La Fub a publié un rapport ayant pour objectif de repositionner le vélo comme un déterminant à part entière des politiques de santé publique et de prévention et non seulement comme un mode de déplacement ou un outil de transition écologique. Par là la fédération se positionne dores et déjà sur les prochaines élections présidentielles.
En France, 95 % des adultes sont exposés à un risque de détérioration de leur santé à cause de leur sédentarité. De même les jeunes ont des niveaux d’activité physique qui se dégradent rapidement, avec des effets durables sur leur santé physique et mentale.
Des causes personnelles et des causes publiques
liées à l’aménagement de l’espace et de la vie
Les réponses publiques sont largement centrées sur des approches individuelles alors même que les déterminants de santé sont en grande partie liés à l’organisation des déplacements, à l’aménagement des espaces publics et à l’accès aux services.
La FUB propose donc d’intégrer pleinement les mobilités actives dans les politiques de prévention, en agissant sur ces déterminants structurels plutôt que sur les seuls comportements individuels.

Les effets solides de la pratique du vélo
Le rapport met en évidence des effets positifs solides dûs au développement des mobilités actives. Ils sont largement documentés et nous avons fréquemment parlé ici.
Sur le plan de la santé physique, la pratique régulière du vélo est associée à :
- Une réduction significative des maladies cardiovasculaires
- Une diminution du risque de diabète et de certains cancers
- Une baisse de la mortalité prématurée
Les effets sont également marqués sur la santé mentale :
- Réduction du stress et de l’anxiété
- Amélioration du sommeil
- Diminution des symptômes dépressifs
- Amélioration du bien-être global
Au-delà de l’individu, le vélo produit des effets collectifs :
- Amélioration de la qualité de l’air
- Réduction des émissions de gaz à effet de serre
- Diminution des nuisances sonores
- Apaisement de l’espace public et renforcement du lien social

Investir dans la promotion de la santé plutôt que payer le coût de l’inaction
Le rapport met également en lumière un enjeu économique majeur :
- La sédentarité représente environ 17 milliards d’euros de coûts par an
- Le vélo génère déjà 4,75 milliards d’euros de bénéfices annuels en France, malgré une pratique encore faible
- Chaque kilomètre parcouru à vélo permet d’éviter environ 1,02 € de coût social
Des recommandations lourdes à mettre en oeuvre, mais à inclure dans les programmes présidentiels
Le rapport formule des recommandations concrètes sous la forme d’une feuille de route pour le prochain mandat présidentiel. Elle invite à la mise en place d’une stratégie nationale pour la santé par la mobilité active.
Celle-ci devra être interministérielle et inscrire systématiquement la marche et la pratique du vélo dans les politiques de santé. Il faudrait aussi élargir les financements de l’apprentissage du vélo à l’école et intégrer la santé dans le code de l’urbanisme et la planification territoriale.
La Fub suggère aussi de déployer une campagne nationale de prévention qui fasse de la marche et du vélo des réflexes de santé du quotidien, et non des pratiques sportives. Elle serait pilotée par Santé publique France et mobiliserait l’Education nationale qui devrait créer des Plans de déplacements scolaires.
En cela elle rejoint le Forum Vies mobiles (article d’Isabelleetlevelo du 22 mai 26) qui souhaite aussi que les mobilités soient au coeur des programmes pour les élections présidentielles.

Le rapport est disponible –en pdf-.
A part sa couverture il est rempli d’informations et d’idées.





Nous espérons tous que cette initiative sera entendue et reçue positivement par le plus grand nombre de candidats ainsi que par toutes les instances impliquées dans l’intérêt général. Comment mieux intervenir pour améliorer la santé publique en limitant le recours à des solutions pharmaceutiques ou médicales