La Scandibérique, le nouveau guide est arrivé

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par | Août 26, 2025 | Guides | 1 commentaire

Les éditions Chamina viennent de rééditer le guide Tours – Côte basque à vélo, sous-titre Eurovelo 3 ou variantes, avec la précision De la Loire à l’Espagne à vélo (première édition 2016). Pour cette nouvelle édition le titre a été changé.

⏩️ Désormais nous avons La Scandibérique, avec pour sous-titre De la Loire au Pays basque, Tours – Saint-Jean-Pied-de-Port. La première erreur est arrivée, la majuscule est la bonne sur le guide et dans mon blog, mais pas sur l’image publiée sur leur site, et utilisée à deux reprises dans cet article.

D’habitude je fais durer mon matériel, mais là j’étais curieuse de voir ce que ça allait donner sur un itinéraire créé par une association (c’est la seule véloroute de France qui soit comme ça puisque la Seine à vélo amont démarre à peine), CyclotransEurope, qui agit jusque dans la préparation de guides, alors que cette fois-ci l’éditeur s’est affranchi partiellement de l’association. En gros le travail sur le guide a commencé comme d’habitude, l’auteur est une association et voilà. En cours de route est intervenu un changement, le contact prééminent de l’éditeur n’est plus l’association mais le comité de pilotage1le comité de pilotage réunit les collectivités concernées de la véloroute, ce dont l’asso n’aurait pris conscience qu’assez tard.

Alors cela a créé des difficultés, et le dernier mot est revenu systématiquement au comité de pilotage. C’était donc à l’éditeur (ou au comité de pilotage) d’assurer les vérifications et la relecture, ce qui a été fait, me rapporte-t-on, dans la précipitation. Le résultat ne se voit qu’en regardant le livret de près, à des incohérences et des erreurs. Procédons avec méthode.

-1- Le nom et l’insertion dans le tout. Le mot de « Scandibérique » avait été choisi par CyclotransEurope, mais le titre de la première édition du guide était plus explicite. Cette fois le titre « La Scandibérique » et le contenu du guide laissent entendre que la véloroute commence à la Loire pour se finir à la frontière ibérique. Même dans la présentation, où sont données les connexions avec d’autres véloroutes, la partie nord n’est pas mentionnée. Il ne s’agit plus d’une scandibérique, véloroute européenne reliant la Scandinavie à l’Espagne. Est-ce une faute de Chamina ? Il n’en est pas de même sur « le site officiel« , qui, par contre, est bien pire pour le point 4 de l’article que vous lisez. Vous verrez que n’y sont données que les adresses d’établissements ayant le label « Accueil vélo », qui est payant.

-2- L’itinéraire. Il n’est plus tout à fait le même, reflétant probablement certains souhaits de responsables locaux et non plus la recherche prioritaire du confort ou de l’intérêt des cyclistes. En tous cas le résultat est curieux, par exemple on ne passe plus par Poitiers, pourtant ville jacquaire par excellence, on oublie Bazas, dont la cathédrale affiche une façade inoubliable, et à la fin on rajoute une petite encoche vers l’est. De nombreux tronçons ont été modifiés, comme de Clérac à Guître, peut-être améliorés, d’autres fois non. Le franchissement de la frontière ne se fait plus à Irùn mais à Saint-Jean-Pied de Port, ce qui paraît logique puisque c’est par là qu’on monte au col de Roncevaux, mais plus difficile, en privant d’une longue partie plate le long de l’Adour et ensuite le long de la côte. De plus, puisque la véloroute tel qu’elle est présentée s’arrête à la frontière, on ne voit pas l’intérêt de se rendre au pied du col. Logiquement on aurait pu ou dû au moins garder les deux terminus. Pour la voie du Nord, d’ailleurs, le franchissement se fait par Irùn. Autre exemple, et je m’arrête là, à la sortie de Bordeaux on perd beaucoup de linéaire de voie verte entre les deux éditions, ce qui ne raccourcit le parcours jusqu’à La Brède que de 3 km. Où est l’interêt ?

Comme je l’ai déjà dit c’est le comité de pilotage qui a eu le dernier mot alors que personne ne s’y attendait au début de la rédaction. Ce comité est composé des représentants des collectivités concernées et cotisantes, qui pensent à la vie économique de leurs citoyens. Les représentants des usagers, bien que connaissant très bien les lieux, en sont donc exclus.

⏩️ Parcours officiel et parcours de l’association sont bien distingués, lorsqu’il y a lieu, sur le site de l’association.

Tout cela est bizarre, et je ne peux m’empêcher de me demander comment ce sera sur le terrain. Les pancartes ont-elles été mises à jour, alors même que les adhérents s’obstinent à compléter les panneaux et poser des autocollants partout où le jalonnement est insuffisant ? Le parcours sera-t-il raccord avec ceux proposés par France vélo tourisme ou Ma voie verte ? Va-t-on sans cesse changer le parcours et donc ne jamais pouvoir flécher correctement ?

-3- Les cartes. Elles sont plus grandes et bien plus claires qu’il y aura bientôt 10 ans, et cela a un prix, il y a une cinquantaine de pages en plus. 

-4- Les adresses. Du côté des adresses, certaines corrections ont été apportées (hôtels fermés par exemple), mais d’autres établissements n’ont toujours pas droit de cité. Par exemple pour Saint-Justin (Landes) est mentionné sur la carte … deux campings, deux noms, mêmes adresse et téléphone, et rien d’autre. Ce camping (je n’en ai trouvé qu’un !) est à 3 km, sur la route de Roquefort, une route départementale toute droite et bien chargée (de camions et autres), et, pire, à accès très réservé … Pourtant à Saint-Justin si l’hôtel de France est effectivement fermé il y a encore un hôtel, Le Cadet de Gascogne, très bien d’ailleurs et depuis plusieurs années. Il est référencé dans la liste mais pas sur la carte, et de toutes façons ce n’est pas sur l’itinéraire, bien qu’à seulement 5 km (faites attention à ne pas y aller par la grand’route).

A Labastide d’Armagnac, territoire de la Chapelle Notre-Dame des cyclistes, il y a, sans quitter la bastide elle-même, un hôtel et trois adresses de chambres d’hôte, mentionnés sur la carte. Dans la liste du guide c’est l’inverse de Saint-Justin, ici il n’y pas d’hébergements, il n’y a que le loueur de vélos (et ça tombe bien, c’est le mari de la dame d’une des adresses de chambres d’hôte). L’hôtel est pourtant très bien aussi, il s’appelle Au relais gascon et se trouve à deux pas du musée et de la pharmacie, en face du marchand de journaux. Comment a-t-on pu ne pas le voir ? Les chambres c’est pareil, il est difficile de ne pas les voir, et puis il y a un très bon office de tourisme.

On ne va plus à Bazas mais on a laissé les adresses, Poitiers n’est plus signalé que comme « à proximité » hors carte, mais 6 adresses sont données, et à Bordeaux ils n’ont pas oublié le bloom hostel mais il aurait mérité un peu d’explications. Je finasse peut-être, mais ça fait quand même beaucoup pour un si petit échantillon, et encore je n’ai pas cherché à voir toutes les erreurs dont on m’a parlé. Le fond de l’affaire c’est que les dernières corrections de l’association n’ont pas été prises en compte, et que l’éditeur ne pouvait pas s’en passer. C’est aussi que certains changements d’itinéraires ont été acceptés, et ont dû être parcourus, ce qui est du boulot en plus. Je ne sais pas pourquoi il y a eu précipitation à ce point. En tous cas l’absence presque totale de référence à l’association dans le guide (aucun logo ou signature, seulement les lettres « CTE » dans la liste des contributeurs en petits caractères de la dernière page) n’aura pas été facile à avaler, et certains dans l’équipe n’ont pas compris. Au moins la qualité insuffisante de cette édition, malgré son aspect propret, devrait délivrer les membres de « l’équipe opérationnelle » de tout regret d’avoir été mis à l’écart, ne gardant peut-être que l’amertume de s’être donné tant de mal.

En conclusion
Pour : une présentation rénovée, dont on se félicite. Contre : un certain nombre d’interrogations. 

  • La principale interrogation porte sur l’itinéraire, qui échappe à son créateur et à sa logique, malgré son acceptation de compromis. L’association CyclotransEurope a aussi disparu des premières pages introductives, alors que l’éditorial de la première édition était signé de son président. Certes on trouve à la fin le même genre de remerciements, adressés nommément aux membres de « l’équipe opérationnelle », et on m’assure par ailleurs que l’association touchera ses droits d’auteur comme prévu. 
  • La seconde porte sur le choix des adresses.
  • La troisième, bien sûr, porte sur le contrôle, la relecture et les corrections, qui toutes relèvent de la responsabilité de l’éditeur, encore plus lorsqu’il se passe des dernières contributions des auteurs.

De la première édition j’avais écrit qu’elle était de classe ++. Cette fois je me contente de dire « bon, d’accord, les cartes sont bien ». Mais pourquoi on ne va plus à Poitiers et pourquoi ils font miroiter un tel camping ? Une troisième édition serait déjà envisagée afin de remédier à tous ces manques. CyclotransEurope acceptera-t-elle encore de faire tout le boulot dans ces conditions ? Et vous, allez-vous acheter le guide ?

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Patrick
3 mois

merci pour cette analyse.

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