Zola à bicyclette, c’est l’histoire d’un gars très célèbre que tout le monde connaît et reconnaît, et qui pourtant est partagé entre son ronronnement quotidien et l’aventure de la bicyclette, entre ses deux amours, entre ses obsessions régressives et son aspiration à l’équilibre. C’est aussi l’histoire d’un type qui est nerveux et dont les mains commencent à trembler.
C’est aussi la peinture d’une décadence qui a commencé, avec l’abandon du corps, oisiveté, paresse, fatigue, et l’effervescence du cerveau. C’est l’ultime sursaut qui sera arrêté brutalement, comme personne ne le dit.

Ce livre c’est tout autant l’euphorie de la bicyclette qui s’empare de toute une société, et en particulier les artistes, les écrivains et les aristocrates, que le bonheur qui refait l’équilibre entre le corps et l’esprit. C’est le rôle merveilleux qu’elle joue dans la liberté des femmes, et aussi des hommes, et c’est le lien entre les deux familles de Zola comme entre les institutions et les commerces.
Au pays des prostituées de luxe se prône l’émancipation par la bicyclette, qui apprend aux enfants à se débrouiller dans toutes les situations de leur vie future, et allège le poids des soucis des adultes.


L’histoire d’Emile Zola nous est racontée avec allégresse et d’une belle écriture bien nette. Nous sommes immédiatement parmi les proches, les camarades, les gens du quartier, on le connaît, Emile, on aime le voir passer, on le protège et on le respecte. On est fiers avec lui de ses nombreuses nouvelles bicyclettes, celle en bois, l’Acatène, celle sans frein, celle qui est la plus luxueuse du moment …. Il nous les montre, il nous fait partager son admiration. Et que dire des deux bicyclettes achetées pour ses enfants ? Des bijoux.
Abandonner la bicyclette est un crime contre l’humanité
On comprend vite pourquoi abandonner la bicyclette est un crime contre l’humanité.
En ouvrant ce livre vous serez en plein dans l’atmosphère parisienne des dernières années du 19 ème siècle. Il y règne un optimisme tel que personne ne voit les guerres qui s’approchent. C’est une fin de siècle neurasthénique qui eu la bicyclette pour remède. A la fin, pendant le procès de Dreyfus, les insultes pleuvent, gratuites, menteuses, haineuses, comme aujourd’hui… Et pourtant, la bicyclette enseigne à l’homme à maîtriser l’activité humaine. Le bonheur s’inscrit dans l’harmonie avec la nature, on le perdait dans la fuite en avant.
Emile Zola est décédé le 29 septembre 1901.
Toute une génération qui se convertit au cyclisme, une société qui en est révolutionnée, plus aucun échec ne fait le poids ! Dois-je encore vous dire que ce livre est formidable ?
Il est écrit par Jean-Paul Vespini qui se perd dans ses notes (dans sa présentation à Paris au mois de février) mais est tout aussi amoureux de Zola que nous le sommes devenus.

ZOLA
à bicyclette
Libre et dans le vent !
Jean-Paul Vespini
Arthaud édition
Janvier 2025
20 €

Présentation par l’auteur, février 2026.




