La fondation EDF créé des expositions qui n’imposent rien et ne disent rien à celui qui n’y est pas attentif. Elle s’intéresse à des faits importants de notre société. Ce fut le cas de « Faut-il voyager pour être heureux ? » en 2023 où l’on voyait ce qu’était le tourisme de masse et où déjà on percevait une des motivations des voyages organisés : le selfie sur place.
C’est le cas encore ici sur nos vies connectées : collaboration ou voyeurisme, monde à part ou ouverture au monde ?
Et d’abord le fait que les réseaux sont le lieu de l’exhibition de soi, de la « visibilité » et du nombre de petits coeurs comme critère de réussite, finalement de la transformation de nous-même en image, en objet de désir, en objet irréel.

Illusion / gêne
Si le web a bien été créé par des scientifiques désirant faciliter les échanges et les collaborations, il a assez vite servi aussi à rencontrer l’amour, remplaçant les agences matrimoniales, et la séquence où cela nous est raconté est très rigolote. S’il facilite les actions collectives et la transmission des informations, il est aussi un lieu d’opinions simplifiées et d’amitiés fictives qui peuvent prendre la place des vraies, et dont on ignore la fiabilité. Rien ne vaut non plus la rencontre des « idoles » en vrai ! Faire de nos morts des fantômes n’aide pas à faire le deuil. Ce sont quelques uns des angles adoptés pour l’exposition, qui traite de l’usage que nous avons des réseaux. Se parler au téléphone ou en tête à tête ? Réunion en vrai, ou en visio ? On voit bien que la valeur des situations n’est pas la même, et que l’une ne peut remplacer l’autre, seulement pallier son absence.
S’exposer à tous sans savoir qui regarde est symptomatique de notre époque, mais non sans danger. Se savoir vu ou enregistré transforme aussi notre comportement, il n’y a qu’à le vérifier lorsque vous êtes interrogé dans la rue par la télévision.
Nous vivons (…) un bouleversement anthropologique profond où (…) l’intime se redéfinit. Dans cette nouvelle ère numérique nos vies sont systématiquement mises en scène. (…) Comment cette nouvelle réalité sociale influe sur nos rapports aux autres ?
Aurélie Clemente-Ruiz, directrice du musée de l’Homme et commissaire artistique de l’exposition
Le web transforme l’humain en image et en objet de désir, et peut devenir si obsessionnel qu’il vire à l’enfermement et à l’isolement. L’écran devient alors un substitut de la compagnie, comme on le voit chez certains retraités, chez des jeunes paumés ou des personnes ayant fui la société des humains.


Le hall d’entrée : tout le monde vous regarde, vous changez de monde / Devenir un fantôme après notre mort
L’exposition ne parle pas de vélo, mais vous savez bien qu’un voyage filmé n’est plus tout à fait un voyage naturel. Vous savez aussi que repérer un itinéraire sur l’internet peut mener à des catastrophes, car c’est seulement sur place qu’on voit qu’on ne peut pas passer, être obsédé par les kilomètres parcourus ou des rythmes cardiaques … finissent par transformer notre corps en robot branché de toutes parts. Pourtant pour organiser des rendez-vous c’est pratique, mais entrave les rencontres de hasard. Rouler seul avec la nature peut être une histoire pleine de joie, avec une application vous ne regardez même pas le paysage, n’improvisez rien et, ne demandant pas votre chemin, perdez bien des occasions de rencontres. Lire une carte est une action créatrice, se perdre est souvent une aventure qui finit bien…
L’exposition se positionne d’emblée comme pragmatique et optimiste. Notre monde contemporain évolue avec le numérique : Internet et les réseaux sociaux font partie de nos vies, et il semble illusoire d’y échapper tout à fait. Dans ce contexte, comment trouver d’autres formes de sociabilité et comment évoluer en société ?
Aurélie Clemente-Ruiz
En pratique
Cette exposition à tiroirs est destinée au grand public et aussi aux enfants et adolescents, ceux qui ont le moins de recul sur ces questions de réalité – fiction. Tout un programme leur est destiné, notamment des visites scolaires et des débats animés par les enfants. Pour y participer s’adresser au réseau Canopé, outil spécialisé de l’Education Nationale.
Fondation EDF
6 rue Juliette-Récamier, Paris 7eme
En face de l’hôtel Lutétia et de la librairie Chante-livre.
Arceaux à vélos dans la rue de Sèvres, métro Sèvres-Babylone
Jusqu’au 27 septembre 2026
Tous les jours sauf les lundi et jours fériés, 12 – 19 h
Les jeudi jusqu’à 22 h
Gratuit mais sur réservation, pour éviter la surchauffe et les pieds écrasés. En vrai, cette fois.






En répérant (comme il faut) mon voyage sur internet, j’ai eu très peu de mauvaise surprise, voire aucune. Mais j’utilise tous les moyens disponibles : carte AF3V en premier, puis, dès que je sors des itinéraires de la carte AF3V, carte Openstreetmap ou vues aériennes Google, puis Google Street View pour voir l’endroit comme si j’y étais… Il ne faut pas se contenter des itinéraires calculés par Google, car là on a effectivement des surprises. Ça doit rester un minimum manuel.
À l’inverse, en demandant mon itinéraire aux gens, je n’ai quasiment jamais eu une réponse correcte. Les gens ne connaissent pas les véloroutes, en France, ou les Ravel en Belgique. Ou alors, quand ils les connaissent, ils savent où ça passe près de chez eux mais pas où ça mène une fois sortis de leur zone de balade personnelle. Seules exceptions : les cyclistes aguerris (ceux qui hébergent d’autres cyclistes via des sites dédiés), qui connaissent parfois par coeur les itinéraires cyclables, comme une certaine Isabelle qui m’avait décrit avec une grande précision les deux étapes qui m’attendaient entre Paris et Dieppe en août 2013. Par contre, demander aux gens fonctionne très bien pour trouver où dormir.
Il existe une alternative libre à Gougel Street view: Panoramax.Openstreetmap.fr
Avec comme avantage que les itinéraires strictement réservés aux vélos sont aussi disponibles.
Si vous avez l’habitude de filmer vos voyages, vous pouvez contribuer.