En mars 2024 la Fub tenait un congrès de transition

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Transition, c’est bien le mot qu’a employé le président Schneider pour ouvrir ces deux jours de congrès à Grenoble. Il faisait allusion aux changements structurels très importants qui commencent cette année pour le vélo, comme à des changements internes à la fédération, qu’il ne fit qu’évoquer (Voir ici). Disons qu’il y a eu une préhistoire qui se termine. En dix ans (Olivier Schneider a été élu président de la Fub le 18 avril 2015) on est en effet passés du vélo-méprisé au vélo-levier essentiel du système de mobilité et du mode de vie désiré. On a laissé l’écologie punitive à l’histoire.

De ce congrès je retiens qu’en 2024 ce sont les REV et la Loi SERM qui peuvent tout changer, dans la continuité, et que restera encore un gros point noir, celui de la pratique du vélo chez les enfants et les jeunes. 

Evolution dans la gouvernance et changement de nom pour la Fub

C’est donc le passage d’une présidence classique à une collégiale qui sera décidée, mais à cette heure on sait seulement que Olivier Schneider est en déséquilibre.
Par ailleurs la Fub affiche une attention sourcilleuse à l’équilibre entre femmes et hommes dans les temps de parole (qui sont relevés avec minutie) et dans les instances dirigeantes. Résultat nul pour la plénière d’ouverture. Lors de l’assemblée générale, les jours suivants, il fut donc décidé que la Fub changerait de nom, les usagers (de la bicyclette) devenant les usagères et usagers (de la bicyclette) … l’acronyme demeurant avec un seul U. Les usagers des réseaux sociaux en ont profité pour rappeler que de toutes façons Fub n’est qu’un abrégé pour Fédération Française des Usagères et Usagers de la Bicyclette … ce qui donnerait FFUUB. Mais cela est faux, car aucune usagère, fut-elle un usager, n’adhère en direct. Il s’agit en réalité de la Fédération Française des Associations d’Usagères et d’Usagers de la Bicyclette, de qui donne FFAUUB, et si jamais on change encore un point ou deux : FNAUB

Environ 500 personnes étaient présentes (800 à l’ouverture, paraît-il. En 2016 à la Rochelle il y en avait 250), et parmi elles de nombreux représentants des collectivités publiques, techniciens ou élus. A la tribune on a vu Chrystelle Beurrier, présidente de Vélo&Territoires (et vice-présidente du département de la Haute-Savoie, maire de Exceneveste-plage, sur le lac Léman), Fabien Bagnon, vice-président de la métropole de Lyon, Eric Piolle, maire de Grenoble, Jacques Fernique, sénateur du Bas-Rhin, co-président des élus pour le vélo, Bruno Gazeau, président de la FNAUT, et dans la salle Patrick Guinard, président de l’APIC, Anne Faure, présidente de Rue de l’Avenir, Pierre Hémon, président de l’AF3V   … et tous ceux que je n’ai pas reconnus.

Début de la plénière d’ouverture où seulement des hommes ont représenté leur maison …
même l’association locale, l’ADTC.

Les thèmes se trouvaient traités plusieurs fois sous des formes différentes, tables rondes, plénières, ateliers… Voici quelques idées que j’en ai retenu.

1- Vélo-TC >> SERM et REVes
2- Vélo et école
3- Les décisions qui s’imposent

.

La loi SERM a focalisé l’attention car on y voit l’opportunité qui ne se présente qu’une fois. Pensez donc, le vélo est d’égale importance que les réseaux ferrés dans ces services express régionaux métropolitains. Il y a certes un risque que cela se réduise à l’accès aux gares, mais moins depuis que l’on sait que c’est la Société des Grands Projets qui est chargée d’aménager tous les réseaux, après avoir mené, sous le nom de Société du Grand Paris, l’énorme chantier du Grand Paris express … où le vélo n’avait pas du tout été pris au sérieux. Or l’appétence pour le vélo est très forte, nous explique-t-on, et 70% des habitants des villes moyennes ont un vélo, mais l’utilisent uniquement pour le sport ou les loisirs.

Pour l’heure la moitié des gares françaises concernées ne répond pas encore aux exigences de stationnement pour les vélos, mais grâce aux REV on va sortir des centre-villes et irriguer le territoire tel qu’il est. SERM et REV vont contribuer à créer un « choc d’offre » , comme dit Nicolas Frasie, administrateur de la Fub. Malgré un système ferroviaire en grande difficulté, la fréquentation a explosé sans que le matériel n’ait changé. Cet afflux est malheureusement un réel frein à l’adoption du tandem vélo-train.

Les SERM vont avoir pour résultat d’obliger à ce que les partenaires se parlent, y compris les représentants des clients, comme l’a fait très bien le Collectif Vélo en Ile-de-France, apprenant comme ses partenaires à faire des compromis pour ne pas provoquer de blocages. 

O. Schneider et Ch. Beurrier à gauche, R. Gintz et E. Piolle à droite

Les temps changent puisque maintenant Clémentine Cornelis, de la Société des Grands Projets, a pour principal regret que, il y a dix ans, ils n’aient pas pris la mesure du vélo… Les parvis franciliens avaient été pensés pour autos et autobus, les paysagistes créant du beau idéal …  et des conflits entre piétons et cyclistes. 

Dans les gares sur le point d’être achevées il va falloir bricoler, par contre ailleurs on nous assure que le pli est pris. A Villejuif l’accès se fera par une véloroue (rue à priorité cycliste), à Noisy-Champs on transforme un parc automobile en hall pour vélos avec Maison du vélo multi-usages. 

L’alliance du vélo et des transports en commun fait exploser le schéma du tout-voiture, et va amener à penser « le bon mode au bon endroit et au bon moment », c’est à dire le bus seulement s’il est utile, comme l’explique Marie-Emmanuelle Huillo, de Transdev. 

D’où vient le mot REV(e), Réseau Express Vélo?

Le premier Réseau Express Vélo du monde a été créé en France

Vers un Réseau Express Vélo. 8 octobre 2010 Les principes de réalisation

Pays-Bas : points-noeud et véloroute rapide de Nimègue. 2017

Finis les bouchons … avec les véloroutes rapides ! 11 juin 2010, sources diverses

Des voies rapides pour vélos un peu partout en Europe. 10 mai 2011. Réalisations, les critères se précisent

A la recherche des véloroutes rapides. 14 septembre 2010. Reportage aux pays-Bas. Beaucoup existe déjà.

Réseau Express Vélo : un concept transposable hors des grandes métropoles ? (Fub)

Le Conseil d’orientation des infrastructures affirme l’importance du vélo 1er septembre 2018 

Loi SERM, et après ? Première rencontre d’Objectif RER métropolitains. Le vélo à sa place. Février 2024

Vélo-Train, intermodalité réussie aux Pays-Bas. Forum Vies Mobiles. (recherche en cours)

Vélo et tram, la FUB fait le point et Tours montre la voie. La place du vélo dans les projets de tram et BHNS septembre 2013 

Train + vélo, toujours aussi malmené, février 2024

Croquignolettes aventures en train + vélo en France, été 2023.

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Où l’on apprend aussi que le vélo à l’école devrait signifier « chemin vers l’autonomie » et que si on laisse faire l’Éducation Nationale cela en reste à respect de règles et sorties encadrées. 

Sortir de l’école ne devrait pas se borner à aller rouler en groupe encadré sur une voie verte mais bel et bien avoir des gamins au fait des bons trucs et astuces pour franchir un carrefour, éviter les portières, éviter l’accident, être poli et élégant avec les dames qui veulent traverser… Si les ados adorent rouler en groupe, c’est plutôt en ville qu’ils adorent le faire et loin du regard des parents. Le vélo relève de l’expérience personnelle. C’est au collège que les gamins abandonnent le vélo alors que c’est à cet âge qu’il leur est le plus utile, leur donnant la liberté de se déplacer sans les parents et leur donnant l’occasion d’être maîtres de leur participation à la vie sociale. C’est à cet âge que la maitrise de la circulation en ville devient une vraie domination de la situation !

L’Education Nationale s’est montrée austère, voyant le vélo comme un pensum. Apprendre les règles et la sécurité n’est pas inutile, certes, mais le plaisir doit passer bien avant. Sinon il est faux de prétendre que l’on « fabrique » des cyclistes. Et se déplacer en autonomie a une bien différente signification que sortir en groupe encadré sur une voie verte ont fait remarquer avec tact MM. Namur et Aubin.

Par ailleurs Fabienne Garnier, conseillère pédagogique pour le sport, voudrait que le vélo soit comme le sport, enseigné par le maître d’école. Flatteuse, et économe des deniers publics, elle dit qu’ils sont autonomes et qu’on peut faire beaucoup avec rien… alors qu’eux ne se sentent aucune compétence dans ce domaine.  L’école du vélo de Grenoble rattrape autant que faire se peut cette pauvreté en prêtant du matériel et en assurant des formations pour les adultes futurs formateurs. L’EN a de son côté acquis des draisiennes qu’elle fait tourner 3 mois par 3 mois dans les écoles maternelles. Philippe Aubin, éducateur vélo et administrateur de la Fub, fait remarquer que la réalité vue par le nombre n’a aucun sens, combien d’heures effectuées, combien d’enfants formés, alors qu’on ne sait rien de l’état de départ. Lui s’intéresse au résultat : les enfants sont-ils heureux d’être sur un vélo, sont-ils capables, une fois adolescents, de prendre les bonnes décisions, tout seuls, lorsque les parents les laisse faire sans même s’assurer de leur capacité… 

Le mot de la fin revient à Gilles Namur, adjoint au maire de Grenoble, qui évoque le rôle du groupe et de l’imaginaire dans la construction d’un futur adulte. Loin des règles et de la crainte… 

Le dernier rapport du GIEC (mars 24) parle du rôle des déplacements, et souvent du vélo, a indiqué Wolfgang Cramer, membre du groupe. Le congrès s’est terminé sur la grande question posée aux invités des décisions à prendre. Evidemment on n’y a presque pas répondu.

  • Celle de continuer comme avant
  • Celle de l’adaptation, en restant dans le même cadre
  • Celle de la rupture, on dit stop et c’est tout
  • Et enfin celle de l’alternative, où l’on pense autrement.

Au mieux on pense à la rupture. Rupture dans son organisation, adaptation à sa vision des usagères ? ou continuité de l’organisme FUB ? Adaptation aux modèles étatiques comme pour l’école ? Rupture ou continuité pour les transports, ou adaptation aux évolutions ? Adaptation, rupture ou continuité pour les congrès de la Fub ?

C’est pour l’alternative qu’il faut opter.
On passe, M. Gramer n’insiste pas, il a sûrement l’habitude…

A l’occasion des élections municipales de 2026, avec le slogan France cyclable 2030, la Fub voudrait que l’on simplifie la gouvernance, notamment les procédures, et même si faire une piste cyclable est en principe plus rapide que faire un tramway, organiser les financements, qu’ils soient connus d’avance (par exemple selon un calcul) plutôt que par dossiers de candidature, et incertitudes comme aujourd’hui. En gros c’est de l’adaptation.

Des badges à s’en piquer la poitrine

—————Quelques évènements antérieurs————–

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