L’automobile est le seul moyen de déplacement efficace en milieu rural, insiste le Forum Vies Mobiles

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La présentation, le 18 mai 26, par le forum Vies mobiles des résultats de sa dernière mission photographique a mis l’accent sur le contenu de la recherche : concernant les déplacements le forum veut savoir ce que les gens des zones rurales souhaitent vraiment. Un professeur de sociologie, un maire rural dans l’Oise et une associative dans l’Ain étaient invités à témoigner.

L’objet de cette nouvelle campagne photographique est de savoir en direct ce que les citoyens font de leurs loisirs, lorsque leur mobilité n’est pas contrainte. Si les photos présentées ne répondaient pas vraiment à la question, elles ont en revanche fait voir que les loisirs étaient à peu près les mêmes quelque soit le lieu de résidence. 

Les ruraux ne veulent pas être prisonniers lorsqu’ils sont libres

Les enquêtes montrent bien sûr que tout le monde aimerait que son travail soit moins éloigné de son domicile. C’est la partie contrainte de la vie, qui implique souvent des déplacements contraints. La seule mobilité choisie est alors celle des jours de repos. C’est bien là que se trouve la pertinence de la problématique soulevée par le Forum. Les gens veulent avoir la liberté de se déplacer librement lorsqu’ils sont libres de le faire. En clair ils acceptent la perte des services de base, retirés par l’Etat, méthodiquement, à condition qu’au moins lorsqu’ils ont du temps à eux ils puissent en profiter. 

Le problème c’est que les transports publics ne tiennent pas compte des déplacements de loisir, et que finalement il n’y ait que l’auto pour ça. Du jour où l’essence devient chère c’est la panade, et cela est vécu comme une trahison de la part de l’Etat. Le pacte républicain est rompu. 

L’aménagement du territoire n’a pas réussi

M. Epstein, professeur des universités en sociologie, a fort regretté qu’il n’y ait plus, en France, de politique d’aménagement du territoire. Il explique cependant que l’attachement aux différentes tailles et fonctions des communes avaient fait oublier qu’il existait aussi d’autres facteurs de différenciation, ce sont les classes sociales. Ici vous en voyez bien l’intérêt.

Les intervenants ont montré à quel point le gouvernement était hors-sol et n’avait aucune idée de ce à quoi aspiraient les citoyens. L’histoire de la voiture électrique, par exemple, n’arrange personne car on ne peut pas la réparer soi-même. Les ruraux ont l’impression d’être les vaches à lait à qui on leur enlève tout et qu’ils sont les seuls à payer pour les autres. 

Concertations à tout-va

Les concertations de toutes sortes n’ont pas manqué, grand débat, cahiers de doléances, conseils de ci ou de cela, forums citoyens (de Vies Mobiles) … Le fameux Grand Débat devait voir ses conclusions dans une grande émission de télévision le 15 avril 2019. Ce fut le jour de l’incendie de Notre-Dame de Paris, suivi du covid. Tout a été abandonné et cahiers de doléances et écrits du grand débat se retrouvent encapsulés dans les archives départementales… M. Dalongeville, maire d’Auger-Saint-Vincent en Picardie, environ 500 habitants, se bat pour que les cahiers soient utilisés. Leur richesse est énorme, les diagnostics bien pesés, les solutions proposées à la fois pratiques et économes. Il parle aussi des multiples programmes pour les « quartiers », dont aucun n’a jamais été au bout ni eu de résultats durables. 

Le pacte républicain est rompu

Il n’est donc pas étonnant que les citoyens ne croient plus en la parole de l’Etat, et, pour M. Dalongeville, il faut  désormais tout faire partir de la base. Il parle aussi des cafés et des lieux de rencontre et de fêtes. Ce sont des évènements, pas des investissements mobiliers, ce qui les fait échapper à l’Etat bien que ce soit là le plus important. 80% des cafés ont disparu en 40 ans, dit-il, or ces lieux sont par excellence les lieux de la convivialité. 

⏩️ « Eclairage public, ramassage des poubelles ou fermeture des bars… Le reflux des services et commerces de proximité dans les zones rurales ou périurbaines prépare un terreau fertile aux discours du Rassemblement national, en érodant les sociabilités et en éloignant l’Etat. » Le Monde, édition papier le 19 mai 2026.

Tout cela sera débattu avec une cinquantaine de chercheurs le 5 octobre 2026 dans le grand amphithéâtre du journal Le Monde, et où ça ? à Paris … ! Avec le souci de mettre les mobilités à l’agenda de l’élection présidentielle. 

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