Un décret officialise la mixité vélo-piéton en traversée

Un décret officialise le répétiteur de temps en traversée ainsi que le caisson vélo/piétons. 

Je laisse la parole à Jean-Baptiste Gernet,
ancien adjoint à Strasbourg, aujourd’hui expert à l’ADMA 
(Académie des Mobilités actives) : 

Deux innovations pour les piétons et les cyclistes, expérimentées à Strasbourg ces dernières années, sont désormais généralisées au Code de la route !

👉 C’est ce que nous apprend le Journal Officiel d’avant-hier, publiant un arrêté du 13 juin 2022 https://lnkd.in/ebBq4Xaz

🚦 Le décompteur de temps piéton au feu est désormais officialisé. Il avait été testé pour la première fois en France au Pont Corbeau à Strasbourg, et il nous avait fallu attendre plusieurs mois un arrêté paru en août 2017 pour l’expérimenter sur 4 carrefours supplémentaires dans la ville.

🔴 🟢 Si l’effet sur le respect des feux a été positif mais marginal, c’est une information et un confort pour les piétons que de savoir combien de temps de vert il leur reste pour traverser, ou de rouge pour attendre.

🤔 Pourquoi les piétons y avaient droit dans d’autres pays comme l’Allemagne, mais pas en France ? La question ne se pose plus 😊

🚦 Autre innovation strasbourgeoise qui concerne les carrefours et qui a été généralisée, le coffret mixte piéton-cycle quand un aménagement cyclable jouxte un passage piéton.

Arrêté du 13 juin 2022 relatif à la modification de la signalisation routière

Pour compléter, voici les explications données
sur le site des Journaux officiels
 

L’arrêté comprend plusieurs modifications de la signalisation routière qui visent à améliorer la sécurité des usagers de la route et la sécurité des agents de la route, à adapter la signalisation à certaines contraintes des gestionnaires de voirie, des opérateurs de transports et des fabricants. Ces modifications concernent :
la création d’un feu mixte piéton-cycle R12m pouvant être utilisé comme signalisation spécifique au sens de l’article R. 412-30 du code de la route, dans les cas où il existe une piste cyclable traversant la chaussée, parallèle et contiguë à un passage piéton dont le franchissement est réglé par des feux de signalisation lumineux ;
– la possibilité d’utiliser, en complément des feux piétons R12, des décompteurs de temps pour piétons, afin d’informer les piétons du temps restant de vert ou de rouge piéton ;
– la possibilité d’ajouter, sur certains passages à niveau équipés de feux R24 dont la visibilité est limitée, un ou plusieurs feux R24 supplémentaires pour en améliorer la visibilité ;
– la création d’un panneau d’information relatif au respect des distances de sécurité en tunnel ;
– les conditions d’implantation de la signalisation des zones à faibles émissions mobilité ;
– l’identification, parmi la signalisation d’information locale existante, de la signalisation directionnelle à usage des piétons (nouvelles nomenclatures Dp29 et Dp43) ;
– la prise en compte, dans l’écriture des mentions de pôle, du cas particulier des zones portuaires ;
– l’élargissement des dimensions possibles des panneaux de grande taille, pour mieux tenir compte de leurs contraintes de fabrication ; {sûrement utile. Voir ma « demande » en conclusion}
– la précision des prescriptions de panneaux applicables aux tramways, au sens de l’article R. 110-3 du code de la route ;
– la possibilité, pour la flèche lumineuse de rabattement embarquée sur un véhicule ou une remorque, d’être décentrée par rapport aux roues de la remorque.

FR3

➡️ Un décret fabuleux sans grande utilité au quotidien ! Il est plutôt destiné aux gestionnaires de la voirie. Mais j’en profite pour formuler deux demandes :

  • Laisser le vert cycliste plus longtemps que pour les piétons, puisque se déplaçant plus vite ils peuvent atteindre l’autre côté en moins de temps que les piétons, et donc partir plus tard. Le double-caisson doit permettre cette évolution. Dans le cas contraire les cyclistes sont très pénalisés par rapport aux véhicules motorisés. 
  • Autoriser, pour les panneaux directionnels des itinéraires cyclistes, de s’affranchir des règles de taille (calées sur les vitesses pratiquées, plus on roule vite plus c’est gros) afin de tenir compte du fait que les cyclistes ont les mêmes yeux que les automobilistes, ce qui fait qu’ils n’arrivent pas à lire un panneau posé à l’autre bout d’un carrefour. 
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8 réflexions au sujet de “Un décret officialise la mixité vélo-piéton en traversée”

  1. Je plussoie. L’adaptation de la taille des panneaux à destination des cyclistes en fonction de la distance à laquelle ils doivent être lus, que ce soit en milieu urbain (de plus parfois noyés dans une foultitude d’autres panneaux, alors que les cyclistes doivent aussi penser à se préserver de la circulation motorisée), ou en milieu rural.

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  2. Le plus efficace et le moins couteux c’est de supprimer le maximum de carrefours équipés de feux en les réaménageant si nécessaire avec des panneaux. N’oubliez jamais que les feux sont là uniquement pour la fluidité de la circulation automobile et uniquement pour elle.

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  3. Voici des évolutions intéressantes, même si ça peut paraître anecdotique aux yeux du grand public.
    Mais quid de la signalisation horizontale des traversées mixtes piétons / vélos ?
    En ville, quand un trottoir est bordé d’une piste cyclable, au niveau d’une traversée c’est simple, on peint un passage piéton bordée d’une peinture matérialisant la continuité cyclable.
    Mais quand une voie verte croise une route, on trouve tout et n’importe quoi :
    – Le simple passage piéton.
    – Le passage piéton bordé d’une peinture matérialisant la piste cyclable (mais on se retrouve avec des aberrations : par exemple, souvent, la traversée fait 5 mètres de large alors que la voie verte en fait 3, et la position de la peinture ne correspond pas du tout à la trajectoire suivie par les cyclistes).
    – Le passage piéton bordé de bandes vertes ou, variante, comportant des bandes vertes entre les bandes blanches sur une partie seulement de sa largeur.
    – Un marquage vraiment spécifique à la voie verte : par exemple, un truc tout vert, avec des pictos vélos et piétons, comme si on avait peint par terre le contenu d’un panneau C115…

    À mes yeux, la dernière solution est la plus pertinente (on garde la même mixité durant la traversée que durant le reste de la voie verte) et elle correspond aux usages observés (chacun choisit sa trajectoire, comme sur le reste de la voie verte). Mais à ma connaissance, elle n’est pas réglementaire du tout.
    Les autres sont absurdes : la première est réglementaire, mais les cyclistes sont théoriquement obligés de mettre pied à terre, et deux les suivantes (dont seule la première est réglementaire, je crois) n’ont pas de sens en terme de trajectoire.
    Je me demande s’il existe une vraie solution…

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    • « – Un marquage vraiment spécifique à la voie verte : par exemple, un truc tout vert, avec des pictos vélos et piétons, comme si on avait peint par terre le contenu d’un panneau C115…» ? La peinture ça glisse, donc changer de revêtement dans ce cas.

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    • Le problème de la voie verte dans les zones urbaines (là ou il y a le plus de feux de signalisation et qui longe d’autres chaussées en général), c’est que contrairement aux pistes cyclables faisant partie intégrante de la chaussée principale qu’elle longe, les aménageurs ont toutes libertés à retirer les priorités, notamment en mettant en place des systèmes de traversées décalées et courtes et parfois nécessitant de presser des boutons. La piste cyclable elle est très encadré par les lois du Code de la route, un automobiliste qui change de direction doit obligatoirement cedez-le-passage, si ce n’est pas le cas, alors l’aménagement est illégal.

      Donc plus largement, je déconseille ce type d’aménagement, car en l’état il faut limiter l’emploi de voies vertes en ville.

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  4. « – la possibilité d’utiliser, en complément des feux piétons R12, des décompteurs de temps pour piétons, afin d’informer les piétons du temps restant de vert ou de rouge piéton ; »

    On commence doucement à avancer sur cette ligne de notion de temps de traverse. J’espère que la prochaine étape sera l’équivalence de ce qui se fait déjà à Copenhague depuis quelques années : les ondes vertes. Sauf erreur de ma part, cela s’appelle green wave, il s’agit de petites lumières vertes à suivre (à vélo) et qui permet d’anticiper le feu suivant : soit on maintien le rythme de l’onde, soit on accélère un peu, soit un ralenti car on sait qu’il faudra s’arrêter (et donc redémarrer) au feu suivant.

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