Compter, voir, ranger, le vélo a besoin des entreprises

3 jours d’exposition et de conférences parfois passionnantes au Palais des Expositions de la Porte de Versailles, à Paris 15ème. Choses vues parmi d’autres à EuroMoExpo.

Compter pour mesurer

Le club des villes (et territoires) cyclables et marchables a établi un partenariat avec la société  Géovélo pour mesurer les trajets, en connaître les longueurs et les vitesses, et avoir une idée des « lignes de chaleur », c’est-à-dire des axes les plus fréquentés. Ce programme s’appelle « Comment ça roule? »

Bien sûr la plupart des cyclistes ne roulent pas le nez sur Géovélo, mais il suffit qu’il ait été mis en route pour enregistrer votre trajet. Pour l’instant 80 territoires sont suivis, dont 16 villes et 2 départements. Le résultat, pour la première année, confirme en gros ce qu’on savait. 

En moyenne un trajet dure 28 minutes, mesure 7,2 km et est parcouru à 15 km/h. Tout cela à affiner et suivre au long des années.

Par ailleurs Géovélo et Ecocompteur se sont associés pour une offre à l’international de comptages, là aussi. Geovelo mobilise ses GPS et Ecocompteur ses compteurs fixes, les résultats d’appuyant mutuellement. L’offre sera lancée à l’automne, et grâce à elle on verra, sur un axe compté, quelle est la proportion de cyclistes sous Géovelo, ce qui permettra moyennes, corrélations et extrapolations. 

 


Ecocompteur, créée en 2000, participe depuis 2013 à la plateforme nationale des fréquentations, pilotée par Vélo&Territoires (ex-Département et régions cyclables). Grâce aux compteurs (les siens et les autres) installés sur les voies vertes, on peut documenter principalement les itinéraires inter-urbains. En 2020 leur fréquentation avait augmenté de 11% sur l’année, dont +16% pour la mobilité utilitaire et +7% pour le loisir.

 Ranger pour garder

On aurait pu se croire dans un salon du garage à vélos. Altinova et Abri-Plus vont devoir faire avec Hakken-mobilité et la Ruche à vélos, et d’autres (voir mon article). De ces nouveaux le premier vise surtout les copropriétés, les promoteurs et les exploitants de parkings. Ils font en général du sur-mesure. Les seconds, connus pour leurs services automatisés, s’intéressent aussi maintenant aux formes plus classiques. 

Voir pour ne pas toucher

Sujet combien important que celui des accidents. Deux solutions, l’infrastructure et les caméras anti-angles morts. (Le casque, avis personnel, c’est de la culpabilisation qui n’atténue au mieux que les petits bobos.)

La société Knorr-Bremse présentait la solution ProFleet Assist, un sytème de caméras embarquées destinées aux poids lourds, équipées d’alertes de toutes sortes. Mieux vaut une petite dépense qu’un mort.

Le Grand Lyon s’est lancé dans une démarche Vision zéro tué et blessé grave, qui repose sur une méthode : savoir ce qui se fait ailleurs, établir un diagnostic, poser des objectifs, engager les actions. Elle veut des « rues qui pardonnent », où l’erreur ne se paye pas par la mort. A ce propos vous pouvez aussi consulter la fiche de l’ADMA  L’approche pour un système sûr : Nouveau paradigme de sécurité routière.

Lyon zéro accident, principes de base

Le Club des Villes cyclables, qui, par additions successives, a fini par devenir Club des Villes et Territoires Cyclables et Marchables, avait, selon une coutume désormais bien établie, aménagé un coin  « Mobilités actives » au fond du Salon Européen de la Mobilité, ou EuMoExpo. Ce salon n’est autre que l’ancien Salon des Transports publics, qui tente de faire passer l’industrie des transports pour le tout de la mobilité. Pourtant le salon ne présentait guère que des autocars, chemins de fer et autres transports en commun.  Naturellement, et comme d’habitude, notre coin se trouve sur le plan, mais pas dans le programme. C’est dire l’importance que revêt la mobilité aux yeux des industriels des transports, malgré le nouveau nom de leur salon.

 

Pour en savoir plus sur ces 3 journées, allez voir le site du Club
Pour en savoir plein sur les entreprises, procurez-vous L’annuaire des acteurs du vélo « en région » (comme on dit à Paris), publié dans le dernier numéro du magazine du club.

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2 réflexions au sujet de “Compter, voir, ranger, le vélo a besoin des entreprises”

  1. En effet, mettre en exergue dans la légende de la photo qu' »un cycliste sur trois se tue seul » au lieu de constater que « deux cyclistes sur trois sont tués par des chocs avec d’autres usagers » relève de la malhonnêteté intellectuelle à peine voilée. Par ailleurs, force est de constater, quitte à jouer les « vieilles connes », qu’aujourd’hui une majorité de cyclistes, à Paris en tout cas, font vraiment n’importe quoi, grillant les feux rouges, doublant à droite, fonçant sur vous en doublant face à vous dans les pistes bidirectionnelles… N’est-ce que la rançon du succès accéléré du vélo en ville et les « nouveaux » cyclistes vont-ils forcément apprendre à tenir compte des autres dans l’espace urbain ?

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