaires, le même constat s’impose toujours : Il n’est ni possible ni souhaitable de construire un deuxième réseau routier pour les déplacements à vélo, que ce soit sur les voies vertes ou ailleurs. La circulation quotidienne pour vélotaf, courses etc. doit se faire sur la voirie existante. Elle existe déjà, mène partout et est asphaltée partout. Si cela n’est pas possible pour cause de circulation automobile trop intense et rapide, il faut déplacer, réduire et ralentir cette dernière.
    Et ça tombe bien, nous devons de toute façon la réduire à la portion congrue, cette circulation motorisée, pour plein de raisons que je ne vais pas re-détailler ici.

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    • Une petite route vicinale mesure 3m de large et non 6m. Ce qui pose un sérieux problème lorsqu’on rencontre un SUV de 2m20 ou un tracteur moderne.

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