Ils sont joyeux et boute-en-train les 150 élèves qui sortent leur vélo ce mardi ensoleillé vers 16h. Une grande esplanade devant le collège leur permet de traîner ou de faire des acrobaties, quasiment aucune auto à l’horizon, voici une sortie bienveillante, joyeuse, dans le calme.




Des 450 élèves de ce collège de la grande couronne parisienne, proche de la gare de Persan-Beaumont, 1/3 sont à vélo, une cinquantaine est en trottinette, dont la plupart sont électriques, mais parmi les vélos on compte aussi beaucoup de vélos électriques et quelques faux vélos. M. Genç, le Principal du collège Pierre-Perret à Bernes-sur-Oise, n’est pas content de voir ses élèves succomber à la passivité. L’usage des machines qui privent de l’effort et du plaisir qui va avec est un mauvais départ dans la vie, souligne-t-il.


Justement l’an prochain les grands de l’école élémentaire Paul-Verlaine à Bruyères, à quelques 3 km de là, intègreront ce collège et seront prêts.
Le rôle de la vélo-école
Nous avons assisté à la dernière séance de Savoir Rouler A Vélo (SRAV), le matin, et au parcours de validation du bloc 3 l’après-midi. C’est Frédéric, pour l’association VeloOise, et Thierry, le président, qui oeuvrent, la maîtresse ferme la marche. Avec eux il n’y aura jamais de sortie en classe entière comme cela se pratique souvent ailleurs. On n’y apprend rien, disent-ils, seuls les deux premiers de la file ont des décisions à prendre, les autres suivent. Leur pédagogie consiste donc à ne guider que des petits groupes, et à les faire passer deux par deux dans les endroits difficiles afin que la mise en situation soit réelle et la prise de décision inévitable. Ils obligent ainsi chaque élève à décider par lui-même, comme ce sera le cas dans la vie en dehors de l’école.




Plusieurs conditions réunies
Cependant ici ils ont de la chance. On a beau être dans une banlieue à la population d’origines diverses et où environ 40% des ménages sont très justes financièrement, la presque totalité des élèves savent déjà faire du vélo, et disposent en général d’un vélo. Et rares sont ceux dont les parents ont peur pour eux, car les mamans elles-même sont cyclistes à leurs heures.
3 autres atouts s’y ajoutent : (1) il y a une piste cyclable qui longe presque toute la route entre les deux établissements. (2) Il n’y a pas de transports publics pour aller au collège. Et (3) rares sont les parents qui pourraient chercher leurs enfants à une heure pareille. Je note un dernier atout, le fait que les distances à parcourir sont faibles.
L’activité de la vélo-école consiste donc à apprendre le comportement, notamment lorsqu’il faut franchir un carrefour, s’engager sur un rond-point, rejoindre une piste …



L’implication des autorités locales
C’est la Communauté de Communes du Haut Val d’Oise qui a mis en place le dispositif et le finance dans le cadre de son projet Contrat pour la Réussite de la Transition Ecologique. Ils payent les animateurs et la location des vélos manquants, et se manifestent aussi en offrant aux élèves ayant fini le bloc3 du SRAV un « pack sécurité » qui contient un gilet de visibilité, deux catadioptres, une sonnette et un éclairage rechargeable : tout ce qui est obligatoire !
Cette année il y aura eu 36 classes de la communauté de communes à avoir bénéficié du SRAV, ce qui fait environ 900 enfants. Cela va continuer à augmenter car le bouche à oreilles motive de plus en plus d’enseignants. Alors la communauté ne faiblira pas, et même si les aides, jusqu’à 30% tout de même, de l’Agence Nationale du Sport venaient à disparaître.
A noter que le Plan vélo local, voté en 2023, comporte aussi les aménagements routiers intercommunaux. Ainsi par exemple notre piste cyclable devrait-elle être prolongée des deux côtés jusqu’aux limites communautaires. Quant aux arceaux à vélo et les accroches-trottinettes c’est le Département qui les prend en charge au titre de sa gestion des collèges.

Courtes distances, rues paisibles ou pistes cyclables, expertise des enfants, voilà les trois facteurs gagnants, les dispositifs de stationnement des vélos renforçant le tout.
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Deux cartes pour s’y retrouver






