D’où vient le mot REV(e), Réseau Express Vélo ? 

C’est un véritable rêve qui fut créé en 2010 au Havre par trois amis. Hans Kremers, Isabelle Lesens et Jean-Luc Saladin à une terrasse de café. C’est ainsi que souvent se fait l’histoire. (Image : REV de Montréal)

Pendant le Salon Eco’akt, à Saint Romain de Colbosc (76) les 25 et 26 septembre 2010 j’avais montré quelques images d’une des premières « autoroutes à vélo » des Pays-Bas, à Nimègue. Le lendemain, après avoir assisté ensemble à ce salon, Isabelle Lesens, Jean-Luc Saladin et moi-même nous sommes mis autour d’une table au Havre en se disant que le terme des « autoroutes à vélo » n’était pas terrible. Nous nous sommes mis à cogiter pour trouver un terme plus approprié. Soudain Isabelle a dit : stop là, ce ne sera pas Route Vélo Rapide ni Route Express Cycliste ni même Voie Vélo Rapide ou Véloroute Express (ou autres combinaisons que nous avons oubliées), ce sera Réseau Express Vélo, parce que ça fait REVer. 

Nimègue, arrivée à la gare

C’est ainsi  que le mot REV, Réseau Express Vélo, est né en octobre 2010.

Les trois protagonistes ont ensuite utilisé ce terme en espérant sa généralisation en France. Isabelle l’a fait dans son blog dès octobre 2010 par la publication de « Vers un Réseau Express Vélo »  et j’ai ensuite rédigé l’article Des voies rapides pour vélos un peu partout en Europe mis en ligne en mai 2011.  

Invité par La CUS (Communauté Urbaine de Strasbourg) pour faire une présentation du sujet lors d’un forum pour son PDU, (le 24 septembre 2011) j’ai proposé le terme REV(E) en donnant cette définition, inspirée par une source du gouvernement allemand: « Les REV(E) permettent aux cyclistes de se déplacer avec une vitesse constante et avec un besoin d’énergie relativement faible. Cela est obtenu par la liberté de croisement (carrefours dénivelés), par des lignes droites et des grands virages, par un revêtement de bonne qualité et par des largeurs particulières des voies pour pouvoir doubler et rouler de front ».

Nimègue

On peut cependant constater que l’envie de se singulariser existe également en matière de REV(e) ce qui n’aide pas forcément la cause commune du concept ….

  • La Communauté Urbaine de Strasbourg a connu un premier plan synthétique de son « SCHEMA DU RESEAU REVE – Réseau Vélo Express »  en 2012. Après avoir localisé les itinéraires de ce schéma, ce nouveau plan a été présenté en 2012 d’abord comme R.E.VE. (Réseau Express Vélo) et ensuite, en février 2013 sous l’appellation « VÉLOSTRAS Le réseau express vélo strasbourgeois ». 
  • La métropole grenobloise a lancé son « réseau Chronovélo » en 2017. 
  • Nantes Métropole a adopté son nouveau Schéma Directeur des itinéraires cyclables avec ses « voies magistrales » en 2021. L’on peut regretter l’absence du mot «Vélo ».
  • La Métropole Lyonnaise a rebaptisé son REV les « Voies Lyonnaises ». L’on peut y regretter également l’absence du mot «Vélo ».
  • Le Cerema a sorti en 2016 sa fiche N° 35, fort utile, pour encadrer la réalisation d’infrastructures cyclables performantes. Il propose le terme RCHNS pour ces infrastructures : réseau cyclable à haut niveau de service. Cela nous dit tout et rien, mais le RCHNS n’est pas un terme très communicant ….

Heureusement toutes les collectivités n’ont pas cherché à se singulariser pour l’appellation de leur réseau puisque la majorité de celles qui peaufinent leurs infrastructures cyclables performantes ont choisi le nom REV ou REVE, ou Réseau express vélo, pour les identifier. 

Bordeaux

Nous avons ainsi le Département de Haute Garonne, Rennes Métropole, Toulouse Métropole,  Bordeaux Métropole, la Métropole de Montpellier, la Métropole de Rouen, la communauté d’agglomération de Saint Germain Boucles de Seine, le Réseau Express Régional Vélo de lIle de France, les villes de Chatellerault ou Libourne, et d’autres.

Le mot REV(e) est donc adopté. 

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