Vendredi dernier j’ai participé à la première demi-journée du Mad-Jacques d’octobre. C’est la troisième qui était organisée avec l’équipe de la véloroute Paris-Londres (Véloscénie), dont le comité d’axe est présidé par Patrice Pattée, un ancien de la municipalité de Sceaux.
Le départ a été donné depuis la mairie de Paris 15eme, et l’on commença le parcours par la rue d’Alleray puis la rue de la Procession, peu circulées, pour passer le chemin de fer et atteindre la rue Vercingétorix, dans le 14 eme arrondissement, qui donne accès direct à la coulée verte du TGV atlantique. Je signale à qui me lit que c’est ici qu’a commencé la politique du vélo à Paris…
Dès les premières minutes j’ai vu que l’ambiance était joyeuse et amicale, et que les participants allaient être des « trentenaires ». Un certain nombre était déguisé, trois d’entre eux étaient en pyjama et pantoufles, l’un portait perruque, l’autre jouait au vieux coincé du dos, d’autres étaient décorés comme des sapins de Noël, c’était tout bon.




L’adjoint au maire de Paris délégué au tourisme avait fait le déplacement, la mairie du 15eme était bien représentée, mais de discours il n’y eu point. Le départ fut donné sous un arceau gonflable au son de la musique. Je partis la première !
Le programme comportait le parc de Sceaux, le viaduc des Fauvettes, le château de Rambouillet, la cité d’Épernon, la Vallée de Chevreuse. Samedi soir fête à Nogent-le-Roi, avec concerts, marché du terroir, food-trucks, bières artisanales, projections de films d’aventure, ateliers et jeux traditionnels… et des retours au camping en musique entendus à 3 h du matin. Allez, tout est dans le programme.
Je peux ajouter quelques observations suite à cette immersion.
(1) Les participants sont jeunes et plutôt sportifs, la vitesse est assez élevée mais pas trop, au contraire c’était juste un rythme d’allégresse. Il s’agit en général de personnes qui ont l’habitude de rouler mais ne se la jouent pas lycra. C’est le genre jeunes actifs qui se verraient bien faire des virées de quelques jours avec les potes ou la famille naissante mais n’osent pas encore le faire. Ils veulent voir comment ils s’en sortent sur trois jours. C’est aussi dans l’air du temps, vivre une aventure tout en ne partant pas loin. Pour certains c’était très dépaysant, moi j’ai beaucoup aimé.
Une bonne moitié des cyclistes participait pour la première fois, ce qui voudrait dire qu’il y a pas mal de renouvellement. Les deux filles d’Arras roulaient sur leur vieux « D4 pourri », la famille au tandem en était à sa 6° participation. Leur fils Quentin, 8 ans, a tout fait à vélo, sa petite soeur était dans la remorque. Nombreux étaient venus de province, Marseille, La Rochelle, Lyon … . Nous étions 420 (sur 470 inscrits…).


(2) Chacun transporte sa tente (ou en a loué une à l’organisation, ou une place en tipie) et son casse-croûte, certains étaient compris dans le prix, et chacun est autonome et peut aussi dormir ailleurs.
Le parcours est dans le téléphone, préalablement chargé. Pour participer il fallait payer « à partir de » 134 €
(3) Les départs sont faits par paquets mais ensuite c’est comme ça se présente, ce qui permet mélanges et rencontres. Le premier pique-nique était à Massy, et si je ne vous dis pas où, c’est que je n’en sais rien. La trace s’est perdue, c’est la joie de la modernité, et, bien qu’il connaisse bien les lieux, mon acolyte et moi avons erré jusqu’à ce que nous trouvions quelqu’un à suivre.
Images sur Instagram : interceptés en pleine forêt par des cochons roses.
Images sur le site de mad-Jacques Véloscénie.
Tout cela ressemble dans le principe aux Vélotours, qui, eux, emmènent débutants et fêtards sur un parcours dont beaucoup ne se sentaient pas capables. Vélotour est en ville et fait 20 km, attirant aussi les gens ordinaires, Mad Jacques est à la campagne et fait 60 ou 70 km par jour, et dans les deux cas cela mise sur la convivialité et la fête. Les deux sont produits par une entreprise, Vélotour ou Mad Jacques, bien que cette dernière ait été rachetée par la société Ebra-sports. Dans les deux cas il y a une boucle plus longue destinée à ceux qui veulent ou aux « gros mollets ».
Comment mettre des gens sur un vélo ? En les mettant sur un vélo dans l’ambiance qui leur plaît.




