La Fub grossit mais ne se renie pas

Ce soir, à deux jours de son congrès, la Fub, Fédération des Usagers de la  bicyclette, devait présenter son nouveau programme Employeur pro-vélo. Elle a aussi expliqué ce qu’elle devenait et comment se passait sa croissance. Faisons le point : Les bases financières de la Fub sont-elles solides ? 

La Fub n’a pas l’intention de se transformer en Agence nationale de promotion du vélo, mais ne veut pas non plus ne s’adresser qu’à ceux qui sont déjà cyclistes. Son président, Olivier Schneider, explique que les 7 ou 8 programmes déjà lancés (voir plus bas) permettent de payer les salariés du siège (déjà 32 + les 11 de l’ADMA), certes, mais que ça va bien plus loin. Ces programmes ont vocation à amener de nouveaux alliés au vélo, les entreprises, par exemple, qui s’apercevront que les salariés cyclistes sont en bien meilleure forme que les autres et qu’un parking pour vélos c’est beaucoup moins cher que pour une auto … 

Changement d’époque. Olivier Schneider souligne aussi que l’époque n’est plus la même que lors de la création de la Fub, il y a 40 ans. Aujourd’hui les militants sont des « geeks » (entendez des collés à leur smartphone et des agiles des moyens électroniques), plus volatiles aussi qu’autrefois. On est passé d’une période où il fallait défendre les cyclistes à celle d’aujourd’hui où il faut répandre la culture du vélo. Un indice de la justesse de ce constat est que le nombre d’associations affiliées explose. Il y en a 10 de plus par mois (parfois très petites), ou autant de plus en un an qu’il y en avait il y a six ans.

La gestion de l’argent. A ma question sur l’hypothèse d’une fragilisation de la Fub par tous ces programmes (je pensais même « fuite en avant »), Olivier Schneider a répondu par le fait que 4 filiales avaient été créées, 2 à 100% Fub et 2 à 51%. 

De gauche à droite : Annie-Claude Thiollat, membre du CA, Olivier Schneider, président, et Nicolas Le Moine, président de Vélocité, lors de la conférence de presse.. Photo Fub.

Cette conférence de presse, tenue à Montpellier, au siège de la région Occitanie, avait pour objet de présenter le congrès de la Fub, et de dévoiler l’essentiel du nouveau programme (qui s’ajoute aux 7 précédents) consacré au label Entreprises pro-vélo. 

Combien de programmes? Après avoir créé le bicycode, puis pris pied dans la formation à la pratique du vélo (fédération des vélo-écoles) et dans les abris à vélo (programme Alveole), après qu’elle ait investi le commerce (coup de pouce vélo) et la formation en mécanique du vélo puis créé l’académie ADMA pour rédiger sa doctrine d’aménagement cyclable et l’enseigner, elle a lancé ColisActiv’ pour les livraisons et maintenant le label Employeurs pro-vélo. 

Mais ce n’est pas tout, il y a aussi le baromètre des villes cyclables, qui donne la parole directement aux citoyens, et Parlons vélo qui la donne aux candidats à des élections.
La parole aux candidats. L’édition de Parlons vélo qui vient de se terminer, pilotée avec l’association de départements Vélo&territoires et la participation du club des villes cyclables et des industriels du cycle, a enregistré les promesses de 608 binômes candidats conseillers départementaux et de 38 candidats conseillers régionaux. Au lendemain du second tour, Parlons Vélo 2021 compte 7 présidentes de région et 298 conseillers départementaux dans les rangs des répondants. La prochaine édition, en 2022, s’intéressera aux députés (et aux candidats présidents ?).
La parole aux citoyens. Quant au baromètre des villes cyclables, sa troisième édition est prévue à l’automne. 

Alors ce label des entreprises pro-vélo ? Vous le saurez dans le prochain article.

Pour en savoir plus, sus au site de la Fub.

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N’oublions pas non plus tout ce que la Fub a fait dans le cadre législatif, notamment pour la Loi d’Orientation des Mobilités. La Fub est peut-être avant tout un pouvoir d’influence.

En 40 ans la Fub est passée de FUBicy, petite amicale « de fond de garage » autour du pasteur Chaumien, à Fub, organisation de taille moyenne aux méthodes autrement plus professionnelles. Ses bases financières ont radicalement changé, aussi. En est-elle plus solide aujourd’hui, c’est un peu la question que je posais.

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1 réflexion au sujet de « La Fub grossit mais ne se renie pas »

  1. Merci, chère Isabelle, pour ce coup de projecteur pour une association solide, inventive, pragmatique, pour développer l’utilisation du vélo dans des usages qui peuvent faire effet de levier.
    Je crois utile que le Coordonnateur interministériel réunisse périodiquement les grandes associations pro vélos et les associations d’élus afin de susciter ensemble une dynamique partenariale pour innover et surmonter les obstacles.
    Et même si c’est un peu tard, je voudrais te féliciter, Isabelle, pour ton excellent article sur la « voie verte trans Ardenne« .

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