Attention polémique : les VAE sont-ils bien des vélos ?

Une synthèse sur les faits pour y voir plus clair.

Lorsque vous fatiguez sur une randonnée en forêt, il ne vous vient pas à l’idée de faire la prochaine en trottinette. Pourquoi feriez-vous ainsi à vélo ? Vous savez bien que si vous êtes fatigué c’est justement parce que vous ne marchez pas assez, ou n’avez pas assez roulé.

Tout le monde le sait, marcher 5 km pour aller à la gare, ou marcher 20 km, ce n’est pas la mer à boire. Tout le monde le sait aussi, une côte classique s’oublie en trois fois, une butte ne s’affronte pas de face mais par l’arrière, et monter les cols montagnards est une sorte de graal que peu atteignent. 

L’envahissement de nos rues par les VAE ne rime à rien, sauf à nous faire ignorer le plaisir de sentir ses muscles revivre et jouir de l’union avec une machine qui nous donne de la force. Les engins de déplacements personnels motorisés, assimilés, réglementairement et scélératement, aux vélos, ne favorisent pas l’activité physique, comme le remarque Camille Pechoux, qui préfère parler des vélos adaptés destinés aux personnes handicapées.

Notez bien qu’en cas de panne d’électricité, parmi les véhicules il n’en restera plus qu’un. Seuls les vélos vous tireront d’affaire. 

1 La France, pays de moteurs
2 La confusion entretenue pour faire passer la pilule
3 Le vélo, cet être mystérieux
4 Et en avant les promos !
5 Les fanas de la vitesse
6 Le vélo c’est dangereux ?
7 La puissance peut revenir !
Le vélo est comme le chien

1- La France est un pays de moteurs

C’est dès les années 50 que la France a tout organisé autour de la circulation motorisée, autorisant les mobylettes dès 14 ans, couvrant le pays de routes et d’autoroutes pendant que les Pays-Bas se couvraient de pistes cyclables, comme indiqué dans l’article sur le rapport Gouffier-Cha. « L’essor très rapide des deux-roues motorisés au cours des années 1955-1975 a accéléré le déclin du vélo » (Héran, Le retour de la bicyclette. 1ere édition, p. 67). 

La France, malgré quelques progrès récents, en est encore un peu là. La toute récente décision du gouvernement d’offrir une prime à l’essence plutôt qu’une aide à s’en passer en est une caricature. Le total remplacement par La Poste de ses vélos par des VAE est un bien mauvais signal. Les réglementations favorables aux engins roulants à moteur (Voir Encore un nouveau véhicule dans les pistes cyclables), sous couvert de sécurité, sont aussi des désaveux nets du vélo :  à peine commence-t-on à leur créer une infrastructure correcte qu’on leur impose de la partager avec des engins aux comportements très différents.

Etes-vous sûr que ceci est un vélo ?

2- La confusion entretenue pour faire passer la pilule

Dès le début le vélomoteur a tenté de faire oublier qu’il était surtout un moteur. Le trouble linguistique se trouve partout. Le projet Mémoire du Cycle concerne l’histoire de la moto ! L’Institut National de la Statistique a longtemps joué là-dedans un rôle néfaste, ne distinguant vélo et vélomoteur qu’à partir de … 2015 ! Les « 2R » avaient bon dos avec leurs chiffres effrayants d’accidents.
Pourtant mon assureur noie lui aussi le poisson. Parlant de « nouvelles mobilités » il donne un cycliste attendant son train en illustration. Dans le texte on s’aperçoit qu’il voudrait me voir souscrire une assurance Responsabilité Civile, « obligatoire pour les EDPM » . 

Mais même avant guerre on trouvait de grands artisans du cycle qui montaient des moteurs, par exemple Robert Ducheron. 

Motobecane, comme Peugeot, étaient avant tout des marques de vélomoteurs, comme la célèbre mobylette bleue. Ce sont aussi des vélos. J’en ai trouvé trace pour 1970, le mien date de 1984, et il est une merveille. 

La confusion volontaire est telle que le vélo deviendrait un sous-produit des motos. Même M. Du Crest, le coordonnateur de la politique du vélo en France, parle de « vélo musculaire« . M. Gouffier-Cha (voir son rapport sur l’industrie du cycle) inclue le deux-roues électrifié dans la filière du vélo comme une évidence (sans même l’annoncer), comme le fait l’industrie pour qui cela représente de très belles marges (série d’articles ici). 

Le magazine Clean rider, spécialisé dans les motocyclettes, nous présente Arcimoto, un « tricycle électrique sans chaine ni courroie sur le schéma des voitures à trois roues », et publie un article sur la préparation de son vélo pour la reprise de printemps, avec en tête la photo d’un vélo ancien (freins à tringle!) et … juste à la fin une photo du moteur. 

Un VAE vient d’être lancé à bas prix sous la marque Velobecane. Certains vélos couchés de la marque HPVelotechnik seraient dotés d’une fonction de roulage sans pédalage (à usage ponctuel, pour l’instant) … et son modèle SpeedMachine est capable de monter à 45 km/h, selon le fabricant. 

La marque Harley-Davidson propose désormais un vae et aussi des « vélos pour enfants » qui sont en fait des draisiennes électriques, donc des motos. Le journal du Geek rapporte que la société Biktrix lance « un moteur ultra-performant pour des vélos électriques très rapides. Jusqu’à présent, la société équipait ses deux roues du « moteur Bafang M620 Ultra, un monstre dans sa catégorie. »

Autant faire comme la société Motto qui fait de la location de vélos électriques. Au moins c’est plus clair, et plus clair vous en conviendrez que « Véloactif » pour vélo motorisé ! La confusion règne ! 

Pas mal comme embrouille !

Un vélo électrique très rapide est-il encore un vélo, et pas plutôt une motocyclette ? Que dire de tous ces petits engins qui ressemblent à un vélo et ne sont que des vélomoteurs ? On ne peut dire qu’une chose, c’est que le mot « vélo » est source de plaisir, que le vélo a une bonne image. 

Le vélo est mangé à toutes les sauces
, se retrouvant même parfois dans les EDPM (Engins de Déplacement Personnel Motorisé : gyropodes, trottinettes etc). Abel Guggenheim raconte très bien ce foutoir dans sa chronique du 20 décembre 2021. 

J’aime mieux la clarté, comme la station de Digne-les-Bains qui ne met que des VAE sur la couverture de son dossier de presse, ou comme les éditions Glénat qui sortent cette année des guides « de voyage à vélo et vélo électrique ». 

3- Le vélo, cet être mystérieux

« Le vélo électrique ne sera jamais tragique » nous disait le philosophe Yann Kerninon dans le magazine 200 en janvier dernier. Pour lui le propre du vélo c’est d’être un miracle. Le vélo est un objet de passion, on en tombe amoureux. « Le principe du VAE est de pouvoir faire du vélo sans trop souffrir », sans être « un peu malade »1. Le vélo nous oblige à faire « ce qu’on peut ». Le philosophe nous invite à relire Rilke qui disait au jeune poète de s’en tenir au difficile, car c’est l’oeuvre suprême. 

Pierre Roques, le grand cyclotouriste de la FFCT, préférait lui aussi appeler ces engins des cyclomoteurs, et soulignait que vélo et marche passent partout à condition d’y aller sagement, et qu’en même temps leur pratique décuple nos forces. 
Avez-vous remarqué que les vaeistes s’affublaient de signes distinctifs de cyclistes, casque, gilet réfléchissant, maillots sportifs, pour se faire croire à eux-mêmes qu’ils en sont ? Un cyclo tradi n’a pas besoin d’uniforme.

4- Et en avant les promos ! 

Le vélo c’est tellement bien que pour vendre son concurrent il faut y mettre le paquet. Le paquet, il est mis sur les vélos électriques ! C’est ce que fait une société allemande de supermarchés populaires, avec son vae Zündapp Z801 à 900 euros maximum (contre 2000 €, prix normal du modèle), pour l’instant en Allemagne et en Espagne, selon le presse-citronHistoire d’en faire prendre l’habitude à tous, nous avons bien compris. La FNAC fait une vente-flash sur le « vélo électrique Xiaomi Mi Smart Pliable ». J’ai même trouvé un article qui fait la liste des vae et trottinettes électriques vendus à prix discount (20 minutes, 16 mars).

Quantité limitée, prix cassé, garantie 2 ans et tout à l’avenant

L’autre méthode c’est de faire croire qu’il est indispensable, par exemple en prétendant que le vélo suffit jusqu’à 5 km de distance et qu’après s’impose le vae !!!
Pour des trajets réguliers, typiquement du domicile au travail, il était jusqu’alors unanimement reconnu que l’acceptabilité (avant que cela paraisse trop long) était de 8 km, soit environ 20 minutes. Je m’étais rendu compte que c’était le temps qui comptait, comme pour tous les déplacements, et qu’ainsi en grande ville avec de très nombreux obstacles, la distance s’en trouvait plus courte. C’est une question d’aménagement, pas de véhicule ni de distance.

Ceci dit, vendre des vélos camelote c’est ouvrir la porte aux véhicules motorisés. Et ça c’est une grave responsabilité, celle de décourager du vélo. Car rouler un mauvais vélo c’est comme traverser sa ville en tongs. 

5- Les fanas de la vitesse

Dans les groupes de cyclistes on a tendance à « accepter » les VAE, puisqu’ils se présentent comme des vélos, et puis on s’aperçoit que leurs utilisateurs ne sont pas des cyclistes. Ils roulent imperceptiblement plus facilement, remontent les côtes avec moins de lenteur ou d’effort, n’ont pas besoin de souffler au premier plat, et, surtout, tirent juste un peu les vitesses vers le haut, ce qui donne un rythme soudain un poil, juste un poil, trop rapide.

L’association CycloTransEurope a constaté ce genre de problème dans ses randonnées, et s’interroge sur l’avenir de cette cohabitation. Des expériences de randonnées dans d’autres associations ont montré que ce risque de difficulté pouvait être bien réel, dit-elle. 

Dans le forum des adhérents de Cyclo-Camping International j’ai vu récemment une recherche de co-équipière avec la mention « Pas de VAE. Désolée. » Il y en aura d’autres, je n’en doute pas.

La FFCT, au début rétive, souhaite aujourd’hui garder ses vieux adhérents, et accepte donc désormais les VAE, tout en se rendant compte des difficultés qu’ils créent dans les groupes. En 2018 j’avais trouvé une image de pépère bien tranquille sur VAE comme illustration sur leur site, ce qui, pour un organisme sportif, peut faire sourire.  

En janvier 22 elle publiait sur son blog un article intitulé « le vélo a changé ma vie », lequel « vélo » s’avère être un VAE.

Pourquoi donc faire semblant ? Le Club Indépendant Bordelais compte parmi ses membres d’éminentes personnalités du cyclotourisme officiel. Les deux plus anciens sont passés au tricycle électrique, ce qui leur a permis de continuer à participer ; aucun n’a jamais prétendu que c’était comme un vélo, et d’ailleurs ils ne roulent que peu ensemble, se retrouvant au pique-nique ! 

6- Le vélo c’est dangereux ? 

Les accidents de vélo et de VAE ne sont à leur tour pas distingués, et pourtant on sait que des personnes se mettant directement au moteur sans être passé par le vélo n’ont aucune idée des stratégies à mettre en oeuvre au sein d’une circulation aussi polymorphe que la notre. 

Le magazine City ride, en septembre 21, attirait l’attention sur leur poids, qui peut déstabiliser, sur le freinage, qui doit être anticipé sous peine de chute, et sur la question de l’autonomie, bien sûr.
La gestion du pédalage est également source de difficulté, car qui veut pédaler en force (se dérouiller les muscles) en est dissuadé : « le moteur doit alors offrir plus d’assistance » explique le magazine. Cela ne l’empêche pas de faire la présentation d’un « vélo facile à vivre » dans ses pages suivantes, qui n’est autre qu’un VAE.

En voyage nous sommes désormais condamnés, non pas à admirer les beaux vélos de rencontre, non pas à bavarder et échanger avec nos confrères, mais, avant toute chose, à baisser la tête vers le pédalier pour vérifier à qui nous nous adressons. Si le citoyen rencontré n’est pas un vrai cycliste il sera exclu sans pitié, il n’est pas de la famille. Il aurait le droit d’exister, mais pas de se croire cycliste. 

En ville, les VAE compliquent tout aussi. N’ayant pas à faire appel à la force de leurs mollets pour grimper ou redémarrer, leurs utilisateurs ne sont gênés ni par les côtes abusives ni par les feux intempestifs. Ils ne peuvent comprendre que les feux sont des hachoirs à trajets à vélo. Rapides, ils veulent le rester, et donc doubler même en espace restreint. N’étant guère maîtres de leur machine, ils ignorent le subtil ballet des cyclistes toujours en quête d’optimisation, ce qui n’encourage pas plus à faire de beaux aménagements. 

7- La (votre) puissance peut revenir !

On connaît les ravages de la sédentarité sur la santé. Plus du tiers des adultes en France a une activité physique trop faible. Nous en avons assez souvent parlé, dès l’an 2009, par exemple dans Vélo = santé et sécurité. On sait aussi que la force musculaire a fortement baissé, faute d’entraînement sans doute, peut-être d’alimentation aussi. Il me plaît de citer le docteur Jean-Luc Saladin : 

Dans le monde entier, la plupart des dirigeants n’atteignent pas les recommandations concernant l’activité physique quotidienne et la sédentarité et sont soumis à un autre biais cognitif, à savoir l’addiction au pouvoir.
Nous savons qu’une activité physique suffisante, partagée avec d’autres et dans la nature, constitue un traitement ou une partie du traitement pour toute addiction.

Blog Vélo, cerveau et potager

Avec 90 minutes d’entraînement tous les deux jours on double la puissance musculaire en 3 mois. La puissance est alors suffisante pour se déplacer efficacement et sans déplaisir à vélo. 

8- Vélo et circuit d’acquisition de puissance musculaire

Il convient d’ajouter avec Jean Fourche, qui construit d’habiles vélos à tout faire, que le vélo est bien plus fiable dans la durée et que la plupart de ses pépins se résolvent facilement. Rappelons aussi que les batteries et autres bidules électroniques sont très loin d’être inoffensifs pour la planète, j’en ai plusieurs fois parlé. Un vélo dure plus de 50 ans, un vae 5. Enfin, il existe désormais des vélos sans dérailleur mais avec une boîte de vitesse dans le pédalier lui-même, dont l’étagement permet autant qu’une assistance électrique, selon les témoignages d’anciens vaeistes. 

Ce qu’on appelle la « montée en gamme » est bénéfique à l’usage aisé du vélo, et donc à l’adoption du vélo. Le vélo pas cher tue le vélo et ouvre grand les portes de la motorisation. Mes regrets aux victimes.

Le vélo c’est comme les chiens

Le vélo est comme le chien, il donne autant qu’il contraint, il forme un couple avec son maître ou sa maîtresse.
Le vélo électrique est comme la voiture, une machine brutale qui vous asservit, vous fait faire du gras, vous rend paralytique de partout et n’en fait qu’à sa tête. Personne ne sait le réparer. Que son marché soit en pleine éclosion aux Pays-Bas n’est que le signe de l’attrait de la facilité et du plaisir à court terme. Qu’il soit utile parfois ne fait pas trop de doute, qu’il s’appelle vélo est bien autre chose.

Cet article plaide pour qu’on appelle un vélo un vélo. Vous nommerez les véhicules à moteur comme vous voudrez. Une motocyclette sans permis ? Une drogue pour pays en décadence ? Un Transport Individuel Motorisé (TIM) ? Ce ne sera peut-être pas très bon pour le commerce des engins à moteur, mais vous verrez qu’au total on saura clairement de quoi on parle et qu’on s’en portera mieux.

Nous avons besoin de clarté, de bons vélos, et de bons aménagements qui nous évitent que nos trajets soient un parcours d’obstacles nous menant directement vers la dépendance au VAE.


J’ai juste voulu expliciter les différences, montrer que la confusion était volontaire, et insister sur le fait que la cohabitation n’allait pas de soi.

J’ai tenté de faire voir ce qui fait la spécificité du vélo, et plaidé pour qu’on en tire le maximum.

J’ai juste souhaité que des objets différents ne portent pas le même nom !

Mon commentaire après deux jours de mise en ligne et une vingtaine de commentaires des lecteurs. Dès qu’on touche aux habitudes, aux facilités, on se prend un tonnerre de réactions défensives !

Chers lecteurs qui souhaitez commenter, faites-le. Mais de grâce faites court, sinon peu de lecteurs vous liront…

  1. Dit autrement, le vélo c’est la confrontation au réel, et à soi-même.
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28 réflexions au sujet de “Attention polémique : les VAE sont-ils bien des vélos ?”

  1. Vous avez parfaitement raison, mais qui en conviendra, sinon des convaincus comme vous et moi… rendus amoureux de la pratique cycliste par une pratique assidue, quotidienne et sans recherche de performance (mais performante quand même, à sa façon). Les autres nous regardent comme des bêtes curieuses, probablement extrémistes et bornés, bizarrement sourds et aveugles à la facilité motorisée, un peu masochistes sans doute.
    Reste qu’un VAE est une moins mauvaise fréquentation sur la route qu’une voiture ou une moto…

  2. Perso j’ai les deux et je ne suis pas de votre avis. J’utilise le VAE uniquement pour aller travailler (10km). Comme il y a une cote à la fin ça m’évite d’arriver trempé. Sinon le moteur ne se déclenche qu’en dessous de 25km/h ce qui n’arrive jamais en pédalant à plat ou en descente. Pour moi le VAE a simplement aplati le paysage et la conséquence concrète est que désormais je ne prends quasiment plus la voiture. Et je continue à m’amuser le soir et le we avec mon vélo « musculaire ».

    • Bonjour Neo2, si le moteur de votre VAE ne se déclenche jamais à plat, c’est une exception. Si, en outre, c’est de votre fait (c’est à dire que vous avez configuré votre assistance pour qu’il en soit ainsi), et alors vous êtes quelqu’un d’exceptionnel, en plus de votre VAE qui est exceptionnel (car très peu de VAE sont configurables ainsi). 😉
      La réalité, pour la plupart des VAEistes -que je respecte totalement-, c’est un simili pédalage pour que le moteur fasse plus de 50% du boulot, même à plat.
      Ce qui n’empêche pas que je préfère 1000 fois un.e VAEiste qu’un.e automobiliste pour les courts trajets (quand on n’a pas de problème de santé rédhibitoire bien évidemment).

      • Pardonnez-moi mais vous vous trompez: tous les VAE coupent l’assistance dès qu’on atteint l’allure de 25 km/h (certains coupent même avant). Par conséquent, il est normal qu’une personne en bonne condition, sur route plate sans vent, et dont le VAE est de forme et de masse classique, roule fréquemment avec l’assistance coupée, autour de 30 km/h. Il n’y a pas de raisons a priori pour que les gens vous dissimulent la réalité de leur pratique.

        • J’ai peut-être, en effet, mal interprété la phrase de neo2 :  » le moteur ne se déclenche qu’en dessous de 25km/h ce qui n’arrive jamais en pédalant à plat ou en descente. »
          De fait, la partie de phrase « ce qui n’arrive jamais  » peut s’appliquer, au choix :
          1° à la partie « ne se déclenche », c’est ce que j’avais compris en première lecture.
          2° à la partie « en dessous de 25 km/h », c’est ce que vous comprenez (et peut être bien ce que neo2 a effectivement voulu dire).
          Si c’est bien le 2° qui est le bon, cela revient à dire, comme vous le faites, que les VAEistes dépassent presque toujours, sur le plat, la vitesse à laquelle l’assistance se coupe.
          Mon expérience, ainsi que cette observation ont plutôt tendance à me convaincre du contraire…

  3. Le vélo à assistance électrique est une solution formidable pour moi-même et ma famille car il va me permettre de prolonger cette pratique, quotidienne et pour mes vacances avec mes enfants.
    Oui c’est une assistance fantastique pour palier la disparition progressive de mes muscles, moi qui suis atteint d’une myopathie et qui me bats depuis des années dans une association pour faire du vélo, dans nos villes, une évidence.
    Oui il manque un point numéro 8 à cette liste.
    Oui la nuance est mère de sagesse.

  4. Si cet article est intéressant et si je partage certains de ces points de vue, je trouve qu’il manque (cruellement) de nuance. Je vais me faire l’avocat du diable : je possède 2 vélos, un « musculaire » et un VAE rapide, classé officiellement comme un cyclomoteur, pour lequel l’assistance coupe à 45 km/h. En conséquence, je n’ai (officiellement) pas le droit d’emprunter les pistes cyclables avec ce vélo. Pourquoi ? La vitesse est-elle en cause ? Il n’est pourtant pas rare que je me fasse doubler par des vélos musculaires (et que je me fasse insulter par les automobilistes lorsque je n’emprunte pas les pistes cyclables !).
    Concernant les VAE « classiques », l’assistance qui coupe à 25 km/h ne me sert à rien, a minima sur du plat (ok je suis encore jeune et fougueux, cela finira par changer et c’est déjà le cas, lorsqu’il faut en plus déplacer deux enfants soit 40 kg).
    Avec ce VAE rapide, je suis aussi censé utiliser un casque et des gants homologués cyclomoteur : je doute qu’un quelconque législateur ait déjà enfourcher une telle machine avant de proposer ce genre de loi…. Certes j’ai un moteur, mais si je ne pédale pas, mon « vélo » n’avance pas, et l’effort physique est bien là : pour différentes raisons, j’habite désormais à 40 km de mon lieu de travail, avec 400m de dénivelé positif à l’aller et 600m au retour. Pas insurmontable me direz-vous, mais quand le contexte n’est ni récréatif ni volontairement sportif, il a été, pour moi, nécessaire de ménager quelques compromis pour limiter l’effort et le temps de trajet : en VAE, c’est 1h de trajet et j’arrive « frais », en vélo c’est 1h15/1h03 + douche obligatoire à l’arrivée; pour déposer et récupérer les enfants à l’école, c’est 60 km par jour avec 800m de dénivelé positif !
    D’un autre côté, ce VAE pèse 23kg avec sa batterie, je me dis donc que le moteur sert en (grande ?) partie à compenser le surpoids par rapport à un vélo de course léger… Après, je me dis qu’un vélo, tout électrique soit-il, s’il permet de remplacer une voiture (électrique ou pas), globalement on y gagne quand même beaucoup !
    Bref, lire un article comme celui-ci me peine, en raison de son ton vindicatif : oui, je roule majoritairement en VAE, mais j’y suis venu après une longue très longue période de vélo musculaire en raison de l’allongement des temps de trajet, de l’étalement urbain qui éloigne la campagne etc., mais je me sens encore, sur mon VAE rapide, un fervent défenseur et promoteur du vélo, même si je me questionne sur sa pertinence dans un contexte rural et pentu mais aussi dans la temporalité de nos vies modernes à 200 km/h (je profite présentement de mon arrêt de travail pour burn-out pour vous rédiger ce petit message, c’est dire)…
    En lisant cet article, j’ai plutôt l’impression d’être un vendu qui a cédé à la facilité 🙁

    • Un VAE a son assistance limitée à 25 km/h. Un appareil qui a une assistance limitée à 45 km/h n’est pas un VAE ni un vélo.

    • Je comprends parfaitement qu’un « VAE 45 » convienne à l’usage dont vous avez besoin. Que vous soyez capable de parcourir quotidiennement 80 km à environ 30 km/h de moyenne en vélo « normal », y compris les stop, les feux, les aléas de circulation, prouve que vous êtes cycliste extrêmement véloce. Dans ma ville, qui n’est pas plate et où la vitesse est limitée à 30 km/h partout – ce qui devrait être le cas dans toutes les villes – il est impossible, même avec un « VAE 45″‘, de dépasser pratiquement 20 km/h de moyenne, sauf à mépriser les règles et toute prudence, ce qui permettrait d’arriver à 25 km/h mais certainement pas plus… Si je comprends bien vous faites votre parcours en VAE 45 à 40 km/h de moyenne: je suppose que c’est au moins à 90% en rase campagne. Pour de telles distances et à une telle allure, on peut comprendre que ce type d’engin soit une bonne solution. Mais ce qui est un peu triste, c’est qu’aujourd’hui, parlez de parcourir plus de 2 km sans assistance électrique et vous entendrez dans plus de 90% des cas que c’est rédhibitoire, même lorsque votre interlocuteur a moins de 30 ans et est en pleine forme physique.
      Presque personne ne semble comprendre ou vouloir admettre que l’activité physique est ce que nous réclament nos corps à cor et à cris, et en tirer les conclusions: utilisons-le pour nos déplacements.
      L’assistance électrique ne s’impose pas pour une personne en bonne santé lorsque les déplacements restent inférieurs à 10 km et qu’il ne s’agit pas de déplacer des charges qui vont nettement au delà de son propre poids!
      Elle se justifie pour d’autres situations, dont la vôtre, et dans ce cas le VAE est probablement la solution parfaite. Tout de même, évitez de partager une piste cyclable avec des cyclistes non motorisés lorsque vous roulez à 30 km/h ou davantage…

  5. 8km en 20min, c’est 24km/h de moyenne !
    Pour un trajet domicile travail en ville avec des feux et de nombreux arrêts ou ralentissements, cela signifie des vitesses de pointes beaucoup plus importantes entre deux arrêts, et une conduite ON/OFF comme les automobilistes entre deux feux rouges.
    Annoncer une telle moyenne en vélo musculaire sur un trajet urbain non plat, c’est aussi faire le jeu des vélos électriques en faisant croire aux néophytes qu’ils ne sont pas assez rapides. La réalité doit être plus proche des 27/30 min, voire plus.

  6. Comme vous, Isabelle, j’aime mieux la clarté, et dans ce domaine le lexique est fondamental.
    Il faudrait donc trouver un terme pour désigner les pratiquant.es du VAE, qui les différencie des cyclistes « musculaires », et qui passe dans le langage courant.
    « VAEiste » c’est difficile à prononcer. Et puis, même « VAE » n’est pas passé dans le langage courant (tout le monde, ou presque, dit « vélo électrique »).
    « Cycliste assisté.e » c’est trop long et sera jugé péjoratif, donc cela ne prendra pas.
    Je sèche pour le moment.
    Lectrices, lecteurs d’Isabelle, vous avez des idées ?? (si en plus cela pouvait être un mot épicène*, comme cycliste, ce serait parfait). * Qui désigne aussi bien le mâle que la femelle d’une espèce, dont la forme ne varie pas selon le genre.

  7. Au sujet du casque, on a toujours droit au cri du cœur de celui qui, s’il n’avait pas été équipé d’un casque la fois, là, où il est tombé, se serait ouvert le crâne… Pour l’engin lui-même, évidemment, il y a toujours la personne pour laquelle l’assistance électrique est le seul moyen de rester « cycliste » eu égard à son état de santé…
    Mais l’article d’Isabelle parle plus profondément du mouvement de fond qui sous-tend la montée en puissance des vélos électriques : continuer à modeler un monde de débiles physiques usant de véhicules « assistés » qui en fait les préparent à ne pouvoir plus s’en passer…
    Les télécommandes pour les moindres outils domestiques ou électroniques, les ascenseurs qui se multiplient dans les immeubles vont dans le même sens…
    Notre autonomie, physique (les muscles) et concrète (besoin d’un minimum de matériel et d’aucune énergie hors la nôtre), est en jeu. Quant à l’autonomie intellectuelle…

  8. Bonjour, je suis un homme sportif et affuté de 56 ans, mon IMC est de 20, ma VO2 Max, de 43. Je possède beaucoup de vélos de toutes sortes et je pratique la route comme le gravel ou le VTT. Je cours aussi régulièrement sur piste et en trail. Courir vingt kilomètres n’est pas un problème pour moi.
    Je possède plusieurs vélos électriques et j’en suis très satisfait. Je me rends quotidiennement au travail avec l’un d’entre eux et touche le Forfait Mobilité Durable, ce qui me permet de l’entretenir à moindre frais. Je vais régulièrement chercher des proches à la gare en tandem électrique, qui nous sert également à visiter une friperie assez éloignée de notre domicile. Je repère et entretiens les sentiers locaux grâce à mon VTT électrique et n’hésite pas à m’en servir pour rapporter quelques bûches produites par ce travail manuel à la maison, pour la chauffer.
    Beaucoup de cyclistes âgés ou malades continuent à rouler seuls ou avec leurs amis grâce à l’assistance de leur vélo et rien que cela fait chaud au cœur. Le vélo électrique rend de nombreux services que la voiture, de ce fait, ne rend plus, et c’est encore une chose dont il convient de se féliciter.

    • Il serait utile que vous nous expliquiez en quoi, en tant que « sportif affuté », vos vélos électriques vous rendent « très satisfait », ou en tout cas plus satisfait que si vous utilisiez des vélos musculaires (mis à part la possibilité de ramener des bûches par les sentiers, mais d’ailleurs avez-vous essayé avec un VTT non assisté ?).
      Question subsidiaire : si vous aviez la possibilité d’avoir facilement un exosquelette d’assistance à la course, l’utiliseriez-vous pour courir vos 20 km réguliers ?

      • Je cours pour pratiquer un sport, je ne suis pas toujours sur un vélo pour pratiquer un sport.
        Lorsque je vais défricher un sentier je n’y vais à VTT normal, car je vais m’épuiser à arracher des arbustes à la main, à tronçonner des arbres etc J’ai besoin de toute mon énergie et de toute mon endurance pour ce faire.
        Lorsque je vais chercher quelqu’un à la gare, je n’ai pas envie de prendre une douche en rentrant.
        Lorsque je me rends à mon travail, je souhaite arriver en pleine forme et en état d’hygiène correct.
        Enfin, il m’arrive de pratiquer le VTT électrique uniquement pour le plaisir qu’il procure. C’est une pratique différente, plus rapide, qui fait plus travailler le haut du corps et est plus axée sur le pilotage.
        Elle ne m’a en rien fait abandonner la pratique du VTT, ni celle du gravel.
        Dans l’ensemble, je reste ouvert à toutes les expériences et toutes les pratiques.

  9. Bonjour je suis tout le contraire de Havoc physiquement et pourtant j’aime mon vélo à assistance électrique aussi. Je ne suis pas handicapé, j’ai utilisé mon vélo musculaire quotidiennement pendant les années collège et je ne voyais pas l’intérêt de ces vélos lorsqu’ils sont sortis sur le marché dans les années 2000.
    Lorsque j’ai découvert le vélo à assistance électrique en 2009 j’ai compris qu’il s’agissait d’engins de transport permettant d’aller faire les courses ou aller au travail de façon bien plus efficace qu’un vélo classique.
    Voilà pourquoi les VAE sont tellement appréciés, ils permettent de remplacer efficacement les autres moyens de transport sans pour autant faire de l’ombre au vélo classique. Le VAE est bien plus utilitaire et il efface une grande partie des défauts du vélo musculaire. Le poids, la fiabilité et la disponibilité sont sûrement encore à l’avantage du vélo musculaire, mais l’intérêt se réduit de jour en jour.

    • « efface les défauts du vélo musculaire« , je suppose que vous pensez notamment au fait d’arriver en sueur à destination (un peu / beaucoup… cela dépend de la distance/pente/vitesse, des personnes, et surtout de l’entraînement…), et là je peux vous comprendre, même si on pourrait discuter même de cela (sur-hygiénisme de notre société, possibilité de prendre 10′ de marge pour sécher à l’arrivée, possibilité d’une petite toilette dans certains cas…).
      Concernant vos affirmations « bien plus efficace », et « bien plus utilitaire », pouvez vous préciser svp ?

  10. Il y a de la place pour toutes les pratiques de vélo, assisté ou non. Par ailleurs les VAE n’ont jamais fait d’ombre aux vélos classiques à ce que je sache : Au contraire, leur franc succès favorise la construction de piste cyclable et d’aménagement urbain !

    • Ce n’est pas ce que je dis. Dans les groupes cyclistes les VAE gênent. Pour les pistes cyclables, cela oblige surtout à les faire plus larges. Mais il est vrai qu’il y faut aussi accueillir désormais les vélos-cargos, les trottinettes, les « cyclomobiles » (petites motos) etc.

  11. Je voulais aussi ajouter que je connais pour ma part plusieurs personnes qui après de nombreuses années les fesses collées dans leur voiture se sont remise au vélo à travers le VAE, puis la forme revenant, ont acheté en deuxième vélo un vélo sec ! Oui oui 🙂

  12. Et voilà : ceux qui en ont tâté ne peuvent plus s’en passer et ont toujours de bonnes raisons.
    Encore n’ai-je pas évoqué l’autre sujet relatif à ces véhicules : les impacts écologique et géopolitique de l’usage des métaux rares pour les batteries.

    • Merci, c’est exactement ça.
      J’ai juste voulu expliciter les différences, montrer que la confusion était volontaire, et insister sur le fait que la cohabitation n’allait pas de soi.
      J’ai tenté de faire voir ce qui fait la spécificité du vélo, et plaidé pour qu’on en tire le maximum.
      Et vous, chers lecteurs, vous vous êtes précipité sur la défense de votre pré-carré. Je m’y attendais.
      Cet article étant long il mérite d’être imprimé pour sa lecture.

  13. Tout d’abord 1000 fois merci d’aborder cette thématique sur votre blog. Je tente depuis bientôt 3 ans d’apporter une critique à la généralisation du VAE. Si à la base je suis un convaincu du vélo, je suis aussi ouvert à la discussion sur d’autres modes de transport. Et ne cherche donc pas à les opposer.
    Cependant, avec le vélo électrique, qui vient jusqu’à « forcer » le vélo à changer de nom, là je dis stop!
    Et surtout, ce que je trouve étrangement louche, c’est que l’ensemble de la communauté vélo ainsi que les non-cyclistes sont tous pro-vélo. Ce qui devrait être une base pour se dire qu’il y a quelque chose d’étrange. J’ai même entendu des militants écolo dire qu’il fallait se battre pour le VAE, car sinon on aurait droit à la voiture électrique. Bienvenue dans la société du moins pire.
    Suite à cette réflexion, j’ai donc monté une conférence gesticulée intitulée De l’hymne mobilité à l’e-mobilité, afin de tenter à mon niveau de faire réfléchir sur les moyens de déplacement que l’on nous propose/impose. Et à chaque fin de conférence, j’ai eu une personne venant me dire « oui, mais moi, j’ai un vélo électrique pour… » Comme si les gens avaient besoin d’avoir validation de leurs actes.
    Sinon, j’ai remis la main sur un article très contesté de Pascal Lenormand sur le VAE que j’avais trouvé très intéressant : Le petit secret honteux du vélo électrique.

    Voilà, je voulais juste partager cette expérience et dire merci pour le blog.

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