Création de l’association des entreprises innovantes dans le vélo

On est en France et on veut promouvoir l’industrie francaise. Voici pourquoi, peu après celle des opérateurs de vélos comme service public, s’est créée l’association  de la « Cycling Tech France ». J’ai honte (*). Voyons de quoi il retourne.
Les véhicules écologiques – 6

« L’association « Cycling Tech France », présentée le 5 juillet, a pour objectif de représenter et de promouvoir les startups innovantes de l’écosystème de la mobilité douce, et plus particulièrement du vélo ». Encore la fameuse douceur de la mobilité … 

Destinée à accompagner ses membres sur des sujets complexes (stratégie, développement, structuration, financement) grâce à un réseau d’ « experts reconnus », l’association se donne pour mission de participer à l’émergence de futurs champions de la mobilité douce et du vélo.

▶️ La mobilité douce n’est donc pas un vélo. Tant mieux, j’en avais marre.

Elle entend mettre en lumière les enjeux du secteur et représenter ses adhérents auprès des différentes parties prenantes (les pouvoirs publics, des grandes entreprises, des investisseurs et d’autres acteurs du secteur). Elle a pour ambition de rassembler et d’animer la communauté d’entrepreneurs à travers l’organisation d’évènements thématiques en présence d’experts reconnus.

Qui participe ?

A ce jour, l’association regroupe déjà une trentaine d’entreprises (ils disent 50 mais j’ai compté), « ce qui constitue une marque de confiance claire, et le signe d’une attente forte en termes de représentation de la part des startups », selon le communiqué de presse. 

L’initiative revient à Eric Dodin, assureur et investisseur, et Alexandre Rispail (Sorius, préparation des cyclistes compétiteurs), Secrétaire Général de l’association Insurtech France (« un club qui porte et défend les intérêts de nos structures françaises »).

Son bureau est composé de membres du monde de l’entreprise et de l’innovation. Parmi eux, Anouk Bara (Transition-finance qui accompagne les petites entreprises), Frank Heissat (ex-Coq sportif, consultant en finances), Benoit Aimond (chargé de mission Numérique et Innovation à la Région Ile de France et ex animateur d’incubateur et accélérateur), Thomas Chappuis et Alexandre Molla (Sharelock). 

Les autres membres sont, présentés comme ici, sans même de ponctuation, Ateliers Heritagebike Caminade Dans ta roue Easyin Flying cat G4 dimension Gaya Bike Géovélo GravelUp Je suis à vélo Jean Fourche (un vélo innovant vraiment très bienLaka Le Job Vélo (recrutement de professionnels connaissant l’univers du véloMoebius Bikes Motto Shift bikes Sports’N connect Tandem The Cyclist House Tulip Ultima Veloo.com Viraj Voltaire VUF Wattsgood Wilma – Il y avait un membre du bureau qui s’était rajouté là alors je l’ai enlevé, comme un des fondateurs. Sauf erreur il n’y a pas de doublon avec l’association des vélos publics (lien donné plus bas). Il n’est sans doute pas question d’intégrer des grosses sociétés puisqu’on parle plutôt de jeunes pousses.

Tant pis pour les entreprises des secteurs dont les diversifications les rapprochent pourtant de notre industrie. Car il est clair que le vélo qui rapporte est de plus en plus non pas électrique mais électrique et connecté. Itinéraires, blocage de l’engin, informations diverses, suivi technique, alertes en cas d’accidents, analyse des flux … font rêver et … font se rejoindre le monde du vélo de ceux de l’aviation comme de l’automobile, et même de la moto. Nous en reparlerons la semaine prochaine, avant d’aborder la question de fond un peu plus tard.

Quand le lancement ?

L’association a été présentée le 5 juillet « entre 19 et 22 h », le communiqué d’invitation étant parti le matin-même à 11h 29 …  Au cours de la soirée, plusieurs invités devaient offrir un éclairage sur la filière vélo.

  • Le Cabinet conseil Roland Berger devait présenter en avant-première son “panorama des startups du vélo”, 
  • le député Guillaume Gouffier-Cha partager les points essentiels de son rapport, dont il est précisé qu’il a été remis à plusieurs ministres avec leur nom, attributions et numéro de portable (?), je vous les passe parce qu’on le sait déjà et que c’est évident,   
  • les fondateurs de la reine de la soirée, Cycling Tech France, présenter la synthèse de l’étude menée auprès de ses membres. Elle est destinée à formaliser leurs attentes et contribuer à la feuille de route de l’association.

Je n’y étais pas, aussi cette note est-elle rédigée uniquement à partir du communiqué et de recherches sur internet. Les commentaires sont les miens.  

et alors ?

Le « vélo » ça commence à peser sérieusement ! J’ai quand même des doutes. Deux groupements qui se lancent quasiment en même temps, celle des acteurs des « vélos publics » le 29 juin, celle-ci le 5 juillet, soit une semaine après et à l’arrache… je ne sais pas qui a réagi à l’action de l’autre, mais ça fait un peu combat de coqs. Attendons un peu.

—🚲—

(*) j’ai honte
J’ai honte de cette fierté à jargonner en anglais. Remarquez, l’exemple vient d’en haut.
Après la french tech et la french mobility (pour laquelle j’avais obtenu l’ajout de « France mobilité »), voici que La Tribune (lettre du 16 juillet) nous rapporte que, parlant de la sobriété à laquelle nous devons nous préparer pour cet hiver,  » la ministre de la sobriété énergétique, Agnès Pannier-Runacher, lui a préféré le mot, plus chic il est vrai, de « sufficiency » en anglais ». Dans un déjeuner, oral donc. Le français vous fait peur ? Comme le vélo peut-être ?


Chaque mardi pendant le mois d’août

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2 réflexions au sujet de “Création de l’association des entreprises innovantes dans le vélo”

  1. Le monde de l’entreprise, biberonnée par le monde électronique et numérique, est devenue anglophone. Il y a un fond de snobisme dans tout cela.

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  2. Beaucoup d’objets nous ont donné pleine satisfaction dont les voitures d’avant l’électronique et du SUV et les vélos des années 2010, alors les industriels ont voulu innover pour relancer la demande et, comme la lessive qui lave plus blanc que blanc, on a été envahi de machines bourrées d’électronique qu’on ne peut plus utiliser sans avoir la notice explicative mal traduite. Comment accéder au réservoir d’essence ou même démarrer sa voiture, dois-je recharger ma batterie avant qu’elle soit totalement déchargée, mon VAE a crevé… quelle détresse ! La sobriété ne passerait-elle pas aussi par la simplification et la possibilité d’utilisation par tout un chacun ?

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