Elisabeth Borne promet un plan vélo

Il y aura un plan vélo. Elisabeth Borne l’a annoncé tout à l’heure, aux 2/3 de son discours de clôture des Assises de la mobilité. Elle a même précisé qu’il ne fallait plus regarder le vélo avec condescendance. (21 h 18. Enrichi  le 17 déc. à 9 h 52.)

Juste avant la ministre parlait de la remise à niveau des routes et des lignes de chemin de fer, et juste après du potentiel énorme du digital et de l’innovation, « au coeur de ces Assises », selon ses mots. Mais enfin, voilà, la ministre des Transports donna du « mon cher Olivier » au président de la Fub et souligna que le vélo aura été le sujet le plus abordé pendant les réunions publiques. Pour Olivier Schneider nul doute que les 113 000 réponses au questionnaire du baromètre ont joué leur rôle.

Le plan vélo, a encore précisé madame Borne, traitera de l’ensemble des sujets, santé publique, infrastructures, éducation, fiscalité… D’ailleurs 3 ministres de plus y participeront, celui de l’éducation nationale, celle de la santé et celle du sport.

Nicolas Tronchon, patron de Transway, a été impressionné par l’investissement des personnes en charge des Assises. Il se sent très en phase, d’autant que le visuel des Assises est presque le même que celui de sa carte de visite ! Il est donc très confiant sur la suite des évènements, ce qu’Olivier Schneider se garde de penser trop fort.
On peut le comprendre.

Le président de la Fub sera attentif aux arbitrages qui seront prononcés contre les sceptiques, et au montant du budget qui sera affecté. Il ne doute pas qu’Elisabeth Borne soit sincère, il constate juste que le mandat présidentiel n’a plus que 4 ans de vie.

Une stratégie nationale pour les mobilités sera présentée en février, avec une loi d’orientation des mobilités. La loi devra répondre aux objectifs de mobilité pour tous, gage notamment de vie sociale, de zéro émissions et de propreté. M. Oliva, président du groupe sur la mobilité propre, ajoute que pour l’heure on est en-dessous des normes de l’OMS.

C’est Jean-Baptiste Gernet, adjoint au maire de Strasbourg, qui animait le groupe sur les mobilités actives. Le groupe a planché sur le code de la rue, sur la définition du trottoir et la sécurité des traversées, sur le niveau des amendes. Il plaide pour l’apprentissage de la mobilité citoyenne dès l’école et pour le retour d’une prime à l’achat d’un VAE. Pourquoi faut-il toujours se justifier lorsqu’il s’agit de vélo? se demande-t-il. Il y a bien plein de primes concernant les véhicules motorisés. Dans ce groupe Jean-Claude Degand, directeur de VelocOmotion, a proposé plutôt la création d’un chèque-localion de VAE auquel aurait droit tout citoyen. Pour lui le meilleur moyen pour que les gens y prennent goût est de les encourager à essayer. Par la même occasion on permettra une résurrection du réseau de loueurs.

Des autres groupes de travail je retiens surtout la grande présence des entreprises, comme au World Efficiency solutions qui se tient sur trois jours en même temps. Elles représentent le terreau de l’innovation et de sa mise en oeuvre.

Synthèses et rapports sont en ligne.
Un peu plus ? L’article d’Olivier Razemon.

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13 thoughts on “Elisabeth Borne promet un plan vélo

  1. Des « Vélorutions », vite, partout ! Ensemble construisons, un, des, projet(s) cyclable(s ) ! « Ma » Loire à vélo attend d’avoir « une infinité de petits », partout en France, de toutes dimensions, de toutes sortes. Oui pour « un plan vélo » national.

  2. Oui, tout cela va dans le bon sens, mais alors un truc m’échappe : je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi les acheteurs de vélos électriques seraient en partie remboursés et pas ceux qui acquièrent une bicyclette à pure énergie humaine, meilleure pour la santé, pour les finances de la Sécu, etc. (et pour la planète si l’on songe à l’horreur en embuscade avec le nucléaire) ?

    • Tout à fait d’accord sur le principe. Mais on est pris entre des sentiments contradictoires. L’équité entre vélo classique et VAE semble naturelle… mais l’incidence budgétaire directe en fonction du potentiel de report modal est différente entre le vélo classique et le VAE (ce dernier semble entraîner plus de report modal depuis la voiture ou les deux-roues motorisés). Et les aides peuvent créer un effet d’aubaine et servir plus à des achats d’ores et déjà prévus, y compris éventuellement pour des motifs différents de ceux qu’on vise (ex. loisirs plutôt que report modal) entraînant peu de changement de comportement. Bref, c’est pas simple !
      P.S. La question se pose aussi sur la prime à la casse des voitures qui ne s’applique pas à ceux qui ne rachètent pas du tout de voiture. Sa mise en oeuvre semble compliquée (facile de frauder…) mais sur le principe, c’est pour le moins surprenant…

    • Moi aussi cela m’a toujours étonné ! Mais j’ai eu une réponse un peu rapide une fois : pour les instances officielles le VAE favorise le report modal, autrement dit il y a une chance qu’un usager de la voiture emprunte un VAE pour faire telle distance. Donc cela doit être aidé. Un cycliste (Vélo classique) est un cycliste, point barre – c’est comme s’il en avait toujours fait (sûrement tombé dans la marmite) 🤔

  3. Ça serait bien de venir nous voir à Reims. Regarder le vélo avec condescendance, on sait bien ce que ça veut dire ici, où les pistes cyclables sont classées parking pour les voitures de la municipalité.

    • S’il y a une Police Municipale et que, constatant l’infraction, vous l’appelez puis, en le leur faisant savoir, vous les attendez et leur demandez d’appliquer la règle sur cette infraction (3 points de moins et amende de 135 €), que se passe-t-il? Moi je pratique cela sur ma commune.

  4. « un chèque-localion de VAE auquel aurait droit tout citoyen » ? Est-ce bien utile ? A Orléans Métropole, louer un VAE revient à 9,5 € par mois (et à 4,75 € si participation de l’employeur !). Les collectivités doivent massivement investir dans des flottes de VAE proposées en location de longue durée. C’est un service qui ne coûte pas grand chose et peut « rapporter » énormément.

    • Le service ne coûte pas grand chose à l’usager. Mais il coûte à la collectivité. Plus ou moins cher que les bus ou la voiture ? Là est la question.
      Mais on rentre dans un débat de fond : faut-il continuer à masquer les coûts de nos déplacements en injectant massivement de l’argent public dans les alternatives à la voiture individuelle et à l’avion (qu’on continue par ailleurs directement et indirectement à financer) ou faut-il, à l’inverse, rendre plus visibles ces coûts (en arrêtant de subventionner à gogo la voiture individuelle et l’avion) ?
      A minima, je pense qu’un tel coût de location pour l’usager, alors que l’acquisition du vélo représente déjà au moins 1.000€, n’est pas un bon signal. 30€ par mois (avant participation de l’employeur) me semblent un minimum.

      • Je suis d’accord avec vous pour dire que les tarifs proposés actuellement sont ridiculement bas. Cela dit, le système de VAE en location de longue durée coûte bien moins cher à la collectivité que son système de VLS (Vélo’+).

  5. Hourrahhh ! Le vélo enfin « reconnu » à l’échelon national, certainement « en partie » grâce à la mobilisation massive des cyclistes (plus de 113 000) qui ont réalisé, diffusé et répondu cet automne à l’enquête FUB sur la cyclabilité de nos villes françaises !
    Mais rien n’est fait et c’est maintenant sur le terrain que les cyclistes (et les piétons) doivent prendre leur place et « ne rien lâcher » !
    Alors tous à vélo, partout, dans la bonne humeur et la courtoisie ! Car faire du vélo c’est aussi se faire plaisir !

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