VELOV’ ET VELIB’ SIGNENT LE PASSAGE DU TRANSPORT A LA MOBILITE
Congrès du Club des Villes cyclables, Lyon, 18 – 19 octobre 2007 Vélib’ et vélov’, le parisien et le lyonnais, marquent un changement de civilisation. Ni les vélos ni les tramways ne sont des nouveautés, ce n’est pas là que se joue la rupture, nous a expliqué Georges Amar, directeur de la prospective à la RATP. Les déplacements, c’est l’information, et cela constitue un changement de paradigme.
Le transport, passif et collectif, porte d’un point à l’autre le plus vite possible, tandis que la mobilité, active et individuelle, est un événement polysémique. La mobilité est consciemment occasion de rencontres, achats, lectures, etc. les grandes gares deviennent des centres commerciaux et culturels. Le transport vide qui s’exprime en distance s’oppose à la mobilité qui s’exprime en temps. Paris est bien à deux heures de Lyon, n’est-ce-pas ? Le temps est devenu l’élément central, qu’on peut aussi vouloir faire durer (le temps de la vie, celui des vacances) ou dont on se fiche (il a fait le tour du monde à vélo).
Les tramways ou les vélos en libre-service ne sont pas un mode de transport ou un vélo. Ils requalifient la ville, ils sont un phénomène de société. Le changement de paradigme ne se situe ni dans tram ou vélo mais dans l’information, dans le périphérique. L’informatique a changé de nature du jour où fut inventée la souris, le plus petit d’entre eux ! Les déplacements ont changé de nature du jour où furent mis en place les logiciels d’organisation du co-voiturage, du calcul d’itinéraire, de guidage, de recherche d’horaires ou de réservation, de gestion de vélos…
Désormais la mobilité exige une grande compétence, car chacun l’organise lui-même, en passant d’un mode à l’autre. La mobilité « durable », c’est faire plus avec moins, mieux remplir les voitures, utiliser davantage les vélos, faire plus de petits déplacements dans un temps court.
Les vélos comme les autres ne sont plus que des moyens, et ne constituent plus ni identité ni ne se suffisent à eux-mêmes. Aucun n’est parfait, et la diversité c’est la vie !
Is. L. 29 oct. 07
------
VELO-CITY 2007, MUNICH : pragmatisme et ambitions
Record de participation battu (958 contre 850 à Paris en 2003) pour cette 16° édition du célèbre congrès bi-annuel, et organisation sans faille : sans états d’âme, les Allemands ont mené à bien leur tâche, quitte à copier les recettes éprouvées ailleurs (par exemple, la balade nocturne et la sacoche sont tout droit sorties de l’expérience parisienne).
La ville de Munich, peu dense et pleine de verdure, offre des conditions de circulation assez satisfaisantes aux cyclistes. Notons que de nombreuses pistes sur trottoir sont déclassées au profit de belles bandes sur la chaussée. Fléchage dense, itinéraires structurants, ainsi qu’un axe traversant toute la ville le long du fleuve, partie de la véloroute qui relie la frontière autrichienne au Danube.. Une carte très complète et précise et des vélos en libre-service viennent couronner le tout.
De nombreuses personnalités étaient présentes, du maire de Munich, et pas qu’une fois, aux ministres des transports de plusieurs pays. On voit que le sujet prend de l'importance.
Des 150 présentations on retiendra pour les agglos l’importance de la concertation, entre partenaires « égaux en dignité » (Kiel, Munich, Tilburg…). Pour les politiques nationales on remarque qu’elles associent de plus en plus partenaires privés et publics (Suisse), fonctionnent en réseau (Norvège, république tchèque, Allemagne…) et s’appuient sur des arguments de santé (la mobilité) et de sécurité (république tchèque, Allemagne, Norvège…). L’importance de la signalisation, des cartes et de la communication a été plusieurs fois soulignée.
Un mot de « santé » enfin, très important même si marginal dans le congrès: Le projet européen «vector » a pour objet la mesure et la visualisation de l’exposition aux polluants « ulta-fins ». Ces « ultra-fins» sont pires que tous les polluants connus à ce jour, ils pénètrent dans le sang et atteignent le cerveau. Les nouveaux diesels en rejettent plein. Le simple passage d’une mobylette fait faire un bond stupéfiant à la courbe.
Il est plus que temps que les ambitions s’affichent. C'est le cas. Si Londres veut quadrupler le nombre de ses cyclistes avant 2025, Coppenhague veut devenir la première ville cyclable du monde, et aussi la capitale mondiale de la lutte contre la pollution. Son maire a même déclaré que pour la mobilité le vélo était le changement le plus significatif des temps modernes !
Is. Lesens, 20 juin 2007
-----------------------------------------------------------------
Moins d’un an après l’inauguration du tramway,
TOTALE REFONTE DES BOULEVARDS DES MARÉCHAUX
Dans le cadre de sa politique de réduction de la place de l’automobile en ville et de lutte contre le réchauffement climatique, le conseil de Paris débattra, le 2 avril, d’un ambitieux projet de redistribution de l’espace sur les boulevards Maréchaux sud.
Il s’agira de ramener la circulation automobile sur les deux voies côté nord et d’affecter l’espace « extérieur » (côté sud) à la création de jardins familiaux.
Une piste cyclable à double-sens sera aménagée entre le trottoir et les jardins, sur la largeur d’une voie automobile (environ 3 m). Les parcelles seront affectées aux habitants désireux de les cultiver, et seront gérées par l’association des Jardins familiaux d’Ile-de-France.
Denis Baupin précise que ce projet était à l’étude dès l’origine, mais qu’il n’avait pas vu le jour à cause du refus du préfet de police. Or il s’avère aujourd’hui que les riverains expriment leur déception quant au nouveau visage des boulevards : insécurité et bruit, cyclistes un peu n’importe où… et que par ailleurs le préfet souhaite lui aussi, désormais, que l’automobile cède la place à la verdure.
L’opposition municipale, pour une fois d’accord, devrait même aller plus loin. Elle a indiqué vouloir proposer que les boulevards soient renommés, et que de Maréchaux ils deviennent «maraîchers». René Galy-Dejean, maire du XV° arrondissement, a ajouté qu’il voterait ce projet si les noms choisis permettaient d’honorer des jardiniers ayant particulièrement excellé en France. André Le Nôtre, La Quintinie, Alphand … méritent autant notre admiration que des guerriers, nous a-t-il précisé avec émotion. Françoise de Pannafieu, maire du XVII° et candidate au fauteuil de maire de Paris, se réserve de citer Albert Kahn, Joachim de Carvalho ou Jean-Claude Nicolas-Forestier, selon des sources proches du dossier. Une commission de toponymie présidée par le maire du XV° devrait être chargée de proposer une liste d’ici 6 mois.
Rappelons que ces deux personnalités se sont engagées, si la mairie leur revenait, à transformer la petite-ceinture en coulée verte accessible aux piétons et aux vélos.
Denis Baupin, qui a fait prendre de gros risques à la municipalité en mettant des cyclistes partout, trouve là une occasion en or de se racheter une place dans l’histoire. Nous regrettons évidemment QUE LE PREMIER AVRIL TOMBE UN DIMANCHE, car ce projet a vocation, selon ses dires, a être étendu à l’ensemble de la rocade des boulevards.
32 mars 2007
---------------------------
JE L’ATTENDAIS DEPUIS PLUS DE 30 ANS…
LA DÉFENSE S’OUVRE ENFIN
Cela fait plus de 30 ans qu’il n’est plus possible d’aller à vélo de Saint-Germain-en-Laye (où j’habitais) à la place Péreire (où habitait ma grand-mère, Paris 17°), pour moins de 20 kilomètres en zone plate.
On nous avait mis la Défense en plein dans le passage.
Aujourd’hui, la construction d’une piste cyclable est presque terminée… Elle n’est pas totalement plate, mais on pourra s’en accommoder. L’accès côté pont de Neuilly n’est pas encore fait, mais semble être en travaux. La piste peut se prendre au coin des rues Louis-Blanc et du Général-Audran, sur Courbevoie, non loin de la Seine, ou aussi avenue Gambetta, et se termine rue Regnault, en face de l’escalier mécanique derrière le CNIT. De là on peut prendre le boulevard de la Mission-Marchand, sur lequel un jour, peut-être, se trouveront tramway et pistes cyclables, puis, par les contre-allées de la RN 192, atteindre les bords de la Seine à Nanterre.
Sauf une interruption à Nanterre, facile à contourner avec un plan du coin, on peut suivre la Seine vers l’ouest et le nord jusqu’à Sartrouville, la plupart du temps par des chemins partagés avec les piétons ou des rues interdites aux trafic motorisé les samedis et dimanche.
Ce n’est pas le plus court à vol d’oiseau, mais c’est une bien agréable promenade. Il faut juste changer de rive à Bougival, après avoir roulé quelques 600 mètres sur le trottoir.
Ce qui veut dire que 20 ans après son décès je peux enfin aller voir ma grand’mère …
----------------------------------