Un festival du voyage à vélo presque démesuré

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Jamais nous n’avions vu si grand festival du voyage à vélo. Pour cette 39 eme édition, fin octobre à Angers, l’amphithéâtre de plus de 1000 places n’a jamais été complètement rempli, et pourtant le nombre de visiteurs avait doublé depuis Le Mans il y a deux ans. 3500 personnes auront passé la porte chaque jour, ça fait au moins 6 fois la jauge. Il est vrai qu’il y avait fort à faire sur les deux immenses plateaux à notre disposition, où se pressaient des dizaines de stands, classés plus ou moins par catégories, ce qui veut dire que les voyageurs et leurs livres étaient avec les associations, mais que d’autres associations étaient proches de la cantine, et que la librairie était à côté du matériel, au sous-sol, mais que du matériel artistique se trouvait en haut. 

photo Bernard Colson

J’ai vu quelques films de froid et de désert, un en Islande (un pays où les rivières n’ont plus ni lit ni profondeur et les terrains plus aucune végétation1Lire le livre Effondrement, de Jared Diamond pour comprendre. Folio) ou sur le lac Baïkal en plein hiver. A l’opposé le super drôle film des cyclo-migrateurs, un couple âgé qui n’a l’air de rien, mais c’est une erreur, intitulé Viva Cuba et montrant la débrouillardise et l’accueil malgré la situation presque florissante à l’époque, c’est-à-dire terrible aujourd’hui. 

Sur ce thème j’enchaine avec le film rapporté d’Ukraine par Thierry Mourlane, et sous-titré par lui, qui montre deux gaillards dont un journaliste en train de faire le tour de la ligne de front, à vélo, pour voir comment ça se passe. C’était il y a trois ans, les ruines que nous voyons sont aujourd’hui détruites, les bombardements n’ont jamais cessé, et on ne sait pas ce que sont devenus les vieillards rencontrés. Avant et après, chants ukrainiens accompagnés au piano, pour finir avec l’hymne national. C’est le même Thierry qui avait exhumé le film Saiian réalisé en 1988 et qu’il avait sauvé et projeté au dernier festival, au Mans en 2025.

On ne voyage pas à vélo pour faire du tourisme, mais pour connaître, ou se connaître. Ceci je l’ai écrit quasiment à chaque fin de festival.

Il y a le voyage d’Anaïs vers le Japon, sans avion, avec ses baisses de moral, son énervement à Séoul car c’est trop comme chez nous, et sa capacité à s’émerveiller revenue ensuite.

Le dernier voyage que j’évoque est celui que fit Victor vers l’Iran. Il pensait avoir besoin de solitude pour se trouver, lui et sa liberté. Il s’aperçoit que la liberté qu’il cherchait n’existe que dans l’humanité. Mais le pire  c’est qu’il aime son vélo aussi fort que n’importe quel cyclard aguerri et qu’il ne l’avait compris que partiellement. Il prête son vélo pour plusieurs mois, son vélo, évidemment, ne le supporte pas et revient cabossé. Le genre de récit qui fait pleurer les dames et ça n’a pas loupé.  

Jean-Pierre Bonnafous photographié par Bernard Colson

Dans le « salon » de nombreux auteurs, avec ou sans film, des associations, des fabricants. En voici ma liste personnelle.

Des réchauds à bois pour la randonnée, plusieurs modèles, tous pliables en extra-plat et léger, faits à la main le soir au coin du feu par Sylvain Poupard qui nous conseille le Ferzil 10. ferzil.fr Vous lirez ses conseils, c’est très très convainquant.

Les sacoches artisanales de Bagera (qu’on retrouvera lors du concours des machines chez le premier prix), en tissus synthétique très solide et imperméable, permettant que si une pièce casse on puisse s’en arranger, et ayant pour autre particularité le choix à la carte des couleurs qui seront apposées. www.Bagera.bike 

Le bloque-frein pour vélo qui bouge et tombe, même avec une béquille. Bakkie-Cycles, eux aussi fabriqués et emballés à la main. Par l’inventeur et toujours là des sacoches-supports qui permettent d’emporter tout et n’importe quoi.

La carte à gratter de toutes les véloroutes de France, on gratte pour faire apparaître en couleur ce qu’on a parcouru, tout le gris reste à essayer puis gratter. En vente chez Itinérances, librairie du voyage. 35 € + port (env. 8 €). Je ne l’ai pas trouvée, il vous faudra peut-être la demander. La librairie a eu plein de clients et avait un bon paquet de ces cartes. A défaut vous la trouverez grâce à France vélo tourisme.

Juste à côté, les éditions Artisans-voyageurs. Dernier né, les mémoires de Lily Serguéiew (1938-1940, Paris — Alep à bicyclette).

Des objets fascinants à regarder sans fin … créés par Marko. Voir leur boutique (le poupoupidou). Il y en a à tous les prix, les plus intéressants pour moi étant ceux qui bougent, en équilibre ou en mouvement sans fin … 

Philippe, le spécialiste du vélo couché ou assis de Velofasto à 5 km de Rennes, qui maintenant vend aussi le vélo d’Abel (balance, de Van Raam), ce que j’avais déjà signalé lors du dernier Festival. Il a aussi désormais des quasi vélos couchés avec confort de ville (dossier, bon siège etc).

Le fanzine le Chasse-goupille mené par Benjamin Pichot, de l’atelier Récup’R à Bordeaux, redac’chef – auteur – metteur en page -distributeur … et inquiet pour l’avenir, les subventions municipales ayant chuté. Avec tout ce qu’on pourrait faire, me dit-il … (pour le bien social). J’en ai parlé ici , une fois, mais la présentation entière est sur le wiklou.

A la cantine, sous-sol. Photo Bernard Colson

Et j’oublie tous les autres, surtout ceux que je n’ai même pas vus, et les bénévoles. Comme à chaque fois ils sont au moins une centaine, jusqu’à l’épuisement. Après notre départ ils ont encore à tout ranger et nettoyer. Le matin du dimanche, cette fois, ils ont été obligés de filer en urgence au supermarché … pour reconstituer le stock de sandwichs ! Le seul regret finalement c’est peut-être qu’il n’y ait pas eu à proximité de cafés ou restaurants où se réfugier. Il manquait aussi une horloge, l’affichage du programme au fur et à mesure, et des plans du salon. C’est peu, personne ne s’en est plaint. De la difficulté à s’orienter dans ce grand espace et du brouhaha permanent, si, pourtant, je les a trouvés fatigants, et je ne suis pas la seule.
Pour téléphoner le seul recours fut d’aller aux toilettes, vastes et très propres, mais où ? Tout au fond, là-bas, au fond du couloir, au rez-de-chaussée.

Photos et autres sur Facebook 


Dépôt des candidatures jusqu’au 10 janvier 2027

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