Prendre la route, un livre formidable sur l’histoire du voyage à vélo

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Sous des dehors peu alléchants et un titre peu prometteur je viens de lire quelque chose de formidable ! Prendre la route est un livre glorieux, sa lecture est comme une vague montante de Tahiti1olympique! , elle est pleine d’allégresse.

L’histoire du cycle, de ses constructeurs, de ses clubs et de son usage est ponctuée en France par trois guerres, plus une, celle d’Algérie. Autant d’époques. La première est fort intéressante notamment par l’évocation des dames, et celle des écrivains, ainsi que par le rôle des clubs dans l’identification sociale, rôle qui a aujourd’hui disparu. Entre les débuts et aujourd’hui on trouve cependant bien de points communs, notamment que le vélo et le matériel ne sont pas un sujet de récit et que les ambitions sont similaires et relèvent du contact avec la nature et de la préservation de nos racines. La distinction entre compétiteurs et sportifs est tôt établie, comme entre ces derniers et les voyageurs et promeneurs.

Le livre constate ainsi qu’hier comme aujourd’hui le cyclotourisme, au moins en France, a de multiples formes, dont la plupart ne passent par aucune association et qui ont en commun, souvent, l’éloge de la lenteur. Vous verrez que les recommandations d’autrefois pourraient être entendues aujourd’hui, et les distances et vitesses préconisées en voyage … sont déjà celles que j’ai toujours pratiquées. Je vous laisse lire les voyages de Sartre et Beauvoir pendant la guerre …

A partir des années d’ »après guerre » le livre devient de plus en plus euphorique. Il clarifie de nombreux points, sur le rôle des clubs, sur la place des dames, sur la chute du vélo utilitaire comme du cyclotourisme dans les années 60, et sur l’utilisation du vélo comme symbole, par Illich ou Krassovsky par exemple. Il s’interroge sur la disparition presque complète des récits de voyages à vélo après la seconde guerre mondiale, et leur renaissance aujourd’hui. Il déconstruit certaines vérités historiques que je tenais pour sûres, notamment sur les rapports entre FFC et FFCT, mais explique très bien en quoi le cyclotourisme peut être un sport sans être une compétition, et en quoi le Tour de France a occupé l’imaginaire dans un monde sans cyclistes. Les rapports entre auto et vélo seront aussi une révélation pour certains, tout comme la cause de la domination automobile dans notre pays. Puisant aux meilleurs sources il donne des chiffres sur les parts de trajets faits à vélo dans différents pays européens qui peuvent expliquer la suite.

Je n’ai pas pleuré, j’ai volé, et lu de plus en plus vite. Ce livre a été encensé, j’en rajoute une belle louche. La première moitié sera je crois davantage appréciée par les lecteurs qui ont déjà une bonne culture historique du vélo, car certains faits divergent, d’autres sont résumés clairement. Pour la seconde partie, à partir de la fin de la guerre d’Algérie, tout le monde suivra. Pour l’époque contemporaine le rôle de Cyclo-Camping International et de l’association Française des Véloroutes et Voies Vertes (AF3V) est souligné, comme celui des associations de vélo urbain. 

Le livre ne répond cependant pas à ma lancinante question : pourquoi y a-t-il si peu de femmes à la FFCT, alors que ce n’était pas le cas du temps de Vélocio et jusqu’à la seconde guerre mondiale? 

N’importe, ce livre est jubilatoire, comme une vague … ! 

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