De Paris à la Bourgogne, comment j’ai évité le train de Migennes

Tant de difficultés rencontrées à la lisière nord-ouest de la Bourgogne avec ses gares nous ont fait chercher une autre solution : passer la frontière à vélo ! Et ça passe, en mode maquis. Voici comment s’approcher au plus près en train puis trouver son chemin … 

Un peu de gratuité pour commencer

Nous avons vu que Laroche-Migennes se réveillait, mais que sa gare ne serait pas une gare pour les cyclistes avant encore 2 ou 3 ans. 
Nous avons aussi bien vu qu’il était désormais possible de se rendre d’Auxerre à Laroche et de Laroche à Sens. Mais la gare de Sens c’est pas mieux. Tout cela nous le racontons dans L’achèvement du tour de la Bourgogne se fait encore attendre.
Alors autant s’en tenir à Montereau-Fault-Yonne, à encore une trentaine de kilomètres à l’ouest. Gros avantage, Montereau est dans la zone d’Ile-de-France des transports, donc soumise à pass navigo ! Et c’est ainsi que j’ai quitté Paris pour la Bourgogne sans passer par une seule gare bourguignonne. 

Que ne ferait-on pas pour éviter les gares à escaliers ???

Sus aux rives de l’Yonne !

La communauté de communes du Pays de Montereau nous invite à parcourir les bords de l’Yonne « à pied ou à vélo, à travers un circuit aménagé de 30 km ». La partie sud de ce « circuit » n’étant ni aménagée ni praticable à vélo, ceci est encore plus faux que ce qu’avait déclaré le président du conseil général concernant son département. Je l’ai testé dans les deux sens, et dans les deux cas j’ai mis 5 heures. 

Vue à Miey sur Yonne

A Montereau j’ai mis beaucoup de temps à chercher la statue de Napoléon, ou même simplement le centre-ville. Dans le quartier de la gare personne ne sait où sont le centre-ville, le pont, la statue. Après l’avoir trouvée j’ai encore erré en tous sens sans être jamais sûre d’avoir trouvé le chemin goudronné que nous avait montré Laurent Richoux.

L’itinéraire de la Seine à vélo remis en cause

Mes itinéraires, aller et retour Montereau – Sens

J’ai fini par trouver un embranchement qui m’a permis d’avoir du goudron jusqu’au niveau de Cannes-Ecluse. A Misy j’ai vu à nouveau du goudron, sur la RD29 dont ma carte d’il y a 6 ans me disait qu’elle serait peu circulée. Cela me sauvait des secousses qui avaient précédé et dont je commençais à me lasser, mais cette route ne fut réellement « blanche » qu’au-delà de Michery.
A Evry je la quittais pour rejoindre la piste cyclable, mais rien n’était indiqué. C’est l’adjoint au maire, en train de tondre la pelouse derrière l’église, qui me confirma qu’il fallait prendre la rue du Barrage. Traverser la route nationale n’est pas une affaire simple, arriver dans l’herbe et y croire quand même n’est accessible qu’aux personnes informées. J’avais raison d’insister, la piste commence un peu plus loin. Partis vers 11 h nous arrivâmes vers 17 h, environ 30 km plus loin. Recherches, cafouillages, casse-croûte et bavardages compris.

Au sud de la route du barrage (Evry)
Au sud de la rue du Barrage, à Evry

Le lendemain je refaisais le chemin, vers l’ouest cette fois, et me tenais mordicus aux bords de la rivière de l’Yonne. Ce fut une succession de passages de cailloux et de chemins de forêt, de routes antiques et de routes défoncées, ce fut très charmant car le temps était ensoleillé. Nous n’étions pas désirés, 3 écluses bien barricadées nous le faisaient savoir, mais nous laissaient passer subrepticement, à condition de ne pas traîner, comprenions-nous. Plusieurs fois dans ces parages je préférais marcher plutôt que de lutter contre racines, ornières et chaos. L’avantage c’est que j’ai vérifié que, à part à l’est de l’étang de Rabotteux, le chemin est continu, donc aménageable. J’ai peu cherché, mais mis 5 heures quand même.

Heureusement Napoléon est toujours là !

En conclusion, s’il fait beau en région parisienne prenez la ligne R du RER et allez-y. C’est parfaitement faisable, à condition de trouver le chemin jusqu’à Napoléon. Or maintenant je peux vous le décrire.

En sortant de la gare de Montereau-Fault-Yonne regardez à droite et dans le Y prenez la route de gauche. C’est la D403, il suffit de la suivre jusqu’au pont où la Seine rencontre l’Yonne. Sur ce pont se trouve Napoléon, et derrière lui la confluence !

Regardez l’Empereur bien en face droit dans les yeux, puis contournez-le par en-dessous, vite fait. C’est exactement là que commence le chemin qui vous ouvrira les portes de la Bourgogne. La Bourgogne se mérite, elle est dans votre dos. Bonne route ! 

Note

Il ne s’agissait pas de ne pas prendre le train mais surtout d’éviter les gares en escalier. J’y ai découvert d’anciennes grandes villes réduites aux fonctions commerciales d’un bourg paumé, c’est-à-dire quasiment plus rien de comestible en ville. Sens a au moins de fort beaux restes, et je recommande de loger en ville (croyez-moi sur paroles, j’ai bien dit en ville, pas de l’autre côté de l’Yonne), quitte à devoir caser votre vélo dans les poubelles, croiser 3 fois les mêmes personnes dans la soirée, et vous faire refouler de l’unique pizzeria de la grand’place, une table étant plus rentable pour deux que pour un… Ou alors allez en zone industrielle …

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6 réflexions au sujet de “De Paris à la Bourgogne, comment j’ai évité le train de Migennes”

  1. Et la gare de Joigny? De mémoire, il y a 90% de chance d’arriver ou de partir depuis les quais accessibles depuis la rue. Et malheureusement, 10% de chance d’être sur le quai central mais ne peut-on pas demander aux agents de la SNCF de vous faire traverser par les passages destinés aux handicapés?
    A Sens, l’arrivée depuis Paris se fait à 90% sur un quai accessible directement depuis la rue.
    Mais force est de reconnaitre que l’Yonne Nord tourne le dos au tourisme en général et aux vélos en particulier

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    • Intéressant. Donc en gare de Sens il y a 90% de chance que le train pour Paris ne soit pas sur la voie n° 1 ? Ça correspondrait à mon expérience. A Joigny je n’ai peut-être pas eu de chance.

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      • Les départs de Sens vers Paris se font systématiquement sur les quais desservis par le passage souterrain. C’est l’inverse à Pont sur Yonne par exemple.
        Sur cette ligne Paris-Dijon, comme sur beaucoup de lignes, certains quais sont directement accessibles depuis la rue via la rampe pour handicapés. C’est très souvent le quai qui se trouve du coté du bâtiment voyageurs, parfois aussi le quai coté parking. En l’absence d’ascenseur, on pourrait imaginer des actions simples pour que les voyageurs s’organisent:
        1) La SNCF publie à l’avance le quai d’arrivée ou de départ comme cela se fait en Suisse.
        2) L’accessibilité handicapés et vélos des quais est publiée. C’est déjà plus ou moins le cas mais on peut mieux faire.
        3) Les escaliers sont munis d’un goulotte à vélos comme au Danemark en solution de dépannage.
        Je viens de faire un test de l’information disponible concernant la gare de Sens; c’est très imprécis, voire faux. Ca prendrait 2 minutes d’ajouter la liste des quais et leur accessibilité respective.

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  2. J’ai fait à deux reprises l’Yonne entre Montereau et Sens (une fois vers l’aval et un autre fois, vers l’amont) et n’avais pas rencontré de problèmes en longeant la rivière au plus près (ou le canal, par endroit). Mais c’était il y a quelques années, quand nous avions encore peu de voies vertes et que je m’accommodais des chemins de halage pas toujours confortables.
    J’ai fait il y a dix ans le chemin de halage entre Sens et Joigny et j’en garde un souvenir agréable (absolument pas fréquenté et avec le beau paysage des collines).

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