Comment recruter un spécialiste du vélo ?

Vous cherchiez une excellente mécano, un dessinateur industriel, un chargé de presse ? un directeur de la logistique, une responsable de la mission vélo de votre commune ? Vous ne recevez que des réponses médiocres ? C’est normal, la perle rare est rare, mais va l’être moins grâce à un nouveau site de recrutement, le Job vélo. 

Les cyclistes sont de plus en plus nombreux mais ne savent pas qu’être cycliste c’est peut-être le critère dont il faut se méfier pour s’occuper du vélo. Souvenez-vous de Taburin1

Pour tenir les postes de mécano il faut être très bon bécanicien, et non formé en 15 jours. Pour être responsable en collectivité être passionné de vélo n’est pas indispensable, il est plus prudent d’être cycliste normal, et surtout il faut être excellent technicien, et aussi savoir comment fonctionne une collectivité territoriale… Pour organiser un évènement, monter un syndicat, gérer une vélostation, lancer un produit touristique, travailler dans l’industrie …  c’est la même chose, être cycliste veut dire avoir une culture du vélo et bien sûr il vaut mieux. Mais il faut aussi et surtout savoir gérer la caisse,  parler aux journalistes, faire son métier. Pour créer des vêtements spéciaux, des nouveaux services, des sacs c’est pareil.  … Ça y est vous avez compris que le secteur est large.

En fait, me dit Léry, c’est la fusion des deux compétences qui est très recherchée.

Les annonces paraissent mais ne trouvent pas de bons candidats. 

C’est là qu’intervient Léry Jicquel, notre inventeur à tout faire dans le domaine du vélo. Lui sa partie c’est plutôt l’informatique et l’information. C’est lui qui a créé Velook, le site multi-service qui parle des vélos d’occasion, l’Observatoire des accidents de vélo, dont l’Etat devrait s’emparer, le concentré-vélo  ou presse-citron, une excellente revue de presse hebdomadaire, le hackaton du vélo, qui nous a bien occupés pendant le confinement, et j’en oublie. Léry a des idées, il fait des essais, il continue, ou pas. Il utilise le « digital » pour créer les services qui manquent dans le système vélo. Il vient de lancer un site de petites annonces d’emploi, le Job-vélo. Alors je l’ai interrogé. 

L’idée de ce site d’annonces lui est venue de ses rencontres et des demandes de « bons profils » que des entrepreneurs lui font. La seule plateforme d’emploi vélo qui existe ne concerne que les jobs de mécanos ou vendeurs alors que la demande d’emploi dépasse largement ce cadre : marketing, numérique, management, gestion de projet, achat…

Comme d’habitude Léry a été au plus simple, il a fait du « no-code » et a publié chaque jour un post Linkedin pour indiquer où il en était. Les nombreuses personnes intéressées l’ont aidé à définir le concept et sa valeur ajoutée et à engranger les premières annonces. Manifestement le besoin était là, et Léry l’entretient par des posts réguliers sur les réseaux sociaux (chaque lundi sur Facebook, Twitter et Linkedin !). Moi-même j’ai été interpellée par un loueur de vélos sur les axes touristiques qui cherchait deux mécanos. Vous vous rendez-compte me disait-il, le dernier, là, j’en savais plus que lui (lui, c’est le gestionnaire – vendeur – communiquant) ! Mais finalement grâce à Jobvelo il a eu 5 candidats, dont un dirigeant de société en reconversion. Il commence la semaine prochaine. 

On en est au début, mais les premiers recrutements sont déjà là, ou en sont aux derniers entretiens. Les premiers candidats sont soit des actifs en désir de changement soit des étudiants ayant à la fois des compétences ou connaissances dans leur métier et dans la culture du vélo. 

Ce vivier de cyclistes du quotidien actifs dans tous les domaines est la vraie valeur ajoutée de Job Vélo, qui a déjà été contacté par deux fédérations professionnelles. En revanche, c’est le silence radio du côté des fédérations de collectivités, s’étonne Léry, alors même que leurs adhérents ont des difficultés de recrutement. Elles appellent toutes à une filière du vélo la plus large et forte possible, mais ne saisissent pas l’aide qui leur est proposée. Quand le site deviendra payant au vrai prix elles se mettront à regretter de ne pas en avoir été.

Le prix de la bonne recrue et du bon poste

Sur les grandes plateformes d’emploi, il faut compter entre 400€ par annonce ou 1 200€ pour un abonnement annuel, explique Léry. D’autres plateformes moins populaires sollicitent une centaine d’euros pour des annonces concernant le vélo. Enfin, certains sites complètement invisibles des candidats proposent la publication gratuite des offres. Certes, mais qu’en disent les recruteurs ? 

Dépenser entre 1% et 10% du salaire mensuel du futur candidat pour obtenir de bonnes candidatures est tout à fait convenable aux yeux de  beaucoup d’entre eux. Mais Léry l’affirme, la gratuité pour les offres à destination des étudiants (stage, alternance, service civique) ne bougera pas car c’est l’avenir de la filière qui se joue là.

Alors si vous êtes un bon professionnel de votre profession et que en plus vous êtes un vrai cycliste, n’oubliez pas : l’avenir du vélo se fait par le vélo mais aussi par tout ce qui l’entoure. Participez ! Patrons, c’est ici que vous devriez trouver les bons professionnels.

Le Job vélo

  1. Raoul Taburin, par Sempé. Denoël, 1995.
Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire