Together we Cycle, le film qui retrace l’histoire de la politique du vélo aux Pays-Bas

Les jeunes Néerlandais d’aujourd’hui ne s’en rendent pas compte. Leurs parents, à leur âge, étaient noyés sous les autos, et il a fallu une génération pour arriver au résultat d’aujourd’hui. MàJ. 7 mai.

Du film Together we cycle (vu à Nemours) qui relate l’histoire de la politique du vélo aux Pays-Bas, je tire trois leçons principales.

  • Rien n’est jamais acquis, encore aujourd’hui il faut tenir bout de trottoir par bout de trottoir, disent les anciens dans le film. Jamais rien n’est acquis, et d’ailleurs les années 80 aux Pays-Bas ont été perdues pour le vélo.
  • Ça a commencé vers 1970, comme chez nous. La pression populaire fut rapidement très organisée, notamment par des associations qui très tôt ont élaboré un manuel de recommandations si bien fait que les autorités en furent prises au dépourvu. Ces associations se positionnèrent sur la co-construction, la collaboration avec les autorités bien plus que sur une contestation le bec ouvert.
  • La convergence de vues se fit sur la notion de préservation de l’héritage. Détruire pour faire passer des routes express ou … conserver l’héritage architectural et urbain ? Ce fut une vue d’ensemble à l’oeuvre, avec une remarquable absence de théories. 

Il y a eu deux villes pionnières, Amsterdam et Delft, et c’est seulement plus tard qu’a été préparé un Plan national qui donna un coup de fouet à l’échelle du pays. Mais aucune règle n’est définie, la pratique dans ce domaine est faite d’essais et expérimentations, si bien que chaque ville ou province offre des solutions différentes à des problèmes similaires, ou pas. 

Au début, des oppositions violentes se sont manifestées du côté des automobilistes, on nous parle par exemple d’une maire adjointe réveillée en pleine nuit pour mettre fin à des obstructions de chantier en cours… Si tout commença vers le début des années 70, et si les années 80 furent perdues, le vrai début ne se situe pas avant les années 90 ! Nous sommes aujourd’hui 50 ans après les premières révoltes, avec déjà 30 ans de politiques cohérentes. Les résultats ce sont des centre-villes préservés et des vitesses limitées sur tout leur territoire. On revient de loin, les images avant-après sont saisissantes.

Il me semble que dès 1990 peu de temps aura été perdu puisque le bouquin que j’ai utilisé pour mon premier voyage d’étude aux Pays-Bas a été édité en 1993. C’est un guide de visite technique pour 10 villes du royaume.

Together ?

Par ailleurs je note, après ce premier visionnage « en vrai » du film, qu’une des importantes décisions a été de jouer à fond la complémentarité train – vélo et de relier les villes entre elles. Ceci aurait tout son sens en France entre villes proches, comme Narbonne – Béziers, Aix – Marseille, Moissac – Castelsarrazin – Montauban, ou encore Angoulême – Poitiers – Limoges …

Aucun lien entre la gare et les commerces, et pour le centre-ville, pas d’accés non plus.

Enfin, après les itinéraires de promenade et les itinéraires directs, sont aujourd’hui aménagés des itinéraires rapides et directs, comme nous en avons vus en 2017. J’ai été frappée par le fait que les responsables disent toujours chercher à améliorer et s’adapter aux évolutions de la société. C’est bien de cet état d’esprit que nous devrions nous inspirer, et évidemment pas des réalisations.
Le terme Together ne peut-il signifier Passage de flambeau, don de la première génération à la seconde ? 

A mon sens Together we cycle doit se voir après Why we cycle, le second cité faisant rêver au résultat, le premier proposant une méthode pour y parvenir. Comme toujours l’essentiel des dates figure dans l’agenda de ce blog.


  • Pays-Bas : points-noeud et véloroute rapide de Nimègue
  • Ma première recension du film.
  • Présentation du film Why we Cycle : Pourquoi roulons-nous à vélo?
  • Ajout du 7 mai (merci à Fr. Héran) : un très bon reportage (env. 15 minutes) sur Arte a été diffusé le 6 mai : Le vélo, l’autre reine des Pays-Bas. Le rôle de la monarchie a joué un rôle essentiel, les provos ne sont arrivés qu’après, et tout n’est jamais gagné, nous dit-on ici comme dans Together. L’exemple de l’extraordinaire piste du musée qui a faillit être détruite est là pour nous le prouver. Le film se termine sur une appréciation positive de l’activisme cycliste dans le royaume, qui n’y est jamais perçu comme trop radical. 

 

La future Maison d’accueil de Nemours sur la route de Saint-Jacques. (Le débat après le film était animé par Stein Van Oosteren)
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1 réflexion au sujet de « Together we Cycle, le film qui retrace l’histoire de la politique du vélo aux Pays-Bas »

  1. 🎦 Le 4 mai 2022 à Olivet (Orléans).18h30 au Centre culturel L’Alliage, 1 rue Michel Roques, 45160 Olivet. En présence de Olivier Razemon et Stein Van Oosteren. Gratuit. Parking gratuit pour les autos et rien pour les vélos. (Si, finalement, a-t-on appris le 3. La mairie va mettre des arceaux provisoires.)
    🎦 9 mai, Landerneau, cinéma Le Rohan à 20 h 15. 5 € Débat avec Sébastien Marrec.
    🎦 14 mai, 18h30 Salon-de-Provence, au CinéPlanet. Aprovel. Débat avec Stein van Oosteren
    Egalement en mai à Paris (18) et Saint-Etienne (31) Voir dans l’agenda du blog.

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