Les gares obligées d’avoir des garages à vélos sont maintenant connues

La liste des gares françaises obligées de s’équiper de garages à vélos est parue ce matin. Elle surprend. On espère surtout que la faisabilité a bien été prise en compte. (chiffres sur l’existant ajoutés le 11 juin).

De 10 à 380 (Vincennes) et même 550 (Versailles-chantiers) ou 1000 à Lille-Flandres comme à Lyon-Part Dieu, Paris-Saint-Lazare et Nanterre-préfecture, c’est le nombre de places de stationnement sécurisé pour les vélos que devront enfin se décider à créer plusieurs centaines de gares des réseaux SNCF et RATP.
En voici la liste. Elle va de Abbeville (30) à Yvetot (40) sans oublier de s’arrêter à Ychoux (10) et surtout à Us (10), petite commune rurale située à deux gares après Pontoise, en provenance de Paris. 

Obligation de créer des équipements sécurisés

Il leur est fait obligation de créer des équipements sécurisés, c’est-à-dire :

  • Avec « des dispositifs fixes permettant de stabiliser et de fixer chaque vélo par le cadre et au moins une roue », on ne saurait mieux dire et on se demande pourquoi la gare Montparnasse a remplacé une partie des siens par des pince-roues qui ont rapidement fait la preuve de la justesse de l’obligation ci-dessus !
  • Dotés d’une surveillance, par du personnel, par vidéo, ou dotés d’une porte sécurisée ou autre dispositif.
  • Etre couverts et éclairés.
  • Situés à moins de 70 mètres d’un accès voyageurs (sauf réelle impossibilité). 

Le décret n’indique pas de date limite pour ces créations, mais elle se trouve dans la LOM : 2024. Il ne parle pas non plus de pénalités, peut-être pourra-t-on alors compter sur des rétorsions (ou de basses vengeances) ???

Les nouveaux pince-roues de la gare Montparnasse (hall Pasteur).

Le même endroit en 2019

De drôles de gares

On note que certaines des gares visées sont déjà bien pourvues comme Versailles-Chantiers ou Bordeaux Saint-Jean. 

250 places sont prévues à Bourg la Reine, ce qui devrait plaire à Stein Van Oosteren, et seulement 90 à Brest, patrie du président de la Fub. Pendant que les 374 de La Défense pourraient servir plutôt pendant les journées de travail, à moins que l’usage de ces parkings ne soit réservé aux abonnés des TC, Laroche-Migennes ne subit aucune obligation malgré son caractère de lien entre la Bourgogne et la région parisienne. 

Toutes les gares parisiennes se retrouvent concernées, ce qui paraît être une excellente chose, même si on se demande vraiment où la gare de Cité-Universitaire pourra caser 400 places, celle du Champ de Mars comme celle de Javel une centaine, et même plus à Saint-Michel 

Décret n° 2021-741 du 8 juin 2021 pris en application de l’article L. 1272-2 du code des transports, relatif au stationnement sécurisé des vélos en gare, publié au Journal Officiel le 10 juin 2021.

Sera-ce encore un coup d’épée dans l’eau ? On est loin des 1600 places de Bâle (et des 10 000 promises à Berne pour 2030), et notre partie de cache-cache avec le garage de la gare de Rennes montre à quel point beaucoup dépend de la volonté locale. Autre exemple, les 419 places exigées à la gare Montparnasse étonnent puisque la Ville s’est engagée à en créer le double, mais elles ne trouveront pas preneur avec la gestion actuelle (375 places, louées pour 1/3 environ), comme montré dans mon article sur le stationnement des vélos. Le bon matériel est indispensable, mais il faut aussi le choyer.

Les chiffres

Roman Ville, consultant en modes actifs, a compilé les chiffres. Pour lui il y aurait donc 208 gares où l’objectif est déjà dépassé et 226 gares où l’objectif est atteint à environ 50%. Il m’a autorisée expressément à reproduire ses tableaux qui donnent un échantillon de ces données. Suivez-le sur twitter @rvilleglas 

Dans les grandes gares où le décret fixe un nombre de places important l’effort va être considérable. Mais l’asso MDB remarque que gare du Nord la Ville en a prévu beaucoup plus que ce qui est demandé…
Dans d’autres gares où il y à déjà plus de 500 places, le décret fixe pour certaines un objectif moins contraignant que ce qu’elles ont déjà.

 

Voir aussi l’annonce du webinaire sur l’art d’aménager les stationnements pour vélos en gare dans l’agenda à la date du 24 juin 2021. 


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4 réflexions au sujet de “Les gares obligées d’avoir des garages à vélos sont maintenant connues”

  1. Honnêtement, je pense que le nombre de places demandées est une formule bête et méchante basée sur le nombre de départs et arrivées de train et/ou le nombre de passagers par type de trains (TGV, TER, intercités, transilien).
    Pour Nantes, gare que je connais bien pour avoir suivi le projet de réhabilitation, il est indiqué 640. Or, avant même le projet il y avait déjà plus de 400 places dans des garages fermés et le projet prévoyait de faire monter ce chiffre à 1500. Le projet étant aujourd’hui terminé, les 1500 doivent être là, donc aucun intérêt à dire qu’elle doit atteindre 640, elles y sont déjà…
    Par ailleurs, par rapport à la remarque sur le manque d’ambition, j’ai vécu également les discussions sur la création d’un parking vélo sous le parvis nord de cette gare. Ça n’a pas abouti car trop cher. La SNCF estimait qu’il y en avait pour 2 M€ pour 2500 places.

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  2. Pour Arras le décret parle de 220 emplacements pour vélos alors qu’il y en a déjà 200. Dans une ville de taille similaire comme Leuven (Louvain) ce sont 4000 places qui existent déjà.

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  3. Meme remarque… Petit calcul vite fait. Versailles-Chantiers a un transit annuel de 22 millions de voyageurs soit (à la baisse) environ 60 000 voyageurs par jour. Si l’on considère une part modale de 5% cela fait 3000 cyclistes par jour alors que l’objectif est de 550… Lors d’une réunion avec la ville de Vincennes j’avais précisé qu’il fallait doubler le nombre de places et prévoir l’emprise pour des box couverts et sécurisés…

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