Le premier sommet des métropoles, le 30 septembre, avait pour ambition de faire le point sur les questions de climat et ressources naturelles. Ont défilé à la tribune des présidents de métropoles et des représentants d’entreprises opérant dans les transports, l’eau, le prêt bancaire.
⏩️ Programme
⏩️ L’ouverture (avec Jean-Luc Moudenc)
La France est un pays bloqué par les règles, c’est un pays sclérosé a-t-on entendu. Rien n’a été anticipé, ni pour la gestion des réseaux d’eau, ni pour leurs interconnections, ni pour la chaleur, et en plus nous avons partout des règles contradictoires. Si le maire reste la personne de confiance, cela ne lui donne aucun don de divination, ni de don de faire des miracles.
Comment anticiper, ce sont encore demandé les personnalités, alors que les budgets sont annuels? A la rigueur, dans un monde où les règles ne changeaient pas, on y arrivait. Mais maintenant même le climat et les conditions naturelles s’y mettent. Comment anticiper sur l’inconnu … même le fonds vert, qui servait à tout, vient de perdre ses 2/3.
Et côté incertitudes nous sommes servis. 2026 élections municipales, 2027 élections présidentielles et fin de l’ADEME, paraît-il.

Et puis la lenteur …le décret autorisant l’usage de l’eau usée pour nettoyer les routes est prêt. Sauf la signature.
Il ne faut pas s’étonner que Jean-Louis Borloo ait dit que la France s’effritait à cause de sa désorganisation. « C’est tellement compliqué que ça coince de partout ». Selon Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, il y a 18000 sources de financement de la France à l’Europe… La métropole est sans doute le bon niveau pour les dossiers complexes, mais nos métropoles ne sont pas démocratiques puisqu’élues par les élus (comme le Sénat), et en apesanteur, hors des réalités. Il faut penser leur territoire sous l’angle des inégalités sociales, financières et de localisation. Borloo voudrait une démocratie contributive plutôt que participative.
Nicolas Mayer-Rossignol (Rouen) et son pote Gregory Doucet (Lyon) ont parlé de façon concrète. Tous deux ont cité le vélo parmi les modes de déplacement.
La sobriété avant tout
M. Mayer-Rossignol a d’abord parlé de culture, se félicitant que la rencontre ait lieu à la Cité de la Musique. Sans la culture, à quoi bon se battre, s’interroge-t-il. Sans elle c’est l’avènement de la haine. Son mantra, cependant, c’est la sobriété, qui doit toujours être la première, avant énergies dé-carbonées, eau, et tout ce que vous voudrez. Il n’est pas le seul à le dire, mais il le dit lui aussi, l’écologie est la condition de la paix sociale. Enfin il ouvre une brèche, l’argent public ne peut pas tout. Il appelle à réorienter l’épargne privée et appeler à un effort patriotique.
Sur la mobilité c’est Grégory Doucet qui reprend le flambeau. Curieusement il parle beaucoup de ses pistes cyclables sans jamais prononcer les mots de Voies lyonnaises. Il pose la question de l’oeuf et de la poule, pistes ou cyclistes, qu’est-ce qui est déterminant ? Réponse du même acabit, réaliste d’ailleurs, il faut faire évoluer les infrastructures en fonction du comportement des utilisateurs. Mais il faut aussi que chacun y trouve sa place, ce qui a été très bien fait pour la nouvelle esplanade de la gare le la Part-Dieu. J’en ai parlé il y a peu.
Le piéton c’est la priorité absolue, la clé c’est le dernier kilomètre, les transports publics ne pourront pas charger tout le monde donc les embouteillages vont continuer, l’inter-modalité et les SERM sont le coeur du rapprochement de la périphérie et du centre, ne pas négliger la force de l’habitude de « prendre sa voiture », penser sérieusement aux véhicules autonomes, sinon nous serons complètement hors-jeu, bouffés par les Américains et les Chinois, tout cela été dit, et en vous le transcrivant je me demande si on a vraiment parlé de métropoles.
Et sur tout cela Clément Beaune, Haut-commissaire à la stratégie et au Plan, se montre plutôt d’accord. Il y ajoute l’entretien des réseaux, et se réjouit que le mot « adaptation » soit entré dans le vocabulaire commun. Il appelle à l’adaptation de nos modes de vie, horaires scolaires ou de travail en premier lieu.
Un dernier mot alors, parmi les exposants j’ai découvert Ecotrain, un projet de train court, automatique, destiné aux zones rurales et dont la première ligne pré-pilote est prévue pour fin 2027 sur environ 60 km entre Rivesaltes et Axat.

Il y est prévu l’emport de 4 vélos, et, en mode fret, jusqu’à une quarantaine, sur une palette, destinés à la location. Le projet est mené par M. Philippe Bourgignon, qui fut notamment directeur général de Engie à Budapest mais aussi administrateur puis président du conseil d’administration de Railcoop (8 mois, jusqu’à juin 2023), qu’il ne put sauver.
Pour lui les vélos n’ont pas à prendre la place d’un voyageur. Il prévoit l’inverse, de la location de vélos et d’autos aux gares, pour assurer le porte-à-porte (du moins à l’arrivée), qui sera gérée par une entreprise italienne. Une autre implantation est envisagée entre Le Tréport et Abbeville, puis dans toute l’Europe (pour commencer), sur exactement le même modèle cohérent, permettant de réduire le coût clé en main et rails compris à 8 centimes du km-passager.




