Les vélos ont besoin d’innovations, et rarement de moteur

Le vélo ne cesse de fasciner les inventeurs. Sans moteur il est certainement bien plus passionnant. Des vélos de course des années 50 aux vélos spéciaux vus à Spezi, petit voyage entre vélos adaptés (aux handicaps), vélos solaires et vélos couchés.
Les véhicules écologiques – 4

On sait que la forme et le carénage des vélos ont un fort impact sur la vitesse. Les records du monde sont battus chaque année lors du championnat du monde, le dernier vient d’avoir lieu dans le Jura. A voir les vitesses atteintes, on comprend qu’ils soient interdits de Tour de France et autres compétitions officielles. Mais c’est freiner, voire ignorer, les progrès du vélo. 

Une autre piste s’intéresse à la motorisation, et souvent à la récupération de l’énergie produite en pédalant ou en roulant. C’était plus ou moins le cas du vélo créé par Edgar Tournon dont je vous parlerai dans un futur article.

Votre vélo n’a réellement besoin ni de modernité ni de moteur. Le dernier numéro de Cycle! Magazine avait mis en compétition un vélo des débuts de Bianci et un tout récent. Le résultat était qu’ils arrivaient en même temps, et, pire, que c’était beaucoup plus intéressant avec le premier. J’en parle ici  : Pour Cycle! l’Italie est le centre du monde. La différence entre les deux c’est la force du cycliste… qui a énormément diminué depuis deux siècles.

  • Vélos adaptés
  • Vélos couchés et-ou carénés
  • Vélos à assistance solaire
  • Salons et festivals

Vélos adaptés

Je ne saurais épuiser le sujet tant le monde du vélo est vaste et multiforme. Je trouve cependant  important de parler au moins un peu des vélos qui permettent aux personnes en difficulté de marche de se déplacer par leurs propres moyens. On en a vu beaucoup à Spezi (voir plus bas), mais même dans le commerce on en trouve de nombreux. Et d’ailleurs le cyclisme est une discipline des Jeux paralympiques. 

Nielsen

Petit panorama sur l’offre de machines destinées « aux adultes et aux enfants avec des troubles de l’équilibre, des soucis cognitifs ou ayant une mobilité réduite ». (Nielsen)  

Lien dans le nom.

Un petit film pour comprendre l’énorme potentiel du vélo chez les personnes en difficulté de mobilité :
Les roues du possible
(5,30 minutes)

L’épisode 5 de La tête et le guidon de France inter
Quand le vélo redonne des jambes
(22 juillet, 4 minutes, texte fourni)

Et le meilleur pour la fin : SAMVA pour Sensibilisation et Accompagnement à la Mobilité en Vélos Adaptés, un carnet réalisé par Praxie design, pour montrer que « le vélo est un outil qui s’adapte à tous et dont chacun peut s’emparer, quelles que soient ses capacités physiques et ses besoins. Les actions SAMVA visent à partager de la connaissance sur les vélos adaptés et à accompagner les adultes de la Métropole de Lyon dans leur projet d’acquisition d’une solution de mobilité active pour les trajets du quotidien. » Vous le trouverez sur le site A chacun son vélo. 

Praxie design

Vélos couchés

Barbara Buatois a été la femme la plus rapide du monde, en vélo couché caréné, à 106,71 km/h en 2017. Lire Barbara Buatois conserve son titre de cycliste la plus rapide du monde 

Les championnats du monde de vélo couché sont le lieu pour découvrir les records que l’on peut atteindre avec un vélo autre que classique, c’est à dire « droit ». Cette année les championnats ont donc eu lieu dans le Jura, du 15 au 17 juillet. Si vous consultez régulièrement l’agenda de ce blog vous le saviez. Fin juin il y avait 95 engagés :
– 36 non carénés
– 11 semi-caréné
– 20 vélo-mobiles
– 26 trikes
– 2 handbikes

En voici une présentation en 2m30. 

Toujours concernant les vélos couchés ou vélos spéciaux, on n’oubliera pas les Trophées Kidam (Départ Arrêté Musculaire) qui avaient lieu à la Cipale, le mythique vélodrome parisien, jusqu’en 2016. J’ai parlé de la dernière session ici : Trophée KIDAM: Journée fabuleuse et historique, avant écroulement ? Cette année-là Jean-Charles Gosselin y a roulé à 60 km/heure.

Les HPV tiennent congrès chaque année, le dernier, organisé par l’université de Bordeaux, à eu lieu à distance, en février et mars 2022.

Pour découvrir le monde des vélos couchés, allez sur le site de l’association française de vélo couché et sur le site de Velofasto, un des rares spécialistes français, installé près de Rennes. Allez aussi visiter le seul vendeur et constructeur français de vélomobiles JV & Fenioux, dans la zone industrielle de Luçon par la RD 949, ou trouvez-vous par hasard à La Tranche-sur-mer le 17 septembre. 

On se demande cependant si le solaire ne va pas tuer les progrès du vélo, notamment des vélos couchés.

Les vélos à assistance solaire

Le Suntrip, organisé par Florent Bailly depuis 2013 a eu lieu cette année du 17 juin à 9 juillet avec 41 engagés. L’objectif est de pousser au progrès dans l’alimentation électrique par le soleil. Le parcours faisait  2500 km de Grenoble à Lyon… en passant par la Suisse, l’Autriche, la Slovénie et l’Italie. L’arrivée était prévue place des Terreaux.

Carte interactive

Film promotionnel 

Deux autres Suntrip étaient organisés cette année, le Sun Trip California, à titre de test, qui a pris fin le vendredi 4 juin dernier, et le Corsica-Sardegna Sun Trip, prévu fin septembre comme une évolution du projet déjà initié en Corse en 2019 et 2020. 
Le Sun trip a eu pour arrivée le Kazakhstan en 2013, la Turquie en 2015 et la Chine en 2018. En 2019 il est resté à proximité, partant du Puy et se rendant jusque dans les Alpes italiennes, pour finir à Valence.  

Film de résumé

Photos, commentaires, autres vidéos sur le site ou sur la page Facebook de Florent Bailly. Voir aussi : Les vélos poussés par le soleil, de Florian Bailly, 2014.

Notons qu’un vélo solaire sans batterie a été présenté ici dès 2016 par Hans Kremers : Un vélo solaire développé aux Pays-Bas Le 1er vélo à assistance solaire sans prise ni tête – février 2016.
Saluons aussi le concours des élèves ingénieurs à Chartres. Nous y étions en 2015 : Coup de soleil pour la coupe du soleil à Chartres.

 

Salons et festivals

Quoi qu’il en soit restons concrets. Le salon Spezi, ou « salon du vélo à l’huile de muscle », est LE lieu où découvrir tous les prototypes comme les vélos commercialisés du domaine utilitaire, adapté, professionnel… J’ai eu la chance de m’y rendre trois fois déjà :

Le dernier salon professionnel Eurobike, à Franfort, commence à s’intéresser sérieusement aux vélos spéciaux, nous rapporte Olivier Razemon, qui l’a également publié dans Le Monde. Tout cela fait douter du « triomphe du solaire »… sauf peut-être dans les secteurs aéronautiques ou très spéciaux, et continuer à croire dans le progrès des vélos.

Lire Olivier Razemon sur son blog : 10 choses que j’ai apprises à Francfort, au salon Eurobike

Un beau festival a lieu aussi régulièrement à Lunéville, près de Nancy. Son titre est tout simplement Salon des cycles du futur. Le dernier a eu lieu en 2017. Un autre se prépare, nous en reparlerons bientôt. Et en attendant, il y aura un salon des mobilités début septembre au Havre.


Chaque mardi pendant la suite de l’été
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5 réflexions au sujet de “Les vélos ont besoin d’innovations, et rarement de moteur”

  1. Quasiment tout dans le vélo a été inventé au XIXeme siècle, puis il a été perfectionné dans les années 30/40 par les randonneurs / porteurs…
    Ce dont le vélo a besoin aujourd’hui c’est une politique des transports au service des gens et non de l’industrie automaboule.

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    • Certes, mais qu’est-ce qu’un vélo ? Qu’est-ce qui constitue son essence, sa radicale identité ? Ce sera le sujet d’un des prochains articles de cette série.

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  2. ▶️ J’ai vécu dans une ville vallonnée, Besançon. J’y ai circulé à vélo normal, et un peu à vélo à assistance électrique. Je préfère le vélo normal, beaucoup plus agréable. Certes, il faut forcer de temps en temps pour franchir les côtes mais ça n’est jamais insurmontable.

    ▶️ A une autre époque, je vivais sur les hauteurs de la ville. Je faisais mes trajets domicile travail avec un VAE. Mais une fois arrivé en ville, mon vélo classique me manquait. Et si je n’avais pas eu un VAE sous la main, j’aurais continué à le faire à vélo classique. Le VAE était un confort supplémentaire, mais pas quelque chose d’indispensable.

    ▶️ J’ai aussi voyagé à vélo, sur le plat comme dans les reliefs (Suisse, Wallonnie, Vosges, Beaujolais et Haut-Jura). Toujours à vélo classique. Là, pas besoin d’électrique. Il faut juste un braquet adapté. Monter prend du temps, mais le principe d’un voyage à vélo est de prendre son temps.

    ▶️ J’habite aujourd’hui à la campagne. La petite ville la plus proche est à 10 km, dont 8 en pente, et la dernière montée est très très forte. J’ai à nouveau testé le vélo classique, et tout récemment le VAE.
    => Pour un usage occasionnel, le vélo classique suffit amplement. Mais on rentre fatigué et il faut beaucoup de temps.
    => Par contre, pour un usage régulier, le VAE me paraît cette fois quasiment indispensable, à moins d’être vraiment sportif. Ça change vraiment la donne, de pouvoir faire un tel aller-retour en moins de 1h30 et sans fatigue, c’est à dire qu’on peut se remettre à travailler sitôt rentré. En fait, ça ouvre la voie à une mobilité qui se rapproche presque de celle que j’avais en ville où je n’hésitais pas à sortir juste pour aller à la Poste ou acheter une baguette de pain. À la campagne, il faut faire 10 km pour ça. Donc soit on le fait en voiture, soit on attend d’avoir un trajet plus important à faire en voiture, et on regroupe tout ce jour-là, soit on a vraiment le temps et l’envie de faire une balade à vélo. Mais avec le VAE, on peut se permettre de faire l’aller et retour juste pour un colis ou une petite course, comme en ville. Et ça serait pareil si je devais faire des déplacements domicile – travail quotidiens sur ce trajet. Je ne me verrais pas les faire à vélo classique. Ça serait voiture ou VAE, donc VAE.

    Quant à tous les vélos spéciaux, notamment couchés et carénés, ils ont un énorme avantage sur les vélos classiques sur le plat et face au vent. Mais pour monter les côtes, ils n’en ont malheureusement pas.

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    • J’ai utilisé un vélo couché à assistance électrique.
      C’est bien en descente.
      C’est bien sur le plat car aérodynamique.
      C’est bien en montée car l’assistance est bien présente.
      C’est un vélo 2 roues donc pas de problème pour le charger (et recharger) dans le train.
      Dans une remorque mono roue on peut mettre une seconde batterie, un chargeur, la toile de tente et la nourriture de la journée.
      Il faut juste recharger une fois dans la journée ou la nuit. Cela donne environ 200 km d’autonomie si on ne roule sur un relief moyen, et 100 km en montagne.

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