Les voies vertes peuvent-elles servir au quotidien ?

Estimer le potentiel des voies vertes comme support de la mobilité quotidienne en Pays de la Loire. Une étude de Corentin Lemaitre présentée lors de la rencontre du Club des villes et territoires cyclables d’octobre 2018. 

Le potentiel des véloroutes et voies vertes comme support de la mobilité quotidienne ——-
Etude pour la DREAL pays de la Loire.
Corentin Lemaitre, consultant en mobilité et urbanisme  @CorentinVelo et Antoine Riche @cartocite

Une méthode reproductible
L’objectif de cette étude était d’estimer le potentiel des voies vertes comme support de la mobilité quotidienne en Pays de la Loire, pour ensuite apporter un éclairage au niveau communal sur les potentiels d’utilisation comme les freins et leviers pour cela.

800 km de voies vertes (sur un total d’environ 3 000 km) ont été identifiés comme ayant le plus de potentiel théorique pour les déplacement quotidiens. Ils ont fait l’objet d’une analyse de cyclabilité en considérant plusieurs critères numérisés, qui ont servi au calcul de 3 indicateurs.  Il en ressort un indice de cyclabilité pour chaque portion, et une méthode reproductible pour identifier quels critères ont une influence significative sur la cyclabilité.

Evaluer le potentiel en termes de déplacements quotidiens
Les 3 indicateurs sont la sécurité (largeur et type de voie), le confort (relief et revêtement) et l’efficacité (Porosité).
Les critères sont la largeur, le type de surface, le partage avec les piétons; la porosité de la véloroute (les accès), la sinuosité du parcours, le relief; le type d’aménagement et les vitesses de circulation.

Résumé de l’étude en pdf : Potentiel des VVV
Tous les documents sur le site de la DREAL des Pays de la Loire.

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4 thoughts on “Les voies vertes peuvent-elles servir au quotidien ?

  1. C’est incroyable que cette question soit encore posée. La réponse se trouve dans le cahier des charges national des véloroutes et voies vertes de 2001. Il est vrai que pour certains promoteurs du vélo en ville, le « vélo des champs » était hors sujet.
    Or l’expérience montre chez nos voisins européens et même en France qu’il y a continuité entre les zones urbaines, péri urbaines et les campagnes. Il suffit de regarder une carte des VVV d’Ile-de-France!
    Il ne faut pas désespérer, mais le temps passe et la part modale du vélo en France évolue peu. Alors, bousculons la routine, brisons les verrous et privilégions l’ambition et le dynamisme. Vive le vélo !

    • Bonjour Jean-Louis, étant l’un des instigateurs de cette étude en DREAL (j’y étais relais-vélo, on avait dû se croiser une ou deux fois), j’y ai pensé, en me désespérant des documents de type SCoT (schéma de cohérence territoriale) ou PDU (plan de déplacements urbains) qui font de grandes envolées lyriques sur le développement du vélo et d’un réseau cyclable mais ne font à aucun moment l’inventaire de ce qui existe déjà (notamment les véloroutes et voies vertes de leur territoire).
      De ce fait, nous avons décidé de faire l’inventaire pour eux et de leur expliquer pas à pas les freins et les solutions qui peuvent exister. C’est là que l’on voit le manque d’une « culture » vélo, pas dans le sens, « les Hollandais font du vélo parce qu’ils sont hollandais » mais dans le sens que les services techniques des collectivités sont, face au vélo, à peu près comme une poule devant un couteau, ils ne savent pas par quel bout l’aborder et quelles mesures seraient intéressantes. C’est sûrement en partie pour ça que malgré une volonté, parfois sincère, les choses avancent doucement.
      Pour compléter, quand on voit qu’un organisme comme « Ponts formations conseils », une des centres de formation du domaine des transports, vient en 2018 de créer la première formation sur le vélo, on se dit que ça avance enfin, mais qu’il en aura fallu du temps…

  2. Très intéressant (ce qui ne m’étonne guère de la part de Corentin).
    Il est clair que les voies vertes sont non seulement utiles pour les déplacements à vélo, mais même plus : dans certains secteurs périurbains ou ruraux, elles sont parfois la seule possibilité de se rendre au travail à vélo, quand la seule autre alternative est une départementale à fort trafic.
    À la campagne, il y a les mêmes problématiques qu’en ville, mais à des échelles différentes : les petites rues et les petits chemins sont tranquilles et agréables à vélo (même plus qu’en ville) tandis que les grands axes routiers sont dangereux (et beaucoup plus qu’en ville). Il n’est parfois pas possible de les éviter sans faire d’énormes détours (en ville, on parle de détours de 500 mètres maximum, mais en milieu rural ça se compte tout de suite en kilomètres).
    Par conséquent, la création de voies vertes, quand elles constituent des alternatives sans détours aux grands axes routiers, est une vraie aubaine en milieu rural, non seulement pour le loisir, mais aussi pour les déplacements du quotidien.

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