A peine 1500 participants pour ce vélotour. Normalement c’est au moins 4000, 5000 à Reims le 23 août, encore 3500 à Chambéry le 30, et très joyeux. La faute à la date, sans doute, la faute au manque d’implication des partenaires locaux … Imposer une date contre l’avis de l’organisateur n’est pas une bonne idée. Le laisser se débrouiller avec les conséquences, merci bien.
Le nombre et la qualité des lieux visités méritait sûrement le déplacement, même si pour ma part ils me laissaient indifférente, un stade de foot historique, une cantine à peine entrevue … d’autant plus indifférente que je ne savais pas de quoi il s’agissait ! Le questionnaire reçu le lendemain m’a éclairée, faiblement : Du Centre Aquatique Olympique au Stade Bauer, en passant par la Grande Nef de l’Île des Vannes ou la Communale de Saint-Ouen. Du chinois, vous dis-je. Le questionnaire de satisfaction du lendemain y ajoutait un parking à Saint-Ouen, le siège du Conseil régional, le Centre aquatique olympique, la tour Pleyel, les serres Wangari, que nous avons longées, je crois.
Moi ce qui m’a surtout intéressée ce sont les magnifiques passerelles créées pour les Jeux Olympiques, le village olympique lui-même, et la tour Pleyel, passée de vieille tour délabrée sur une place du tiers monde à superbe et fière tour Blanche sur une belle place. Elle est devenue un hôtel 4 étoiles pour les Affaires, dont nous ne traverserons entre deux portes que le hall du rez-de-chaussée. Accueil de pingre, ai-je pensé peut-être un peu vite.



Nous avons parcouru une petite vingtaine de kilomètres par petites rues d’autrefois comme grandes artères d’aujourd’hui, maisons-jardins comme grandes constructions du village olympique, quartiers ouvriers comme quartiers d’affaires… 130 bénévoles associatifs tenaient les carrefours, et une multitude de petites flèches roses sur le sol complétaient le guidage. Les participants étaient ravis, certains étaient en famille élargie, d’autres étaient déguisés, comme le veut la tradition des vélotours. Certains se déplacent à chaque vélotour, quel qu’en soit le lieu, comme un pèlerinage. Beaucoup de très jeunes enfants étaient présents, et peu de vieux grand-parents. Pour eux 16 km c’est déjà beaucoup. J’ai repéré un monsieur ayant du mal à remonter sur sa selle pour redémarrer, et un papi bien fatigué sur l’ultime passerelle. C’est la vraie vie, et des vieux il y en aura de plus en plus.
Pour nous ce fut l’occasion de faire connaissance avec le Gentleman du Bicycle, tenu par Laura et Maxime, qui a su me montrer comment graisser ma chaîne. Leur café vélo au 11 cours des Lavendières à Saint-Ouen est déjà une adresse courue qui fait regretter d’habiter à plus d’une heure de route. C’est dans une rue piétonne donnant sur le bd Victor-Hugo, dans un quartier en pleine construction.
L’association Un enfant par la main avait elle aussi saisi l’occasion pour se faire mieux connaître. L’essentiel des bénévoles venait d’elle, avec les scouts. L’association agit pour les enfants dans plusieurs pays où les corvées agricoles et le portage de l’eau empêchent les enfants d’aller en classe. L’association agit donc sur l’adduction de l’eau et les méthodes agricoles, mais aussi en aidant à construire des bâtiments ou en fournissant des vélos aux élèves.



Cela fait 20 ans que Bastien a créé les Vélotours. Ils sont les fêtes du vélo en vrai, les participants roulent plus qu’ils ne pensaient et découvrent des merveilles cachées. Ils s’aperçoivent qu’ils pourraient utiliser davantage leur vélo. Des animateurs accueillent un peu partout et présentent un peu les lieux, il y a même eu des sacrées mascottes comme la vieille dame qui était encore là à l’édition de Paris XVeme, en 2015 avec 4230 participants (et 6000 en 2018) .
Cette fois-ci la part festive était faible, le désir municipal peu visible, pas d’affichage en ville, pas même d’indications pour trouver les lieux. Ce n’est pas ainsi que l’on peut créer un grand évènement, me confie Bastien. Le Vélotour reviendra-t-il à Paris ou en région parisienne ? C’est toute la question, car on ne peut pas faire manger celui qui n’en a pas envie.
Et pourtant les participants étaient ravis, et finissaient toujours par évoquer, des lumières dans les yeux, le vélotour du bois de Vincennes, en juin 2018, auquel j’avais heureusement moi aussi participé : Vélotour Paris : une journée formidable.

LES DERNIÈRES DATES DE 2026
5 septembre, Saint-Emilion
13 septembre, Nantes + Dijon (20 ans de vélotour !)
27 septembre, Valenciennes + Grenoble
A Saint-Emilion il y a trois parcours de longueurs différentes mais des caves et des vignes partout, à Nantes c’est 17 km, et à Valenciennes vous irez, entre autres, au centre de maintenance du tramway Transvilles, enfin de retour, et au siège de l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer. A Dijon ce sera formidable, et à Grenoble … le siège des compagnons du Devoir, le centre commercial, le campus de l’Alternance etc etc.




